Galgal Refaïm : le Stonehenge israélien, vestige oublié des géants bibliques ?

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Culture, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Galgal Refaïm : le Stonehenge israélien, vestige oublié des géants bibliques ?

Galgal Refaïm : le Stonehenge oublié d’Israël, vieux de 5 000 ans, que personne n’arrive à expliquer

Un mystère de pierre plus ancien que les pyramides

Sur les hauteurs désolées du Golan, une structure monumentale de basalte défie les archéologues, les astronomes et les théologiens. Son nom ? Galgal Refaïm, la Roue des Fantômes. Son secret ? Encore intact.

Imaginez un cercle de pierres de plus de 150 mètres de diamètre, bâti sans mortier, composé de 42 000 tonnes de blocs basaltiques, cerné de cinq anneaux concentriques organisés autour d’un tumulus. Imaginez maintenant que cette structure soit invisible depuis le sol, que sa découverte remonte à moins d’un siècle, et qu’aucune explication rationnelle ne fasse consensus.

Bienvenue à Galgal Refaïm, littéralement la « Roue des Refaïm » — terme biblique évoquant à la fois des géants, des esprits et des revenants. Sur les cartes arabes, le lieu s’appelle Rujm el-Hiri, le « tas de pierres du chat sauvage ». Et ce monument, pourtant plus vieux que les pyramides de Gizeh, demeure l’un des plus grands mystères archéologiques du Moyen-Orient.

Découverte par avion, caché à l’œil nu

Ce n’est qu’après la guerre des Six Jours, en 1967, que Galgal Refaïm est identifié depuis les airs. Les soldats israéliens survolent alors le plateau du Golan et découvrent — stupéfaits — une forme circulaire colossale, que personne n’avait remarqué depuis le sol.
Le site, pourtant à ciel ouvert, ne révèle sa géométrie parfaite que vu du ciel, à la manière de certains géoglyphes d’Amérique du Sud.

Depuis, les missions archéologiques s’enchaînent, sans jamais livrer de certitude. Qui a construit ce monument ? Pourquoi ? Et surtout : comment ?

« Aucun outil, aucune inscription, aucun squelette ne nous donne de réponse claire », confie le Dr Michael Freikman, archéologue israélien qui a dirigé plusieurs fouilles du site.

Un site plus vieux que la Bible

Les chercheurs s’accordent aujourd’hui à dater Galgal Refaïm entre 3000 et 2700 avant notre ère, ce qui en fait plus ancien que Stonehenge en Angleterre, et potentiellement contemporain des premières dynasties égyptiennes.

Mais là où Stonehenge est orienté vers le soleil levant, le site israélien semble tourner autour d’un tumulus central, sorte de tombeau de 4,5 mètres de haut, aujourd’hui éventré, mais qui pourrait avoir abrité un chef, un chaman ou… un symbole.

Roue de géants ou calendrier céleste ?

L’origine du nom renvoie aux Rephaïm, créatures mystérieuses de l’Ancien Testament — à la fois géants disparus et esprits des morts, évoqués dans le Deutéronome et les Psaumes.
Les théories abondent. Certaines parlent de nécropole mégalithique, d’autres d’observatoire astronomique.

« L’axe est-ouest du site semble s’aligner avec le lever du soleil au solstice d’été, comme à Stonehenge », affirmait le professeur Eilat Mazar dans les années 1990.
Pourtant, une étude satellite récente menée par Freikman a infirmé cette hypothèse : le plateau aurait subi un glissement tectonique au cours des siècles, décalant l’orientation du site. En d’autres termes, les alignements ne sont plus fiables.

Alors à quoi servait cette roue cyclopéenne ?

Hypothèse funéraire : le cœur du mystère

Au centre du site, une chambre funéraire, isolée, difficile d’accès, semble indiquer une fonction mortuaire. Mais là encore, aucune trace de corps, d’offrande, ni même de vase funéraire n’a été retrouvée. Des fouilles ont bien mis au jour des fragments de poterie, mais rien de suffisamment précis pour dater ou identifier les bâtisseurs.

Les chercheurs avancent une théorie : le monument aurait pu évoluer sur plusieurs siècles, ajoutant des anneaux successifs autour d’un noyau originel, comme un palimpseste de mémoire.

Le silence des pierres

Le monument ne parle pas. Il ne porte aucune inscription, aucun glyphe, aucun signe de pouvoir royal ou religieux. Et pourtant, sa masse impressionnante, sa précision géométrique, sa construction à une époque sans roue ni métal, forcent le respect.

« C’est un cri silencieux lancé à travers les millénaires. Une civilisation a voulu qu’on se souvienne d’elle — mais elle a choisi de ne rien dire », affirme le professeur Yitzhak Paz.

Certains y voient un lieu d’initiation, un calendrier rituel, un centre chamanique, ou même une zone de transition vers l’au-delà.
D’autres, plus ésotériques, évoquent les Nephilim,* les « fils des anges » déchus, ou les Anakim,* (voir encadré à la fin de l'article) ces géants bibliques qui habitaient les terres de Canaan avant l’arrivée des Hébreux.

