Émeutes en France du 17 octobre 30 000 pilleurs filmés, la police a l'outil pour les identifier

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Pilleurs du 17 octobre : la reconnaissance faciale peut tous les démasquer

Pilleurs du 17 octobre : la reconnaissance faciale peut tous les démasquer

Par Claudine Douillet

La France possède depuis quatorze ans un logiciel de reconnaissance faciale capable d'identifier les pilleurs du 17 octobre. Ils se sont filmés eux-mêmes, à visage découvert, et ont diffusé leurs exploits sur les réseaux sociaux. Il ne manque qu'une chose à l'État pour les retrouver : le courage de s'en servir.

Des pilleurs par dizaines de milliers, des arrestations au compte-gouttes

Samedi 17 octobre, la mobilisation contre la vie chère a tourné au saccage. Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux : vitrines explosées, magasins vidés, policiers blessés. À Marseille, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône a dénombré plus de 30 000 pilleurs. Sur tout le territoire, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé 2 331 gardes à vue sur le week-end. Une fédération de la distribution recense 1 500 commerçants touchés.

Faites le calcul. L'écrasante majorité des pilleurs est rentrée chez elle, les bras chargés, sans être inquiétée.

Ils ont signé leurs méfaits en vidéo

Ces pilleurs ont commis une erreur fatale : ils se sont mis en scène. Sur TikTok, Snapchat et Instagram, les vidéos d'inventaire du butin se comptent par milliers. Baskets, vêtements, bijoux, téléphones exhibés face caméra, visages parfaitement reconnaissables. À Marseille, un casseur déguisé en Spider-Man a même expliqué à la radio qu'il « récupérait » ce qu'il paie en taxes.

À Lyon, la police scientifique relève depuis dimanche ADN et traces de sang dans les boutiques de la Presqu'île. Les enquêteurs annoncent des heures de visionnage des caméras de vidéosurveillance et l'examen des réseaux sociaux. Les preuves existent. Elles sont publiques. Elles ont été fournies par les coupables eux-mêmes.

L'outil existe déjà depuis 2012

Voici ce que beaucoup de Français ignorent : la police n'a besoin d'aucune loi nouvelle. Depuis 2012, policiers et gendarmes disposent d'un logiciel de reconnaissance faciale intégré au TAJ, le fichier de traitement des antécédents judiciaires. Ce fichier recense 17 millions de personnes mises en cause.

Le principe est d'une efficacité redoutable. Une image extraite d'une vidéo est comparée aux photos du fichier. Le logiciel propose des correspondances. Une cellule spécialisée de la gendarmerie retouche même les images floues pour les rendre exploitables. Dans une enquête judiciaire, les enquêteurs peuvent aussi interroger les bases d'images d'Interpol.

Concrètement, un pilleur déjà connu des services, filmé à visage découvert, est identifiable en quelques minutes.

Un outil légal, mais politiquement tabou

Pourquoi alors ce silence ? Parce que la reconnaissance faciale est devenue un sujet radioactif. En mars 2026, le média Disclose a révélé que policiers et gendarmes utilisaient ce logiciel depuis leurs smartphones de service lors de simples contrôles d'identité, ce que la loi interdit. La gauche réclame depuis la suppression pure et simple du dispositif.

Mais il faut distinguer. Contrôler un passant au hasard avec son téléphone est illégal. Identifier un pilleur filmé en train de dévaliser un commerce, dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet, est exactement l'usage prévu par la loi. Le règlement européen sur l'intelligence artificielle autorise lui aussi l'identification biométrique a posteriori par les forces de l'ordre, sous contrôle et pour des infractions précises.

Le ministère veut aller plus loin

Le ministère de l'Intérieur prépare d'ailleurs la montée en puissance du système. Un appel d'offres vise à renouveler le logiciel de comparaison des visages et à y ajouter l'identification par tatouages, cicatrices et piercings. Une campagne de pilleurs encagoulés mais tatoués n'échapperait plus aux enquêteurs.

La question n'est plus technique, elle est politique

Les commerçants ruinés, les policiers blessés et les contribuables qui paieront la facture attendent une réponse. L'État a les images. L'État a le fichier. L'État a le logiciel. S'il laisse impunis des milliers de pilleurs qui se sont eux-mêmes filmés, ce ne sera pas faute de moyens. Ce sera un choix.

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