Envoi de troupes russes en Iran : une menace crédible ?

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Envoie des troupes russes en iran

Envoi de troupes russes en Iran : une menace crédible ?

L’Ukraine met en garde Israël contre la Russie, qui aiderait déjà le régime de Téhéran depuis le début de la guerre, et pourrait envoyer des soldats en soutien au Proche-Orient, embourbé dans son conflit avec son voisin. L’armée russe n’a pas les moyens de tenir sur deux fronts, mais Vladimir Poutine devra bien faire le minimum pour sauver son dernier allié dans la région depuis la chute de Bachar el-Assad en Syrie.

Si le président ukrainien est si catégorique, c’est qu’il possède probablement des informations dont seuls les services de renseignement de son pays disposent. En effet, l’intérêt pour Volodymyr Zelensky de bluffer est réduit à zéro lorsqu’il déclare : « la Russie aide déjà l’Iran et pourrait envoyer des troupes au sol ». Cela fait aussi référence à un scénario déjà observé, avec des soldats nord-coréens venus prêter main forte à la Russie en novembre 2024.

Néanmoins, il existe une différence majeure : les soldats israéliens ne sont pas en train d’envahir l’Iran. À moins qu’il ne s’agisse d’envoyer les Spetsnaz, les commandos d’élite de l’armée russe, pour empêcher une opération terrestre spéciale conjointe israélo-américaine contre le nucléaire iranien. Mais ce scénario reste peu probable. La Russie pourrait aussi mobiliser des Ukrainiens dans les territoires qu’elle occupe, après les avoir endoctrinés.

Pourquoi Vladimir Poutine aurait intérêt à prolonger le conflit

Vladimir Poutine a réellement intérêt à ce que le conflit dure des semaines, voire des mois.

Zelensky et Poutine apparaissent comme deux faces inversées d’une même pièce, comme un miroir déformant : l’un veut que la guerre au Proche-Orient se termine rapidement, l’autre souhaite qu’elle s’éternise. Le président ukrainien veut démontrer la capacité de son pays à intercepter les drones, tandis que son homologue russe veut prouver l’efficacité de ces mêmes drones Shahed, de conception russo-iranienne.

On pourrait multiplier les exemples. Vladimir Poutine a souvent eu besoin du conflit au Proche-Orient lorsqu’il est en difficulté en Ukraine. Son armée perd actuellement du terrain. En 2023, le président russe avait reçu Ismaïl Haniyeh à deux reprises, notamment autour du 7 octobre. Un article du Financial Times de février 2024 évoquait même des Houthis qui se seraient joints aux combats en Russie.

Moscou discute avec de nombreux acteurs dans la région et entretient des relations ambiguës avec l’axe chiite. Une autre raison avancée par les experts concerne le pétrole : visée par les frappes iraniennes dans toute la région, l’administration américaine a dû assouplir les sanctions sur le pétrole russe, malgré l’existence de la « flotte fantôme » qui les contournait déjà.

Un envoi de troupes au sol pour aider l’armée iranienne serait donc un moyen de prolonger le conflit, afin de laisser à l’économie de guerre russe le temps de se redresser, sans pour autant nourrir d’illusions sur une victoire iranienne. Mais cela poserait un problème stratégique majeur : la Russie risquerait de perdre son fournisseur de drones et de se retrouver encore plus isolée, dépendante de la Chine.

Quelles conséquences en cas de soldats russes tués en Iran ?

Si, d’après la Constitution, Poutine peut agir sans véritable opposition interne, la mort de soldats russes sur le sol iranien poserait un problème majeur. En cas de frappes israéliennes ou américaines touchant ces forces, la Russie serait contrainte de réagir.

Cependant, un affrontement direct entre la Russie et les États-Unis reste improbable. Moscou pourrait privilégier des actions hybrides : déstabilisation intérieure, ingérences électorales, cyberattaques. Une frappe balistique directe contre Israël serait peu réaliste, en raison de la distance et du coût.

Une alliance israélo-ukrainienne contre la coalition irano-russe se dessine

Une alliance israélo-ukrainienne contre une coalition irano-russe semble se dessiner. Si les services secrets ukrainiens et israéliens coopèrent déjà, notamment sur le plateau du Golan, et qu’Israël a livré des systèmes comme le Dôme de fer à l’Ukraine, la coopération pourrait s’intensifier.

Pour Kiev, l’objectif est clair : couper les livraisons de drones Shahed fabriqués en Iran. Pour Jérusalem, il s’agit d’affaiblir la Russie, qui participe à l’aide militaire et nucléaire iranienne.

Le président Zelensky a déclaré que ses relations avec l’Iran étaient « très mauvaises », traduisant une convergence d’intérêts. Le ministre israélien des Affaires étrangères a, à plusieurs reprises, condamné « l’agression russe ».

Affaiblis mais toujours engagés dans leurs guerres respectives, Moscou et Téhéran pourraient voir leur position se dégrader face à une alliance stratégique émergente. Le Moyen-Orient pourrait alors devenir un tournant décisif pour la  Russie de  poutine  si elle décidait d’envoyer des troupes au sol.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1 

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi