Une simple falsification de pièce d'identité a pu sauver de nombreuses vies.

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« Pour protéger notre mère dans ses déplacements, Mélanie Duprat lui a donné sa carte d'identité française », ont expliqué Vivianne et Charlotte, les filles de Denise et Henri Frajlowicz, sauvés par Mélanie Duprat.

Une cérémonie toute particulière s'est tenue, jeudi dernier à Lectoure, rassemblant près de 130 personnes, dont de nombreux collégiens venus vivre un moment d'intense émotion et d'Histoire. Mélanie Duprat a reçu à titre posthume le diplôme d'honneur et la médaille de Justes parmi les Nations.
« Beaucoup de respect »
Le maire, Gérard Duclos a débuté la séance en rappelant les souvenirs qu'il a eus en temps que médecin, en soignant Mélanie Duprat jusqu'à son décès en 1982.

« Je ne savais pas à ce moment-là ce qu'elle avait fait. Des gens humbles et ordinaires ont réalisé en des circonstances exceptionnelles des œuvres extraordinaires. Je revois son visage, son comportement et je la revois aujourd'hui autrement avec beaucoup de respect. »

Le docteur Albert Seifer, délégué régional du Comité français pour Yad Vashem, a ensuite rappelé l'objectif de cet institut : « Yad Vashem a été créé en 1953 pour perpétuer le souvenir de la Shoah, mot hébreu qui signifie catastrophe, destruction, anéantissement. Le terme Yad Vashem est tiré de la prophétie de du prophète Isaïe : ''Je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs un mémorial, Yad et un nom Shen, qui ne seront jamais effacés.''

L'institut est situé à Jérusalem sur la colline du souvenir, lieu de spiritualité et de silence. En 1963, il a créé le département des Justes parmi les Nations pour ceux qui, au péril de leur vie, ont sauvé des juifs des griffes des nazis et de leurs complices. Il ne s'agit ni d'une récompense, ni d'une décoration, mais simplement d'un témoignage de gratitude de l'État d'Israël et du peuple juif. »

Michel Lugassy-Harel, ministre des Affaires administratives de l'ambassade d'Israël, a lu cette célèbre phrase : « Quiconque sauve une âme sauve un univers tout entier. Au moment de la guerre mondiale, les Justes l'ont fait avec leurs âmes, leurs cœurs, et l'ont fait avec beaucoup de naturel. »

Falsification salvatrice
Le sous-préfet de Condom, Dominique Gilles, a ponctué les discours en rendant hommage à Mélanie Duprat qui, « grâce à son action, a sauvé une part d'honneur et d'humanité. C'est pour cela qu'elle mérite notre souvenir, notre reconnaissance. »

Les petits-enfants de Mélanie Duprat, et de Denise et Henri Frajlowicz ont raconté la rencontre et l'amitié immédiate qui a uni leurs familles, et comment une simple falsification de pièce d'identité a pu sauver de nombreuses vies.
Mme Courtés a également été saluée pour son travail d'historienne.

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