Delphine Horvilleur et ses deux mondes incompatibles

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Zoom sur Delphine Horvilleur....

Elle grandi dans une petite ville de province où sa famille était une des seules familles juives. Ses grands-parents paternels sont originaires d’Alsace-Lorraine.

Son grand-père avait suivi une formation rabbinique. Pendant la guerre, ils ont été accueillis et protégés dans le sud de la France. Ses grands-parents maternels, eux, sont des rescapés d’Auschwitz. Après l’enfer, ils ont trouvé la force de fonder une famille.

Elle se construit avec ces deux histoires : l’une qui dit “Le monde nous a sauvés”, et l’autre qui murmure en silence “Le monde nous a assassinés”.

Elle passe alors son enfance à essayer de réconcilier ces deux modèles familiaux, ces deux expériences difficilement compatibles…Novembre 1995, le Premier ministre Yitzhak Rabin a été assassiné par un étudiant juif israélien opposé aux accords de paix d’Oslo, premier pas vers la résolution du conflit israélo-palestinien. Elle a été foudroyée par ce massacre.

Cet assassinat d’un des siens par l’un des siens l’a renvoyée avec violence aux deux mondes incompatibles de son enfance…

Les attentats terroristes se succédant à Jérusalem, en 1997, elle décide de rentrer en France pour souffler un peu.

Parallèlement à ses études scientifiques, elle continue à se plonger dans les textes, où elle y découvre la vitalité d’une pensée talmudique créative et féconde.

C’est devenu pour elle une urgence de plus en plus pressante, vitale même, que d’explorer cette tradition pour y ancrer son judaïsme.

Elle fini par abandonner la médecine et, après un petit passage dans le journalisme, elle se consacre à l’étude du Talmud.

Mais un problème se pose alors, La plupart des institutions religieuses et des centres d’études en France n’acceptent pas les femmes ! Elle cherche alors ce qui pourrait justifier cette interdiction, elle ne trouve rien de convainquant. Pourquoi la refuser aux femmes ? L’étude est la valeur centrale et sacrée du judaïsme, une insulte à l’essence même de nos traditions, d’après elle.
Dans « Comment les rabbins font les enfants ? » (Grasset) Delphine Horvilleur,est l’une des rares femmes rabbins qui exercent en France. Dans cet ouvrage, elle ne répond pas à cette question précisément mais s'attarde d’avantage sur la place des enfants dans la religion juive., "Dans le livre, j'explore cette question de la mère juive mais plus largement celle de la filiation".

Cet ouvrage est donc d’aborDelphine-Horvilleurd un plaidoyer pour une « religion matricielle » qui, à la manière d’un utérus, est un lieu de fertilisation.

Les textes sacrés eux-mêmes y sont fécondés par des lectures inédites.

Delphine Horvilleur revisite, loin des interprétations convenues, quelques épisodes fameux de la Genèse, notamment Adam et Eve, Caïn et Abel, l'histoire biblique des premiers parents et des premiers enfants de l'humanité.

Elle montre aussi sa capacité à repenser les grands problèmes contemporains à partir de la tradition rabbinique. Trois thèmes sont successivement abordés : Comment, selon le judaïsme, se fabriquent un parent, une identité et un désir, c'est-à-dire la possibilité d'enfanter l'avenir.

source  http://www.rtl.fr/ Adapté par Nathalie ZADOK

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