Hôpital de Massy : inquiétudes autour d’une bactérie tueuse

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hopitaljcartier.jpgArticle paru dans "Le Parisien"

Le département des urgences sanitaires du ministère de la Santé s’est emparé du dossier de la superbactérie signalée à l’hôpital de Massy (Essonne).

Massy (Essonne), lundi. Une superbactérie a été signalée l'hôpital privé Jacques Cartier, qui affirme qu'elle n'est pas en cause dans le décès de cinq patients. 

Finalement, ce ne sont pas 3 mais 5 patients porteurs de la bactérie multirésistante Klebsiella pneumoniae qui sont décédés à l’hôpital Jacques-Cartier de Massy (Essonne), depuis qu’une personne en provenance de Grèce porteuse de ce germe a contaminé, début juin, de nombreux malades de l’établissement, comme nous le révélions hier.

« Les morts ne sont pas à imputer au germe, mais à des pathologies préexistantes », assure Bruno Coignard, responsable d’une unité de l’Institut national de veille sanitaire (Invs).
Selon le spécialiste, toutes les vérifications cliniques et biologiques ont été effectuées sur les personnes décédées, et aucune de ces 5 disparitions n’est imputable à la sJJuperbactérie. « Ils étaient des porteurs sains », résume Bruno Coignard.
« On ne sait toujours rien sur ces cinq décès, dénonce de son côté la CGT de l’Essonne. Encore aujourd’hui, nous avons demandé à obtenir des informations à ce sujet. Et nous n’avons aucune indication nous permettant de dire que des autopsies ont été pratiquées sur ces patients. »

La direction de l’hôpital n’a pas souhaité s’exprimer

Contactée hier à de multiples reprises, la direction de Jacques-Cartier n’a pas souhaité s’exprimer. Lundi, lorsqu’elle avait été jointe, elle n’avait pas démenti nos informations. Elle n’avait pas non plus été en mesure de nous fournir un échéancier précis du déroulement de cette affaire, du rapatriement de la vacancière de Grèce à la fermeture du service demandée par l’Institut de veille sanitaire, le 29 juillet. La bactérie Klebsiella a pourtant au moins provoqué une mort. Celle du petit garçon de Virginie, maman de ce bébé né à l’hôpital privé de Massy et décédé le 22 juillet à l’âge de 9 jours.

Dans un document que lui a remis l’établissement sur les « conclusions des opérations et du décès », les médecins indiquent que son nourrisson a été victime d’une « dégradation progressive due à un sepsis sévère à Klebsielle » (lire ci-contre). Mais du côté du ministère de la Santé, on assure que cette klebsielle, nom courant des Klebsiella, n’est pas la même que celle qui a contaminé les malades, et incité l’agence régionale de santé d’Ile-de-France à interdire, le 29 juillet, les admissions au bloc spécialisé dans les urgences cardiaques. « En plus de la klebsielle multirésistante, l’hôpital privé de Massy a été victime cet été d’une klebsielle d’un autre type dans l’un de ses services de pédiatrie », avoue le ministère de la Santé.

Il n’en reste pas moins qu’une lettre d’information a été envoyée à 180 patients ayant séjourné dans l’hôpital de Massy entre le 1er juin et le 31 juillet. Et que le dossier est à présent sous la coupe du département des urgences sanitaires (DUS) du ministère de la Santé, chargé de gérer les dossiers de santé sensibles. Car ce que l’on craint au plus haut niveau, c’est une propagation de cette superbactérie à tout l’Hexagone. Ce qui pourrait non seulement faire des victimes, mais transmettre sa souche multirésistante à d’autres bactéries.

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