Boycott public, contrats secrets : pourquoi la sécurité israélienne reste incontournable

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Israël, au cœur de la sécurité mondiale

Israël, au cœur de la sécurité mondiale

Quand les opposants publics signent en coulisses

Les pays qui se sont prononcés contre Israël ont continué à conclure des accords de sécurité.
Des États qui ont attaqué Israël ouvertement tout en poursuivant, parfois discrètement, des coopérations sécuritaires, l’explosion des commandes au plus fort de la guerre et les enseignements tirés des conflits à Gaza et en Ukraine.
Dans une interview exclusive, Rani Krill, cadre dirigeant d’Elbit Systems, lève le voile sur les coulisses de l’industrie de la défense et affirme : « Le monde a vu des capacités qu’aucun autre pays ne possède. »

Une industrie en croissance continue

Ces dernières années, le volume des exportations de défense israéliennes a connu une croissance marquée. Elbit, entreprise fondée en 1996, figure parmi les moteurs de cette dynamique.
Elle emploie environ 21 000 personnes dans le monde, dont 15 000 en Israël. Aux côtés d’Israel Aerospace Industries et de Rafael Advanced Defense Systems, Elbit contribue à positionner Israël comme un acteur central de l’industrie mondiale de la défense.

« Nous nous classons parmi les meilleurs pays », déclare Rani Krill, vice-président senior du marketing et du développement commercial d’Elbit. « Nos exportations couvrent un vaste territoire, sur tous les continents. » Selon lui, la croissance devrait se poursuivre en 2026,, après une année déjà record. « Notre carnet de commandes a dépassé les 25 milliards de dollars, dont une grande partie provient de l’étranger. »

Le rôle spécifique d’Elbit dans l’écosystème israélien

Interrogé sur la place d’Elbit au sein de l’industrie de défense israélienne et sur sa complémentarité avec les autres groupes, Krill détaille les domaines dans lesquels l’entreprise se distingue. Il cite notamment le système de missiles « Pulse », vendu en Europe à la suite des enseignements tirés du conflit ukrainien, ainsi que les capacités avancées en guerre électronique.

« Le monde a constaté la capacité d’Israël à survoler le Moyen-Orient sans perdre un seul avion dans un environnement hostile. Ce n’est pas un hasard, mais le fruit d’une plateforme de défense de pointe. »

Il évoque également la transformation numérique du champ de bataille :
« Il s’agit de la première guerre numérique où le réseau de reconnaissance a connecté l’armée de bout en bout, du soldat au drone, jusqu’à l’avion de chasse. Ce sont des capacités de pointe que le monde entier observe et apprécie. »

Travailler aujourd’hui, servir demain

La guerre et le massacre du 7 octobre ont profondément affecté l’industrie de la défense.
« L’industrie de la défense israélienne, et Elbit parmi ses acteurs, a été pleinement mobilisée pour soutenir l’armée israélienne et les forces de sécurité », explique Krill.
Contrairement à certaines idées reçues, les employés ne sont pas exemptés du service de réserve. « Vingt pour cent des effectifs d’Elbit ont été mobilisés.
Le modèle israélien, dans lequel nos employés sont aussi soldats et officiers de réserve, présente d’énormes avantages pour intégrer rapidement les enseignements du champ de bataille dans le développement des produits. »

Krill reconnaît le caractère paradoxal de cette réalité. « Nous vivons dans un pays paradoxal : nous devons assurer la continuité de la production et du système de combat, tout en sachant qu’un jour nous travaillons et le lendemain nous sommes réservistes. »

Boycotts annoncés, commandes maintenues

La crainte d’un effondrement économique après le 7 octobre a-t-elle traversé l’entreprise.
« Nous ne pensions pas qu’il y aurait un effondrement, mais nous savions que nous entrions dans une période difficile. » Face à l’érosion du sentiment israélien dans certaines régions, Elbit a adapté sa stratégie commerciale et ses efforts de marketing, en tenant compte des contraintes politiques et diplomatiques propres à chaque pays.

« Nous avons trouvé la bonne formule. Là où la demande a faibli dans certains pays, d’autres régions ont connu une croissance. Le volume des commandes a augmenté de manière significative. »

Ce qui se dit publiquement et ce qui se décide réellement

À la question de savoir si des pays ayant adopté une position intransigeante contre Israël ont continué, en parallèle, à acheter des équipements israéliens, Krill est catégorique.
« Il y a un décalage entre ce que le public et la presse perçoivent et la réalité. »
Selon lui, certains gouvernements doivent répondre à leur opinion publique par des déclarations visibles, tandis que des accords classifiés, réservés à un cercle restreint de décideurs, se poursuivent.

