L’Australie étudie l’intercepteur israélien Tamir tout en jurant ne pas armer Israël

Actualités, International - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
dome-de-fer-intercepteur-tamir-australie.jpg

Dôme de fer : l’Australie étudie l’intercepteur israélien Tamir tout en jurant ne pas armer Israël

Par Claudine Douillet

L’Australie veut se doter de son premier bouclier antimissile terrestre et regarde du côté du Dôme de fer. Canberra, qui répète ne vendre aucune arme à Israël, a interrogé Washington sur le SkyHunter, la version américaine de l’intercepteur israélien Tamir.

Un appel d’offres pour un système « éprouvé »

Selon le quotidien The Australian, cité par The Jerusalem Post le 29 octobre, le ministère australien de la Défense a lancé à la mi-octobre un appel d’offres pour un système de défense antimissile à moyenne portée. Le cahier des charges est clair : Canberra veut un système déjà éprouvé, disponible sur étagère, sélectionné d’ici la fin 2027. Un tir réel est prévu lors de l’exercice Talisman Sabre d’ici 2029, pour une pleine capacité opérationnelle au milieu des années 2030.

L’urgence est assumée au plus haut niveau. Le ministre australien de la Défense, Richard Marles, qualifie la situation géopolitique actuelle de plus complexe et plus menaçante que le pays ait connue depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le Tamir, sous drapeau américain

D’après la presse australienne, Canberra s’est renseignée auprès de Washington sur le coût et les délais de livraison de la Medium Range Intercept Capability du corps des Marines américains. Ce système repose sur le SkyHunter, version fabriquée aux États-Unis de l’intercepteur Tamir, le missile qui équipe le Dôme de fer développé par l’israélien Rafael. Des lanceurs de Tamir ont d’ailleurs été déployés récemment sur l’île de Guam, lors d’un exercice militaire américain, leur première sortie hors du territoire continental des États-Unis.

L’Australie examine aussi les systèmes américains Patriot et Aegis. Des offres du norvégien Kongsberg et du sud-coréen Hanwha sont attendues.

Le grand écart de Canberra

Le paradoxe est saisissant. L’Australie a été l’un des pays occidentaux les plus critiques de la guerre menée par Israël à Gaza, et ses achats d’équipements militaires israéliens font l’objet d’une surveillance politique constante. Le Premier ministre Anthony Albanese martèle que son pays ne vend pas d’armes à Israël.

Mais lorsqu’il s’agit de protéger ses propres citoyens, le discours change. Le ministre de l’Industrie de défense, Pat Conroy, a déclaré l’an dernier que l’Australie ne s’excusait pas de chercher le meilleur équipement possible pour ses forces armées. Le ministre de l’Environnement, Murray Watt, a défendu jeudi devant une commission parlementaire l’examen de la technologie israélienne, affirmant que le gouvernement cherchera toujours la technologie militaire la plus adaptée.

Quinze ans de combats, une référence mondiale

Conçu à l’origine pour abattre des roquettes de courte portée, le Dôme de fer est devenu en quinze ans un pilier du système de défense multicouche d’Israël. Il opère seul ou en réseau avec Arrow 2 et Arrow 3, qui interceptent les missiles balistiques hors de l’atmosphère, et avec la Fronde de David, chargée des missiles balistiques tactiques, des roquettes et des missiles de croisière tirés entre 40 et 300 kilomètres.

Le système a été engagé dans Bordure protectrice, Gardien des murailles, Aube naissante, Bouclier et Flèche, Glaives de fer, puis dans les opérations Lion qui se lève et Lion rugissant. Chaque conflit a donné lieu à de nouvelles mises à jour : radar capable de suivre davantage de cibles simultanément, algorithmes plus rapides et plus sélectifs, intercepteurs adaptés à des portées plus longues.

Les responsables israéliens n’ont jamais prétendu à l’invulnérabilité. Aucun système ne garantit une protection totale, d’où l’importance maintenue des sirènes et des abris. Mais son taux d’interception élevé a réduit massivement les pertes humaines et les dégâts, et c’est précisément ce label « testé au combat » que Canberra exige aujourd’hui dans son appel d’offres.

Source : The Jerusalem Post, Anna Ahronheim, 29 octobre 2026
https://www.jpost.com/defense-and-tech/article-913191

Nom du fichier photo : dome-de-fer-intercepteur-tamir-australie.jpg
Texte alternatif : Lanceurs d’intercepteurs Tamir du Dôme de fer déployés lors d’un exercice militaire

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi