John Demjanjuk, qui se dit gravement malade, marche sans assistance dans la neige début avril

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John Demjanjuk, accusé d'avoir été gardien du camp de concentration nazi de Sobibor et visé par un mandat d'arrêt de la justice allemande, marche sans assistance au milieu des flocons de neige le 6 avril dernier, soit 8 jours seulement avant qu'un sursis ne soit prononcé concernant son extradition pour mauvaise santé.
Ces images ont été montrées jeudi avec quatre autres enregistrements du même type à des juges fédéraux, lors d'un appel demandé par le ministère américain de la Justice, pour revenir sur la suspension de son extradition vers l'Allemagne, a-t-on appris vendredi.

Sur ces images rendues publiques vendredi, John Demjanjuk sort d'un centre médical à Parma dans l'Ohio (nord-est des Etats-Unis), lève son bras droit pour se mettre une casquette sur la tête, puis effectue 18 pas et monte dans une voiture, côté passager, prend son temps pour s'asseoir, avant de refermer la porte. Sur d'autres séquences, on le voit parler de manière très animée. Et une troisième vidéo tournée le 13 avril le montre également en train de marcher sans assistance.

Ces images contrastent fortement avec celles du 14 avril, lorsque des agents des services américains de l'immigration étaient venus l'interpeller à son domicile de Seven Hills, dans la banlieue de Cleveland (Ohio). On l'avait vu sortir de chez lui sur une chaise roulante, accompagné d'un médecin et d'une infirmière.

Sa famille et ses avocats avaient ensuite argumenté que l'extradition de John Demjanjuk, âgé de 89 ans, équivaudrait à de la torture en raison de sa mauvaise santé: gravement malade, généralement alité et physiquement diminué. Un sursis était alors été prononcé concernant son extradition. Ces images-là montreraient en revanche que son état de santé est moins mauvais que ce qui a été affirmé et qu'il pourrait donc être jugé en Allemagne.

Le ministère de la Justice a un intérêt public "à voir partir un étranger qui a participé aux meurtres de masse perpertrés par les nazis", a écrit Robert Thompson, directeur adjoint au bureau des enquêtes spéciales au ministère de la Justice et assistant de la procureur adjointe des Etats-Unis Michelle Heyer.

"Parfois, une chaise roulante est nécessaire et d'autres fois, il peut marcher sur une petite distance", a expliqué John Demjanjuk Jr., dans un courriel adressé vendredi à l'Associated Press.

Natif d'Ukraine, John Demjanjuk affirme avoir servi dans l'armée soviétique et avoir été prisonnier de guerre, après sa capture par l'Allemagne en 1942. Il avait émigré aux Etats-Unis en 1952 et obtenu la nationalité américaine en 1958.

"Son travail dans le camp de la mort de Sobibor était de faire entrer les hommes, les femmes et les enfants dans la chambre à gaz. Il n'a eu aucune pitié, aucune compassion et aucun remords pour les familles dont il a détruit la vie pour toujours," avait déclaré Rabbi Marvin Hier, fondateur du Centre Simon Wiesenthal, le 14 avril.

Arrivé aux Etats-Unis après la Seconde guerre mondiale, John Demjanjuk est visé par un mandat d'arrêt allemand. Inculpé en Allemagne de 29.000 chefs de complicité de meurtre, il soutient n'être pour rien dans la mort des milliers de Juifs exterminés à Sobibor (Pologne), où il aurait travaillé entre mars et septembre 1943.

John Demjanjuk avait été jugé en Israël, accusé d'avoir été "Ivan le Terrible", le tristement célèbre gardien du camp de la mort de Treblinka, en Pologne. Il a été reconnu coupable de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité en 1988, avant que la Cour suprême israélienne n'annule sa condamnation.

En 2002, un juge américain a révoqué sa citoyenneté, le ministère de la Justice se basant sur des preuves montrant qu'il a dissimulé ses activités à Sobibor et dans d'autres camps de concentration nazis. Et en 2005, un juge de l'immigration avait jugé son extradition vers l'Allemagne, la Pologne ou l'Ukraine possible.

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