Achats en ligne : la nouvelle règle qui fait sauter la TVA et bouleverse les prix en Israël

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Achats en ligne : la nouvelle règle qui fait sauter la TVA et bouleverse les prix en Israël

Achats en ligne sans TVA jusqu’à 150 dollars : quand, comment et pour quels produits

À compter d’aujourd’hui, une modification fiscale majeure entre en vigueur pour les consommateurs israéliens.
Il devient possible de commander des produits à l’étranger jusqu’à 150 dollars sans payer la TVA. Une mesure présentée comme un levier contre la cherté de la vie, mais strictement encadrée, qui ne concerne ni tous les produits ni toutes les situations. Voici, point par point, ce que cette exonération change réellement, comment l’utiliser sans erreur et quels articles sont concernés.

 Une décision officielle signée par Bezalel Smotrich

À compter de ce mardi soir, une réforme attendue entre en application. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a signé un décret doublant le seuil d’exonération de TVA sur les importations personnelles, le faisant passer de 75 dollars à 150 dollars. L’objectif affiché est clair : réduire le coût de la vie en renforçant la concurrence entre les sites internationaux et les fournisseurs locaux.

Concrètement, les consommateurs peuvent désormais acheter en ligne sur des plateformes étrangères et recevoir leurs colis en Israël sans s’acquitter de la TVA de 18 %, tant que la valeur du produit ne dépasse pas ce nouveau plafond.

Que signifie concrètement la nouvelle exonération de TVA

L’exonération concerne les importations personnelles, c’est-à-dire les achats effectués pour un usage privé sur des sites étrangers, livrés au domicile du client ou dans un point relais. Jusqu’à présent, ce privilège fiscal était limité à 75 dollars. Il s’étend désormais à 150 dollars par colis.

Il s’agit d’un changement majeur, car de nombreux produits devenaient auparavant non rentables dès lors qu’ils franchissaient le seuil des 75 dollars. Désormais, une large gamme d’articles échappe totalement à la TVA.

Il est important de préciser que l’exonération porte uniquement sur la valeur du produit. Les frais de livraison ne sont pas inclus dans le calcul du plafond.

Quand la mesure entre-t-elle en vigueur et à partir de quelle date s’applique-t-elle

L’arrêté entre en vigueur dans la nuit du mardi 24 décembre au mercredi 24 décembre à minuit. Tout colis entrant en douane après cette heure sera examiné selon les nouvelles règles.

Cela signifie qu’une commande passée avant cette date peut bénéficier de l’exonération si elle arrive en Israël après l’entrée en vigueur du décret. En revanche, certains sites facturent les taxes dès le paiement. Il est donc indispensable de vérifier, avant validation de la commande, si la TVA est prélevée à l’avance ou non.

Combien pouvez-vous réellement économiser ?

Selon Yaniv Porat, directeur du site AliBuy, l’impact est loin d’être marginal. Il évoque « une économie de plusieurs dizaines de shekels par commande, et de plusieurs centaines de shekels par mois pour une famille moyenne ».

À titre d’exemple, une chemise achetée 120 dollars était jusqu’à présent soumise à 18 % de TVA. Désormais, elle est totalement exonérée, ce qui représente une économie d’environ 70 shekels. Plus le produit est proche du plafond, plus l’avantage est significatif.

Quels secteurs profitent le plus de cette réforme

Le secteur de la mode figure parmi les grands gagnants. Chaussures de marque, jeans, manteaux ou vêtements premium situés entre 90 et 140 dollars deviennent beaucoup plus accessibles. Jusqu’à présent, de nombreux consommateurs renonçaient à ces achats par crainte des taxes à l’arrivée.

Les jouets et les gadgets électroniques bénéficient également largement de la mesure, en particulier à l’approche des fêtes. Jeux de construction, tablettes de milieu de gamme, consoles ou accessoires technologiques entrent désormais sous le plafond d’exonération.

Les cosmétiques et les soins de la peau sont aussi concernés. Les consommateurs habitués à fractionner leurs paniers pour rester sous les 75 dollars peuvent désormais regrouper leurs achats, atteindre plus facilement les seuils de livraison gratuite et éviter toute taxation supplémentaire.

 Tous les produits jusqu’à 150 dollars sont-ils réellement exonérés ?

La quasi-totalité des produits est concernée, à l’exception de certaines catégories soumises à une réglementation spécifique. Les produits du tabac et les boissons alcoolisées restent exclus du dispositif et continuent d’être taxés.

