Condoleezza Rice ne s'attend à aucune "percée" dans les pourparlers sur le Proche-Orient

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Condoleezza Rice ne s'attend à aucune "percée" dans les pourparlers sur le Proche-Orient

JERUSALEM, le 16/10/07 - Condoleezza Rice reste prudente. La secrétaire d'Etat américaine a minimisé les attentes en entamant dimanche par Jérusalem une nouvelle tournée de quatre jours au Proche-Orient, destinée à préparer la conférence de paix que les Américains organisent pour fin novembre.

"Je n'attends pas de ces entretiens qu'il y ait un résultat particulier dans le sens d'une percée" sur le document conjoint qu'Israéliens et Palestiniens tentent actuellement de mettre au point pour le présenter à cette conférence, a-t-elle déclaré.

La cheffe de la diplomatie ne pense donc pas que sa visite puisse faire suffisamment avancer les choses sur cette déclaration de principes au point que les invitations puissent être lancées pour la conférence, qui devrait se tenir à Annapolis, dans le Maryland.

Elle a également lancé une mise en garde à Israël, après la relance d'un projet de réseau routier destiné à consolider le contrôle par l'Etat hébreu de secteurs stratégiques en Cisjordanie, près de Jérusalem.

"Nous devons être très prudents, alors que nous avançons vers l'établissement d'un Etat palestinien, au sujet de toutes les actions et déclarations qui érodent la confiance dans l'engagement des parties envers une solution de deux Etats", a-t-elle lancé dans l'avion qui l'amenait de Moscou.

"Même si les intentions sont bonnes (...) ceci est un moment très délicat. Il faut faire extrêmement attention", a-t-elle ajouté.

Mme Rice a entamé sa visite par un entretien de deux heures avec le ministre de la Défense israélien Ehoud Barak. Elle a ensuite rencontré le Premier ministre israélien Ehoud Olmert et devait dîner avec le Premier ministre palestinien Salam Fayyad.

Selon la porte-parole de M. Olmert, Miri Eisin, Condoleezza Rice et Ehoud Olmert ont discuté des questions centrales du conflit israélo-palestinien, dont les frontières d'un futur Etat palestinien, le statut de Jérusalem et le sort des réfugiés palestiniens.

D'après Miri Eisin, M. Olmert espère qu'un document conjoint avec les Palestiniens puisse être terminé avant la conférence de novembre, "bien que ce ne soit pas une condition".

Après avoir rencontré Mme Rice, M. Barak a publié un communiqué soulignant que la liberté de mouvement de Tsahal en Cisjordanie était "un principe fondamental qui doit être exigé également dans l'avenir". Au cours de sa tournée, Condoleezza Rice verra également le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et fera plusieurs navettes entre Israël et la Cisjordanie.

En conseil des ministres dimanche, Olmert a laissé entendre que les divergences étaient profondes, Israël selon lui considérant que l'objectif était d'"arriver à une déclaration commune pendant la conférence internationale". Les Palestiniens estiment eux qu'il faut un document avant la conférence: "Olmert veut une conférence de relations publiques et qui permettra la normalisation avec les pays arabes. Nous ne l'aiderons pas à cela", a lancé le chef de la diplomatie palestinienne Riad Malki.

Au cours du conseil des ministres, la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni a été nommée à la tête de l'équipe israélienne négociant les grandes lignes d'un accord de paix final avec l'Autorité palestinienne, a annoncé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Mark Regev.

Tzipi Livni, 49 ans, est passée d'une position de "faucon" rejetant tout compromis avec les Palestiniens à une position préconisant la création d'un Etat palestinien.

Du côté palestinien, c'est l'ancien Premier ministre Ahmed Qoreï qui mènera les discussions.

Pour recueillir le soutien des pays arabes au projet de conférence, Condoleezza Rice, qui effectue sa troisième visite dans la région depuis que le Hamas a pris le contrôle de la Bande de Gaza en juin, sera jeudi en Egypte, avant de rencontrer, à Londres, le roi de Jordanie Abdallah II.

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