Il précise toutefois que ces cas sont restés limités. « Heureusement, il ne s’agissait pas de pays où l’activité sécuritaire israélienne était particulièrement importante. »

« L’écart entre ce que le public et la presse voient et la réalité est important. »

Krill ajoute que « l’État et la politique sont des choses complexes. Certains accords sont signés, d’autres retardés, et certains ne peuvent être annulés sans conséquences financières lourdes. » Il confirme que des pays se sont exprimés « de manière très flagrante » contre Israël « tout en continuant d’acheter des produits israéliens ».

Production nationale ou interdépendance stratégique

Faut-il, selon lui, qu’Israël s’appuie uniquement sur sa production nationale en matière de sécurité. « C’est une question qui devrait être posée au ministère de la Défense », répond-il.

Il rappelle toutefois la diversité et l’ampleur des besoins sécuritaires du pays, rendant irréaliste une relocalisation totale. « L’État et le ministère de la Défense cherchent à optimiser la situation afin qu’au moment décisif, Israël soit le moins dépendant possible de facteurs extérieurs. »

Il insiste sur le fait qu’Israël dispose des capacités pour tout produire, mais que des considérations économiques entrent nécessairement en jeu. « L’État d’Israël est un pays intelligent et avancé, capable de tout faire, mais il faut prendre en compte les équilibres économiques à long terme. »

Selon lui, certaines technologies ont été exportées par le passé non par manque de besoin interne, mais pour des raisons économiques. « Le ministère de la Défense détermine quelles capacités doivent impérativement rester en Israël et lesquelles peuvent être exportées. »

Classements mondiaux et concurrence accrue

L’indice mondial du SIPRI classe Elbit au 25e rang mondial, devant ses homologues israéliens. Krill se garde de tout pronostic, rappelant qu’Elbit est une société cotée en bourse, mais glisse avec humour : « À l’Eurovision, notre objectif est la première place. » Il souligne surtout que le marché mondial de la défense est en expansion, avec des besoins croissants et l’arrivée de nouveaux acteurs.

Il cite notamment les entreprises turques et coréennes, autrefois marginales à l’export, aujourd’hui en forte progression, ainsi que l’émergence d’acteurs chinois et d’autres pays jusque-là absents du marché international.

Vers une nouvelle génération de conflits

Les conflits récents ont mis en lumière l’efficacité d’armes dites de faible technologie, comme les drones utilisés par le Hamas, le Hezbollah ou en Ukraine. Interrogé sur leur rôle futur, Rani Krill répond qu’ils constituent à la fois une évolution durable des combats et des outils tactiques qui ne supplantent pas les systèmes militaires classiques.

Il reconnaît que l’autonomie et le vol stationnaire prennent une place croissante sur le champ de bataille, tout en estimant que ces outils restent tactiques et non décisifs à l’échelle stratégique.

« Chaque évolution finit par trouver une solution. Des moyens de plus en plus efficaces pour neutraliser ces menaces seront développés. » Il évoque une course technologique permanente, dans laquelle Israël investit depuis des années.

Lasers et supériorité technologique

Krill rappelle qu’Israël développe depuis longtemps des systèmes laser conçus comme un ensemble d’outils complémentaires. Elbit est considéré comme le principal fournisseur de lasers du pays, notamment pour le système Or Eitan, et travaille déjà sur la prochaine génération de lasers aéroportés.

« Le développement de ces systèmes n’a pas commencé après le 7 octobre. Il a débuté il y a plusieurs années. » Face à l’accélération des menaces, il souligne la nécessité de solutions beaucoup plus agiles et rapides à déployer.

L’opération « Am Kalavi », symbole de la supériorité israélienne

Interrogé sur l’événement qui incarne le mieux, selon lui, la force d’Israël ces dernières années, Rani Krill cite sans hésiter l’opération « Am Kalavi ». Cette opération a ciblé une large partie des capacités de renseignement, de longue portée et d’autonomie, dans l’espace aérien iranien, notamment les lanceurs, en établissant un lien direct et opérationnel entre le renseignement et la capacité de neutralisation d’une menace en temps réel.

Krill décrit une action ayant permis de garantir la protection totale des appareils israéliens opérant au-dessus de l’Iran, tout en démontrant une coordination exceptionnelle entre capacités visibles et invisibles.
Selon lui, cette opération a également servi de cadre d’entraînement avancé pour les pilotes, leur permettant d’atteindre le niveau de maîtrise requis pour évoluer dans un environnement extrêmement hostile. Il a comparé ces vols à un survol des Champs-Élysées, afin d’illustrer le degré de confiance, de précision et de supériorité technologique atteint par Israël.

« Peu de pays, voire aucun, sont capables de mener une telle opération, mobilisant une telle concentration de capacités, sur une période aussi courte que douze jours », affirme-t-il.

À travers ses propos, Rani Krill décrit une réalité brute : dans un environnement où l’immobilisme est impossible, Israël a démontré, sous le feu des critiques et des pressions, une supériorité technologique et opérationnelle qui continue d’attirer le monde entier.

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