Un monument oublié… et menacé ?

Aujourd’hui, Galgal Refaïm est accessible au public, mais reste largement ignoré du tourisme de masse. Aucun panneau, aucun guide officiel, peu d’infrastructures. Le site est protégé mais vulnérable, situé dans une zone militaire restreinte, à proximité de la frontière syrienne. Une ironie cruelle pour ce patrimoine de l’humanité potentiellement aussi ancien que l’écriture elle-même.

Et si la question n’était pas “à quoi cela servait”… mais “pourquoi l’a-t-on oublié” ?

Ce que révèle ce monument, c’est peut-être moins la grandeur d’une civilisation disparue que notre propre indifférence contemporaine. Galgal Refaïm pose une question abyssale : comment peut-on oublier un tel monument, aussi vaste, aussi précis, aussi mystérieux ?

Peut-être parce qu’il ne correspond à aucun récit moderne, ni à une religion, ni à une nation, ni à une conquête. Peut-être parce que ses constructeurs n’ont rien revendiqué, rien légué, hormis la pierre.

*Les géants de la Bible : mythe, mémoire ou vestige oublié ?

Peu de lecteurs savent que la Bible hébraïque regorge de références à des géants. Pourtant, ces êtres colossaux, qu’on appelle Nephilim, Anakim ou Rephaïm, traversent discrètement les Écritures, comme un fil souterrain reliant les cieux à la terre, la violence des origines à la mémoire des pierres.

Nephilim : les fils des anges et des femmes

Dans la Genèse 6, bien avant le Déluge, le texte affirme que des êtres célestes – “fils de Dieu” – s’unirent aux femmes humaines, donnant naissance à une race hybride :

« Ce sont les Nephilim… les héros d’autrefois, les hommes de renom. »

Les Nephilim sont les premiers géants de la tradition biblique. Ils sont puissants, impurs, redoutés. Leur existence aurait précipité la décision divine de purifier le monde par le Déluge. Ce récit, souvent édulcoré ou symbolisé, a pourtant traversé les siècles comme une source de malaise théologique : que faire de ces géants nés du sacrilège céleste ?

Anakim : les ennemis de la conquête

Plus tard, dans le Livre des Nombres, lorsque les espions reviennent de Canaan, ils rapportent avec effroi :

« Nous avons vu les Nephilim, fils d’Anak… nous étions à nos yeux comme des sauterelles. »

Les Anakim, descendants directs des Nephilim, règnent sur les montagnes du pays de Bashan, aujourd’hui… le Golan israélien. Le même Golan où s’élève Galgal Refaïm.

Dans le Livre de Josué, les Anakim sont pourchassés, exterminés, et leurs cités détruites, mais la mémoire de leur existence, elle, persiste. Était-ce un peuple réel, une tribu de grande taille ? Ou un symbole des forces que les Hébreux devaient vaincre pour devenir un peuple ?

Rephaïm : les géants devenus esprits

Enfin, les Rephaïm sont un cas à part. Le terme désigne à la fois un peuple ancien et gigantesque (cf. Og, roi de Bashan, qui dormait sur un lit de plus de 4 mètres), et les esprits des morts dans le Shéol, sorte de purgatoire souterrain.

« Les Rephaïm frémissent au-dessous, les puissants tombés de jadis… » (Isaïe 14:9)

Ce double sens – géants charnels et esprits désincarnésrésonne parfaitement avec l’architecture de Galgal Refaïm : un cercle de pierre, orienté vers les astres, creusé en son centre comme une tombe, écho de rites oubliés et de forces redoutées.

Les géants n’ont pas disparu au Déluge : Goliath en est la preuve

Contrairement à une croyance répandue, les Nephilim et leurs descendants n’ont pas tous été effacés par les eaux du Déluge. La Bible atteste de leur présence bien plus tardive, jusqu’à l’époque des rois d’Israël. Le plus célèbre d’entre eux ? Goliath, le colosse philistin terrassé par David, futur roi d’Israël.

« Un champion sortit du camp des Philistins, nommé Goliath, de Gath, d’une hauteur de six coudées et un empan. » (1 Samuel 17:4)

Cela équivaut à plus de 3 mètres de haut.

Mais Goliath n’était pas seul. Le texte évoque aussi ses frères, tous issus de la lignée des géants de Gath, probablement Anakim ou Rephaïm survivants :

« Il y eut encore une guerre à Gath, où se trouvait un homme de grande taille, qui avait six doigts à chaque main et six orteils à chaque pied. » (2 Samuel 21:20)

Ces géants étaient donc connus, identifiés, redoutés — même à l’époque de David.
Leur extermination par les héros d’Israël marquait autant une conquête physique qu’un acte spirituel :
effacer les monstres issus du chaos primitif.

Et si ce monument était une nécropole des géants bibliques ?

Et si ces noms – Nephilim, Anakim, Rephaïm – n’étaient pas des mythes, mais des souvenirs fragmentés d’un monde que la Bible a choisi de voiler, plutôt que de nier ?

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi