Déclaration Balfour, 109 ans après : le Hamas appelle à l'unité palestinienne contre Israël

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Déclaration Balfour, 109 ans après : le Hamas appelle à l'unité palestinienne contre Israël

Par Claudine Douillet

Le Hamas a profité du 109e anniversaire de la déclaration Balfour, le 2 novembre 2026, pour appeler les factions palestiniennes à s'unir contre Israël et réaffirmer un « droit au retour » des réfugiés qu'il déclare non négociable.
Un discours rituel, prononcé alors que le Royaume-Uni, auteur de la déclaration de 1917, a lui-même reconnu un État palestinien il y a un peu plus d'un an.

Un communiqué publié le jour anniversaire

Le mouvement islamiste a diffusé son texte le 2 novembre 2026, date anniversaire de la lettre signée par le ministre britannique des Affaires étrangères Arthur Balfour. Le quotidien panarabe Al-Quds Al-Arabi, basé à Londres, en a rendu compte le jour même.

Le Hamas y appelle à l'unité nationale palestinienne, qu'il présente comme la seule voie possible pour contrer ce qu'il qualifie de « plans » et de « crimes » israéliens. Il plaide pour une stratégie de lutte commune à toutes les factions, sans en préciser le contenu. Le mouvement réclame également une action internationale pour demander des comptes aux dirigeants israéliens.

Le « droit au retour », ligne rouge du Hamas

Le cœur du communiqué porte sur les réfugiés. Le Hamas affirme que leur retour dans leurs foyers d'origine constitue un droit légal et légitime, qui n'admet selon lui ni renoncement ni compromis.

Cette revendication n'a rien d'anodin. Appliquée aux descendants des réfugiés de 1948, recensés aujourd'hui par millions, elle signifierait la fin de l'État juif par la démographie. C'est pourquoi tous les gouvernements israéliens, de gauche comme de droite, l'ont toujours rejetée. En la déclarant non négociable, le Hamas ferme la porte à toute solution reposant sur deux États.

Un rituel annuel contre Londres

Chaque 2 novembre, le Hamas publie un texte similaire. Lors du 102e anniversaire, en 2019, le mouvement avait qualifié la déclaration de « tragédie du siècle » et réaffirmé son attachement à la lutte armée. En 2021, pour le 104e anniversaire, il avait estimé que la seule excuse acceptable de la Grande-Bretagne serait le retour des réfugiés et leur indemnisation.

Les dirigeants palestiniens réclament depuis des années des excuses officielles à Londres. En avril 2017, à la veille du centenaire, le Foreign Office avait répondu par écrit que le Royaume-Uni ne s'excuserait pas pour ce qu'il considère comme une déclaration historique. La Première ministre Theresa May avait ensuite affirmé que son pays marquerait le centenaire avec fierté, et invité Benyamin Netanyahou aux commémorations de novembre 2017 à Londres.

Ce que dit la déclaration Balfour

Datée du 2 novembre 1917, la déclaration prend la forme d'une lettre d'Arthur Balfour, ministre des Affaires étrangères du gouvernement de David Lloyd George, adressée à Lord Walter Rothschild, figure de la communauté juive britannique. Londres s'y déclare favorable à l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif.

Le texte a ensuite été repris en 1922 dans le mandat confié au Royaume-Uni par la Société des Nations, ce qui lui a donné une portée de droit international. Pour Israël, il constitue la première reconnaissance par une grande puissance du lien historique du peuple juif avec sa terre.

Les pays européens qui ont reconnu un État palestinien

Ce 109e anniversaire intervient dans un paysage diplomatique bouleversé. Le 21 septembre 2025, le Royaume-Uni lui-même, avec le Portugal, a reconnu officiellement l'État de Palestine, en même temps que le Canada et l'Australie. Le lendemain, 22 septembre 2025, la France a franchi le pas à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, suivie le même jour par la Belgique, le Luxembourg, Malte, Andorre et Monaco.

Ces pays rejoignaient la Suède, premier État membre de l'Union européenne à avoir reconnu la Palestine en 2014, puis l'Espagne, l'Irlande et la Norvège en mai 2024, ainsi que la Slovénie en juin 2024. L'Allemagne et l'Italie, en revanche, refusent toujours cette reconnaissance.

Le paradoxe est saisissant. Le pays de Balfour a reconnu un État palestinien, mais le Hamas continue d'en faire la cible symbolique de ses communiqués. Le Royaume-Uni comme l'Union européenne maintiennent par ailleurs le Hamas sur leurs listes d'organisations terroristes.

Une unité palestinienne toujours introuvable

L'appel à l'unité du Hamas vise en premier lieu le Fatah de Mahmoud Abbas, qui dirige l'Autorité palestinienne à Ramallah. Les deux mouvements sont en rupture depuis la prise de Gaza par le Hamas en 2007, et les tentatives de réconciliation successives ont toutes échoué.

En invoquant Balfour, le Hamas cherche à se placer au centre du jeu politique palestinien et à rallier l'opinion autour du thème le plus fédérateur, le refus de la légitimité d'Israël. Le communiqué ne dit en revanche rien de l'avenir de Gaza ni de la place que le mouvement entend y occuper.

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