Le Koweït et la Jordanie tentent d'éviter la contagion

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Article paru dans "Le Monde"

Eviter une contagion des révoltes de Tunisie et d'Egypte : c'est le mot d'ordre que se sont donné le Koweït et la Jordanie, qui connaissent une agitation sociale importante. Au Koweït, où l'opposition est galvanisée par les exemples égyptien et tunisien, l'émir a accepté dimanche la démission du ministre de l'intérieur, présentée le mois dernier après le décès d'un détenu sous la torture, et nommé à sa place un autre membre de la famille régnante.

Cheikh Jaber avait présenté sa démission le 13 janvier après la mort d'un prévenu dans un poste de police, mais le Conseil des ministres lui avait demandé de rester en poste pour suivre l'enquête sur ce décès. Mohamed Ghazzai al-Moutairi, 35 ans, était décédé le 11 janvier à son arrivée à l'hôpital, après avoir été évacué en urgence d'un commissariat de police. Le lendemain, cheikh Jaber avait déclaré au Parlement que l'homme était décédé des suites de douleurs à la poitrine, et qu'il avait résisté à la police au moment de son arrestation. Mais des comités d'enquête gouvernemental et parlementaire avaient conclu que l'homme avait trouvé la mort des suites de tortures qui avaient duré six jours.

Des députés de l'opposition avaient déposé une demande d'audition au Parlement du ministre de l'intérieur. L'audition de cheikh Jaber était prévue pour le 8 mars et aurait pu conduire à une motion de censure contre le ministre. Deux autres motions de censure, motivées par des accusations de corruption et de fausses informations, avaient déjà visé cheikh Jaber.

LES ISLAMISTES JORDANIENS REFUSENT D'ENTRER AU GOUVERNEMENT

En Jordanie, le gouvernement a fait un geste en direction de l'opposition du Front de l'action islamique (FAI), qui a refusé une proposition d'entrer au gouvernement. Le roi Abdallah II avait limogé le 2 février le premier ministre Samir Rifaï pour calmer la rue qui réclamait son départ, et désigné Maarouf Bakhit en le chargeant d'un vaste programme de réformes politiques et économiques.

"Je ne peux pas vous donner les détails de cette offre. Tout ce que je peux dire est que notre participation à un gouvernement dans les circonstances actuelles est hors de question", a déclaré cheikh Hamzeh Mansour, le chef de file du FAI. Les syndicats professionnels, qui ont rencontré le premier ministre désigné samedi, ont affirmé dimanche avoir insisté sur la nécessité d'une "loi électorale moderne qui développerait le sens national". Ils ont en outre demandé "l'annulation de toutes les lois qui limitent la liberté d'expression" et "la révision de toutes les politiques économiques en cours".

Les syndicats professionnels, qui comptent plus de 200 000 membres à large influence islamique, ont appelé M. Bakhit à choisir dans son équipe ministérielle des personnalités "capables, honnêtes et responsables". Le nouveau gouvernement devrait être connu avant jeudi.

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