Ces photos détournées accusant Israël d'utiliser du phosphore blanc

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Gare à cette photo détournée accusant Israël d'utiliser du phosphore blanc.

Gare à cette photo détournée accusant Israël d'utiliser du phosphore blanc.

FAKE OFF Sur les réseaux sociaux, de nombreuses publications reprennent la photo d’une petite fille au corps brûlé. Ce cliché n’a pourtant rien à voir avec le conflit israélo-palestinien.

  • De nombreuses publications sur les réseaux sociaux partagent la photo d’une jeune fille au corps brûlé, qui prouverait qu’Israël ferait usage de bombes au phosphore blanc sur la population palestinienne dans le cadre du conflit en cours avec le Hamas.
  • Si l’adolescente a bien été brûlée par des bombes au phosphore blanc, la photo a été prise 2009 au nord de Kaboul, en Afghanistan, lors d’un conflit armé entre les forces de l’OTAN et des talibans.

  • Israël a bien fait usage de phosphore blanc à la fin des années 2000 dans la bande de Gaza, mais aucune information ne permet d’affirmer que ce serait le cas aujourd’hui.

Alors que le conflit fait rage au Proche-Orient entre Israël et le Hamas, de nombreuses publications sur les réseaux sociaux accusent l’armée israélienne, Tsahal, de faire usage de bombes au  phosphore blanc sur la population palestinienne lors de  bombardements.

« Jusqu’où iront-ils dans la cruauté ? », accuse un utilisateur d’Instagram.

La publication, accompagnée d’une capture d’écran, montre une jeune fille grièvement blessée. Plusieurs publications similaires sont visibles sur Twitter et Facebook. A chaque fois, la photo de la victime est suivie d’une même accusation : « Israël utilise du phosphore blanc pour bombarder Gaza ».

Ce composé chimique est détenu par de nombreuses armées à travers le monde pour ses propriétés sur le champ de bataille – de nuit, son explosion permet d’éclairer le théâtre des combats, tandis que de jour, il crée d’importants boucliers de fumée.

Sur les populations, toutefois, « le phosphore blanc provoque de graves brûlures thermiques et chimiques qui pénètrent souvent jusqu’aux os, sont lentes à guérir et sont susceptibles de provoquer des infections », dénonce l'ONG Human Rights Watch. Le protocole III additionnel à la Convention sur certaines armes classiques de l’ONU, adopté en 1980, interdit l’utilisation de cette substance contre des populations civiles, mais n’exclut par son utilisation pour les autres usages, déplore l’ONG.

20 Minutes fait le point sur cette image.

FAKE OFF

Cette photo d’une jeune fille au corps brûlé n’a rien à voir avec le conflit israélo-palestinien. Elle a été prise par le photojournaliste Rafiq Maqbool pour l’agence Associated Press, le 9 juin 2009, dans l’hôpital américain de la base de Bagram, en Afghanistan. L’image et ses crédits sont visibles dans de nombreux articles disponibles en ligne, comme ici, dans des publications de Stripes et de ABC News reprenant une dépêche d’Associated Press.

D’après une dépêche Reuters, cette jeune Afghane gravement brûlée se nomme Razia Rahman. Elle a été victime d’un bombardement au phosphore blanc dans un conflit armé entre les forces de l’OTAN, alors principalement composée de troupes françaises, et des Talibans dans le nord de Kaboul.

Razia et sa famille sont les premiers civils connus à avoir été victime de phosphore blanc en Afghanistan, écrit l’agence de presse. Au moment de la publication de cette dépêche, en mai 2009, ni les forces de l’Otan, ni les Talibans n’avaient reconnu être à l’origine de la frappe. Une archive de juin 2009, également filmée par Associated Press et disponible sur YouTube, montre la sortie de l’hôpital de la jeune fille, le soulagement de sa famille, et l’émotion des soignants.

Aujourd’hui, aucune information ne permet d’affirmer qu’Israël ferait usage de phosphore blanc contre la population palestinienne dans son récent conflit avec le Hamas.

Source : 20minutes.fr
Sélection Claudine Douillet pour Alliance magazine

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