Dylan Parienty : le couturier franco-israélien met en scène l'angoisse des Juifs de France à Tel-Aviv

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Antisémitisme à Paris : le couturier Dylan Parienty répond par une collection qui va du noir à la lumière

Par Claudine Douillet

Le créateur franco-israélien Dylan Parienty, passé par la maison Giambattista Valli et installé aujourd'hui dans un showroom parisien, présente à la semaine de la mode Canada-Israël de Tel-Aviv une collection qui raconte la nuit des Juifs de France depuis le 7 octobre. Du noir profond à la lumière de l'aube, le défilé se veut un message : les Juifs du monde ont un foyer, et ce foyer s'appelle Israël.

Paris à 5 h 47, dix minutes avant le jour

La nouvelle collection de Dylan Parienty tient dans une heure précise : 5 h 47 du matin à Paris, les dix dernières minutes de la nuit avant le lever du soleil. Le défilé s'ouvre sur un noir profond. Puis viennent des gris, de l'argent, le reflet des flaques sur les pavés, les dorures de la ville qui se révèlent une à une, avant que la lumière ne gagne la scène.

Derrière l'esthétique, le couturier assume un propos politique et intime. Dans un entretien accordé au quotidien Israel Hayom, il explique que ce passage de l'obscurité à la clarté décrit la situation des Juifs de France, la montée de l'antisémitisme et le sentiment d'un assombrissement continu depuis le massacre du 7 octobre 2023. La fin du défilé doit exprimer l'espoir, la paix et le privilège d'avoir un État à soi, un lieu où l'on peut arriver et se sentir chez soi.

Le froid du milieu de la mode parisienne

Le créateur ne parle pas d'une abstraction. Après le 7 octobre, il dit avoir ressenti une prise de distance de la part de figures de la mode parisienne, y compris de personnes avec lesquelles il entretenait une relation professionnelle étroite. Une expérience qu'il décrit comme douloureuse, d'autant qu'il a toujours porté avec fierté sa double identité française et israélienne.

Son témoignage rejoint celui de nombreux Juifs de France, artistes, commerçants ou cadres, qui racontent depuis deux ans des silences gênés, des collaborations qui s'éteignent sans explication et des invitations qui ne viennent plus. Dans un secteur qui se veut à l'avant-garde de l'ouverture, ce retrait discret pèse lourd. Par son défilé, Dylan Parienty veut dire aux Juifs du monde entier qu'ils ne sont pas seuls. « Je veux que les Juifs sentent qu'ils ont une maison », résume-t-il.

De la chambre d'enfant à Giambattista Valli

Le parcours du couturier a tout d'une histoire de vocation. Enfant, il dessinait des robes là où les autres dessinaient des maisons et des arbres, fasciné par les cérémonies et les tapis rouges. À 15 ans, il sait qu'il en fera son métier. À 18 ans, il entre à Shenkar, la grande école de design de Ramat Gan. Pendant ses études, il travaille comme couturier chez la créatrice israélienne Inbal Dror et reçoit ses premières clientes dans une pièce que ses parents lui ont aménagée.

Sa dernière année d'études lui ouvre les portes de la maison de haute couture Giambattista Valli à Paris, où il effectue un stage puis reste travailler. Il y approfondit le travail des matières et des techniques artisanales. Le déclic survient lorsqu'une robe qu'il a conçue est choisie pour clore un défilé et que la salle, où se trouvent des stars qu'il admirait, se lève pour applaudir. Il décide alors de fonder sa propre maison et rentre en Israël pour la lancer.

DYLAN PARIENTY PARIS, un rêve devenu adresse

En dessinant son logo, il avait inscrit son nom en noir sur blanc et ajouté en dessous le mot PARIS, comme un vœu. Moins de dix ans plus tard, la marque dispose d'un showroom à Tel-Aviv, d'un showroom de 300 mètres carrés dans un immeuble historique classé au cœur de Paris et d'une présence dans plus de 40 boutiques à travers le monde. Ses robes sont apparues sur des tapis rouges prestigieux, notamment au Festival de Cannes, au cinéma et à la télévision, et doivent bientôt figurer dans une série connue diffusée sur Netflix.

Sa signature tient à l'architecture du vêtement, aux volumes spectaculaires et aux longues traînes. À ses débuts, il allait jusqu'à utiliser 500 mètres de tulle pour une seule robe. Aujourd'hui, les structures se cachent dans les corsets et les fronces se sont adoucies, mais un détail ne le quitte jamais : le nœud, en accessoire, en jupe monumentale ou en touche finale.

Une collection montée en deux mois

Le projet tel-avivien est né d'un appel de Moti Reif, l'organisateur de la semaine de la mode, le 1er septembre. Dylan Parienty se trouvait alors dans son showroom parisien, en pleine préparation de la saison des mariages et de sa collection 2027. Il a pris le premier vol pour Tel-Aviv. Depuis, ses équipes de Paris et de Tel-Aviv travaillent chaque jour pour livrer des silhouettes nouvelles, plus audacieuses, en parallèle de la collection de robes de mariée.

L'ambition de la haute couture officielle

Le créateur ne cache pas ses prochaines étapes : renforcer sa présence aux États-Unis, en particulier à New York, et entrer au calendrier officiel de la Fashion Week de Paris, à condition d'avoir une assise financière et organisationnelle solide. Son rêve ultime reste l'obtention de l'appellation officielle haute couture en France. Il rêve aussi d'habiller des stars, de Zendaya à Céline Dion.

En choisissant Tel-Aviv pour raconter la nuit des Juifs de France, Dylan Parienty fait d'un défilé un acte d'appartenance. Un couturier formé à Paris, rejeté en partie par le milieu qui l'a vu grandir, rappelle sur un podium israélien que l'aube finit toujours par venir.

Source : Israel Hayom, entretien de Lihi Gelman Ram, 3 novembre 2026
https://www.israelhayom.co.il/lifestyle/fashion/article/21766826

 

Le couturier franco-israélien Dylan Parienty présente à Tel-Aviv une collection sur la nuit des Juifs de France depuis le 7 octobre, du noir à l'aube.

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