Coronavirus/confinement : les Russes recréent des tableaux célèbres avec les moyens du bord

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Les Russes reproduisent des œuvres d'art pendant leur isolement

Les Russes en quarantaine créent des reconstructions d'œuvres d'art célèbres et les partagent sur le Web.  La règle est d'utiliser uniquement des  éléments du quotidien et les images ne peuvent pas être traitées numériquement les résultats sont époustouflants
"Des émotions positives et développe la créativité"

La Danse de Matisse constitué de choux, de saucisses et de radis

La Danse de Matisse constitué de choux, de saucisses et de radis

 La prolifération de notre projet est encore plus exponentielle que celle du virus », s’amuse Ekaterina Broudnaia-Tcheliadinova, 38 ans, fondatrice du groupe Facebook « Izoisoliatsia », qui signifie « confinement artistique ». Un groupe qui comptait 350 000 abonnés en Russie, vendredi 10 avril 2020.

Au départ, cette employée du groupe Mail.ru cherchait à distraire des amis en publiant, fin mars 2020, une photo de son mari déguisé à la manière d’un célèbre autoportrait de Vincent Van Gogh.

« C’était facile à faire avec un vieux chapeau de paille trouvé dans un placard et une teinture rousse rapide de sa barbe », raconte-t-elle.

En réponse, elle a reçu une reconstitution élaborée des Amoureux dans le ciel, de Marc Chagall. Un couple y « survolait », perché sur un tabouret, une ville construite… en Lego.

« Et c’était parti ! », rit-elle.

Depuis, Ekaterina a découvert l’existence d’autres groupes similaires reproduisant chez eux des œuvres classiques, en Russie et ailleurs.

« On s’échange avec plaisir nos chefs-d’œuvre », dit-elle.

Parmi eux, La Danse d’Henri Matisse, recomposée par Natalie Chevtchenko avec des crevettes roses et cinq noix disposées sur un sac en plastique et une serviette-éponge verte. L’œuvre a un succès fou, avec ses 40 000 « like » depuis sa publication, mardi 7 avril 2020.

Les règles sont strictes : les logiciels de retouche photo sont interdits et on n’utilise que ce que l’on trouve chez soi. Après, libre cours à l’imagination avec des résultats drôles, effrayants, stupéfiants voire coquins, se jouant des interdits de Facebook sur la nudité.

« On espère toujours le meilleur »

Le couple Monakhov a recréé trois tableaux dans leur appartement de Saint-Pétersbourg. Leur chef-d’œuvre ? Fils Prodigue, de Rembrandt.

Sur leur copie, Rouben, en père heureux, serre dans ses bras sa femme Ioulia, agenouillée dos au spectateur, avec son talon gauche nu et sale qui ressort sous son peignoir éponge blanc.

« La situation avec le confinement n’est pas facile, mais on espère toujours le meilleur, c’est pour ça qu’on a choisi ce sujet », explique Rouben Monakhov, 48 ans, lui-même peintre professionnel.

La démographie des tableaux est, elle, très variée, avec même beaucoup de personnes de 60 ans et plus.

Comme cette arrière-grand-mère de 88 ans qui prend la pose de L’Inconnue, œuvre d’Ivan Kramskoï, peintre russe du XIXe siècle dont les reproductions étaient omniprésentes dans les appartements soviétiques.

Jan Vermeer "Fille avec une boucle d'oreille en perle"

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