Bernard-Henri Lévy : On peut être profondément juif, sans croire en l’existence de Dieu

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Bernard Henri Levy

Bernard Henri Levy

Qu'est-ce que le judaïsme ? Dans son livre,Bernard-Henri Lévy un des grands philosophe de notre temps poursuit sa réflexion sur ce sujet. 

Son acronyme, «BHL» est devenu un sigle sous la lumière artificielle des plateaux télévisés. Il y a celui qui s'est engagé, corps et biens, pour la guerre en Libye mais dont beaucoup moquent aujourd'hui «l'échec».

 

En quête de son identité juive ? Non , au sens de l'identité juive et de ses multiples facettes.

Il éprouve la nécessité de creuser plus avant au cœur de ce qu'il est et de ce qu'est le judaïsme, en tant que philosophe mais aussi en tant qu'homme plus profond que ne laissent voir les réductions médiatiques. Son nouvel ouvrage 'Esprit du judaïsme, éclaire beaucoup sur cette recherche intime tout d'abord et que dans un élan, pourrait-on dire, impudique, il exprime car comme tout bon exégète, il a compris que le sens n'a de sens que s' il est exprimé.

«La Torah est un livre infini, un livre-homme… Lire le texte juif, le lire comme il doit être lu, c’est produire un universel…»

Le juif dogmatique n’est donc pas celui qui lit des livres et ne lit que le Livre, mais celui qui ne le lit pas assez. Telle serait l’essence même du judaïsme, tenant moins à la foi qu’à la Loi, et, aussi, à l’interprétation sans fin, laquelle, ainsi, ne donne jamais le «dernier mot» à personne.

Cette approche et celle, adjacente, du «souci de l’Autre», venue d’Emmanuel Levinas, sont au centre de l’ouvrage de Bernard-Henri Lévy, l’Esprit du judaïsme, qui s’ouvre par une analyse des différentes formes d’antisémitisme et affirme à la fin, sous la lumière de Rachi, Maïmonide ou Jonas, que «les juifs sont venus au monde moins pour croire que pour étudier, non pour adorer, mais pour comprendre», et que «la plus haute tâche à laquelle les convoquent les livres saints n’est ni de brûler d’amour ni de s’extasier devant l’infini, mais de savoir et d’enseigner».

Dans ce livre, on y découvre de nombreuses remarques qui interrogent, irritent, laissent perplexe, appellent la contradiction. Le philosophe ouvre aussi sur des questions d’actualité politique et intellectuelle.

Le philosophe  explique que le judaïsme n’est pas un particularisme, mais un universalisme. Il n’exalte pas une identité, mais l’effort pour dépasser, compliquer, enrichir les identités.

Pour Bernard Henry-Levy, l’idée de Dieu qui est tout de même bien présente dans le livre n'est cependant pas le point centrale. "On peut être juif, profondément juif, sans «croire» en l’«existence» de Dieu." dit-il. 

La question centrale est l’étude,le savoir, l’intelligence, le commentaire inlassable d’une lettre où l’esprit est comme replié.

Pour BHL, "de Maïmonide au Gaon de Vilna, tous les maîtres sont à peu près d’accord sur ce point : s’ils avaient à choisir entre, d’un côté, un mystique qui ne réfléchit pas, ne travaille pas et n’enrichit pas le texte qu’il a sous les yeux de sa propre et singulière intelligence, et quelqu’un qui, de l’autre côté, s’échine à interpréter et à disséquer le verset sans se laisser aller à l’effusion mystique, ils choisiraient le second - l’étudiant qui doute plutôt que l’homme de foi qui n’étudie pas."

BHL rappelle que la loi juive, n’a pas été donnée aux seules tribus d’Israël, mais à tous les hommes, absolument tous, sans exception  et à l’homme en général. Il y a une page du Talmud qui commente le verset de l’Exode sur le don de la Loi à Moïse.

Le Talmud a cette image : chaque mot de la Torah est comme «une personne». Et il ajoute que cette personne a non pas un, mais «70 visages». 70 parce que c’est le nombre des nations. Et parce que chaque nation, pour ne pas dire chaque sujet, peut et doit donc trouver son visage dans le verset.

Pour Bernard Henry Levy, on peu a peu près tout partager dans le judaïsme . L’idée que l’éthique est plus importante que la foi, ou que le rapport à l’autre l’emporte sur le rapport à soi-même et même encore que ce que l’on fait compte davantage que ce que l’on est.

Bernard Henry-Levy souligne que là où la foi est secondaire, alors la religion n'a plus tout à fait sa place.

Sa vision est que l'idée de Dieu est bien présente mais n'est pas centrale seule l'étude l'est.
On peut être juif, profondément juif, sans «croire» en l’«existence» de Dieu.

 Nathalie ZADOK

Vos réactions

  1. denis.taieb@hotmail.fr'Taieb

    je ne pretends pas avoir l erudition de BHL mais bon nombre de juifs religieux devraient au moins reconnaitre son sens du judaisme et ne pas diffuser des aberrations en le rendant responsable du chaos lybien. dirait on des juifs tunisiens
    qu ils ont contribue au chaos actuel de la tunisie en l ayant quitte dans les annees 70.
    Bravo BHL j ai beaucoup d admiration pour vous ces imbeciles dogmatiques de la religion juive devraiebnt aller se cacher .Dieu est une creation de l imagination de l homme pas le contraire

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