Artiste juive : Shira Mushkin et ses diptyques

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Artiste juive : Shira Mushkin et ses diptyques

Les diptyques de Shira Mushkin

Shira Mushkin précise l'objectif de ses photographies : "Il y a tellement d’histoires à raconter, mais je veux que le spectateur essaie de créer son histoire. Je veux célébrer la beauté de la vie quotidienne qui a traversé les communautés juives avant la guerre et amplifier la perte en même temps."

A l'origine il y a ses visites du cimetière juif de Rose Hill  avec Cantor Goldstein qui voulait  ramener enfants et petits-enfants à construire la mémoire familiale. Il racontait - devant les sépultures des familles pionnières qui ont fondé la communauté juive à Denver - les mêmes histoires chaque année pour les enfants (dont la photographe). "Le cimetière n’était pas un lieu de tristesse pour moi" dit-elle. Et "Je suis toujours souriant sur ces photos, et généralement loucher avec le soleil dans mes yeux", dit Mushkin.

Shira Mushkin s’en est souvenue lorsqu’elle a fait son premier voyage en Europe de l’Est pour visiter les sites des ghettos et des camps de concentration en Pologne en 2005 là, où des millions d'innocents n’ont même pas eu de pierre tombale. Elle s’est donc retrouvée à marcher de tombe en tombe à Varsovie, Kieclce et Cracovie, essayant d’imaginer la vie de ceux qui ont vécu et sont morts avant l’Holocauste.

Elle a lu les inscriptions, noté les détails pour remplir sa propre mémoire d’images. C'est ainsi que son projet de cimetière est né. Il est constitué désormais de milliers de photographies de tombes. Rentrée en Israël, la photographe a rempli autant d’histoires qu’elle le pouvait et imaginées à partir de peu d'information  sur la vie de femmes juives polonaises.

De retour en Israël  a complété ses prises par manipulation numérique et collage afin de créer ses diptyques.  Chacune d'eux  montre à la fois une tombe et une photographie de la vie avant la Shoah. Les photos sont choisies à partir de  négatifs sur verre découverts dans un grenier de Lublin, en Pologne et stockés par Abram Zylberberg, un photographe d’événements locaux

Paradoxalement, dans ces montages les pierres tombales sont en couleur, les photographies de la vie quotidienne sont en noir et blanc. La photographe les combine parce qu’elles correspondent à des femmes engagées dans la couture à la main en Pologne.

Les couseuses jouxtent par exemple une pierre tombale avec une mosaïque délicate d’or et de turquoise. Il y a aussi et une photo de femmes entrain de rire jumelée à une pierre tombale de Berlin qui ressemble à ses tâches pourraient être des gouttelettes de la rivière.
Le fil jaune lie chaque paire devient un souvenir de l’art qui a précédé la couleur devenant l’imposition des étoiles jaunes.  Existe là tout un travail majeur de mémoire des pierres mais surtout des âmes.

 

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