Un Libanais diplomate d’Israël : Jonathan Elkhoury, fils de l’Armée du Liban-Sud, aux Affaires étrangères

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Diplomatie israélienne : un fils de l'Armée du Liban-Sud entre au ministère des Affaires étrangères

Jonathan Elkhoury, issu d'une famille de l'Armée du Liban-Sud, a intégré lundi le cours des cadets du ministère israélien des Affaires étrangères. Il devient le premier ancien de l'ALS à rejoindre le corps diplomatique de l'État juif, dans une promotion de 36 cadets sélectionnés parmi 2 000 candidats.

Par Claudine Douillet

Jonathan Elkhoury fait partie des 36 cadets qui ont entamé lundi soir la formation du ministère israélien des Affaires étrangères, rapporte Ynet. Fils d'une famille de l'Armée du Liban-Sud (ALS), la milice libanaise alliée d'Israël jusqu'au retrait de Tsahal en mai 2000, il intègre la filière politique et revendique un titre symbolique : celui de premier ancien de l'ALS à accéder à cette fonction.

Une alliance scellée par ses parents

L'annonce, Jonathan Elkhoury l'a faite lui-même sur Facebook. Il y décrit son entrée au ministère comme l'étape la plus évidente de son parcours, le prolongement direct du pacte conclu par ses parents avec l'État d'Israël dans les années 1970 et 1980, au moment de la création de l'ALS au Sud-Liban. Il parle d'une fraternité forgée autour d'un objectif commun de paix et de bon voisinage, qui se concrétise aujourd'hui à travers la génération suivante, la sienne.

Israël est devenu, écrit-il, son foyer officiel et incontestable. Un sentiment d'appartenance qu'il attribue à la société israélienne et surtout à la conviction profonde que son destin et celui de l'État d'Israël ne font qu'un.

L'ALS, une loyauté payée au prix fort

Le symbole est puissant. Pendant un quart de siècle, l'Armée du Liban-Sud a combattu aux côtés d'Israël dans la zone de sécurité du Sud-Liban, face au Hezbollah et aux organisations palestiniennes. Lors du retrait israélien de mai 2000, des milliers de combattants et leurs familles ont dû fuir précipitamment vers Israël pour échapper aux représailles. Considérés comme des traîtres par Beyrouth, beaucoup n'ont jamais pu revenir au Liban.

Pour ces familles, l'intégration a longtemps été un combat. L'entrée d'un des leurs dans le corps diplomatique de l'État juif marque une forme de reconnaissance et d'accomplissement, vingt-six ans après l'exil.

Quinze ans au service de l'image d'Israël

Jonathan Elkhoury n'arrive pas en novice. Il rappelle avoir consacré près de quinze ans à la diplomatie publique sur la scène internationale, à la défense des familles de l'ALS en Israël et, ces dernières années, aux médias. Il dit franchir ce pas avec un véritable sens de la mission et la fierté de représenter son pays de manière officielle.

Moins de 2 % des candidats retenus

La promotion qu'il rejoint est particulièrement sélective. Les 36 cadets ont été choisis parmi quelque 2 000 candidats, soit un taux d'admission inférieur à 2 %. Selon le ministère des Affaires étrangères, elle compte 19 femmes et 17 hommes âgés de 26 à 51 ans.

Les profils sont variés. Certains occupent des postes de haut niveau dans la fonction publique, d'autres viennent du secteur privé, parmi lesquels un architecte, une scripte et une éditrice. La promotion réunit aussi des immigrants, anciens et récents, venus de Russie, d'Éthiopie, d'Angleterre, du Venezuela et du Canada. Pendant six mois, ils suivront une formation complète avant d'être affectés au siège du ministère à Jérusalem et dans les représentations israéliennes à travers le monde.

Gideon Saar : « Il faut raconter notre histoire »

Lors de la cérémonie d'ouverture, le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a fixé le cap. Il a demandé aux cadets de représenter Israël avec un profond sentiment de justice, qu'il a qualifié d'essence même de la mission. Pour lui, on ne peut pas être un bon diplomate sans être un bon porte-parole.

Le ministre a surtout insisté sur l'autre front : Israël ne mène pas seulement une guerre sur le champ de bataille, mais aussi sur le terrain de la conscience, face à des forces considérables. Si Israël ne sait pas raconter son histoire et porter son propre récit, a-t-il averti, personne ne le fera à sa place.

Dans cette bataille du récit, le parcours de Jonathan Elkhoury est déjà un argument : celui d'un Libanais dont la famille a choisi Israël et qui, une génération plus tard, le représente officiellement dans le monde.

Source : Ynet, Itamar Eichner, 3 novembre 2026
https://www.ynet.co.il/news/article/hk1175ouagx

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