Il est recommandé de vérifier chaque produit à l’aide du calculateur officiel de l’administration fiscale afin de s’assurer qu’aucune taxe d’achat ni obligation particulière ne s’applique.

Comment utiliser intelligemment cette exonération

Cette mesure n’a pas vocation à encourager une consommation irréfléchie. Elle favorise avant tout les achats planifiés. Les consommateurs les mieux informés, avec une liste précise de produits et une connaissance des seuils, en tireront le maximum d’avantages.

Les articles compris entre 75 et 150 dollars constituent le cœur de l’exonération. Regrouper des produits dans un même panier tout en restant sous le plafond permet de réduire les frais de livraison et d’éviter toute taxation.

Le plafond s’applique-t-il à la commande ou au colis

Le critère déterminant est la valeur du colis, et non celle de la commande. Si plusieurs articles sont expédiés ensemble et que leur valeur cumulée dépasse 150 dollars, la TVA s’applique à l’ensemble.

À l’inverse, si les produits sont envoyés séparément, chaque colis est examiné individuellement. Les autorités douanières peuvent toutefois considérer plusieurs envois comme une seule commande s’il apparaît qu’il s’agit d’un contournement volontaire de la loi.


Les frais de livraison sont-ils inclus dans le calcul ?

Non. La TVA est calculée uniquement sur la valeur du produit. Un article à 145 dollars accompagné de 20 dollars de livraison reste sous le seuil d’exonération.

En revanche, certains frais annexes comme l’assurance, le courtage ou le dédouanement peuvent être pris en compte selon le vendeur et le transporteur.

 Comment savoir à l’avance si des taxes seront appliquées ?

Pour les achats inférieurs à 150 dollars, aucune taxe ne doit être perçue. Si le montant dépasse ce seuil, il convient d’examiner attentivement la page de paiement finale.

La présence de mentions telles que « Frais d’importation », « Droits de douane » ou « TVA » indique que les taxes ne sont pas réglées à l’avance et pourront être réclamées à l’arrivée.
À l’inverse, les sites qui intègrent tous les frais dès le paiement réduisent le risque de mauvaises surprises, même si le coût final peut être plus élevé.

 Peut-on commander plusieurs colis le même jour auprès d’un même site

Oui, à condition que les envois soient séparés de manière naturelle, par exemple depuis différents entrepôts. Si le fractionnement est jugé artificiel, les douanes peuvent requalifier l’opération et appliquer la TVA sur l’ensemble.

Que faire en cas de perception de TVA par erreur

Il est possible de demander un remboursement auprès de l’administration fiscale en remplissant le formulaire prévu à cet effet et en joignant les justificatifs nécessaires. En cas d’erreur avérée, le remboursement intervient généralement dans un délai de quelques semaines.

Existe-t-il des restrictions selon le pays d’origine

Dans la majorité des cas, non. Toutefois, certaines restrictions peuvent s’appliquer en fonction du type de produit ou du pays d’exportation, notamment lorsqu’il existe des limitations commerciales spécifiques.

Que se passe-t-il pour les commandes passées avant l’entrée en vigueur

La règle est simple : seule la date d’arrivée en douane fait foi. Une commande passée avant le 24 décembre mais arrivée après cette date bénéficie de l’exonération.

En revanche, les plateformes qui calculent la taxe au moment de l’achat peuvent appliquer les règles en vigueur à la date de la commande, indépendamment de la date de livraison.

 Qui s’oppose à cette mesure

Les organisations professionnelles, les chambres de commerce et les représentants des petites entreprises israéliennes ont exprimé une vive opposition. Ils dénoncent une distorsion de concurrence entre les commerces locaux, soumis à la TVA, et les sites étrangers bénéficiant d’une exonération.

Selon ces organisations, les secteurs de la mode, du jouet, de la chaussure et des cosmétiques pourraient être particulièrement fragilisés. Certains fabricants locaux craignent une disparition progressive de produits du marché intérieur, notamment ceux dont les prix rendaient déjà la concurrence internationale difficile.

 Quel sera le coût pour l’État

Les estimations du ministère des Finances évoquent une perte annuelle comprise entre 700 millions et un milliard de shekels. Ces montants dépendent du volume réel des commandes et de l’utilisation effective de l’exonération par le public.

Chaque baisse de recettes devra être compensée, soit par des réductions budgétaires, soit par un accroissement du déficit, soit par d’autres formes de fiscalité indirecte. Les partisans de la réforme estiment toutefois que la pression concurrentielle fera baisser les prix sur le marché intérieur, stimulant la consommation et compensant partiellement ces pertes par d’autres canaux fiscaux.

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