Royaume-Uni : la fondation d’un ex-Hezbollah veut interroger chaque Israélien à la frontière

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Hind Rajab Foundation : plainte à Londres contre un réserviste de Tsahal, et l’exigence d’interroger tout Israélien entrant au Royaume-Uni

Par Claudine Douillet

La fondation Hind Rajab cible un nouveau soldat israélien à l’étranger. L’organisation basée en Belgique a déposé plainte à Londres contre un réserviste conducteur de bulldozer D9 et réclame désormais que chaque Israélien adulte arrivant au Royaume-Uni soit questionné sur son service militaire.

Un réserviste visé pendant son séjour à Londres

La Hind Rajab Foundation a annoncé lundi 26 octobre avoir saisi les autorités britanniques d’une nouvelle plainte pénale, rapporte The Jerusalem Post. La cible : un Israélien qui séjourne actuellement à Londres et qui, selon la fondation, a servi comme réserviste et conducteur de bulldozer D9 au sein du 603e bataillon du génie de combat de la 7e brigade.

La fondation l’accuse d’implication dans des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et un génocide lors de son service dans la bande de Gaza. Elle exige son arrestation et son interrogatoire immédiats.

Une minoterie au cœur de l’accusation

Le dossier repose principalement sur la démolition, le 25 mai 2025, d’un complexe de production de farine, Great Ocean Mills, situé dans le corridor de Morag entre Khan Younès et Rafah. Selon la fondation, le réserviste aurait lui-même publié sur les réseaux sociaux une vidéo montrant un bulldozer détruire les silos à grains. L’organisation y voit l’usage de la famine comme méthode de guerre.

La plainte affirme également que le 603e bataillon aurait mené plus de 60 démolitions contrôlées dans la bande de Gaza. Elle invoque une photo de novembre 2023 où le soldat poserait avec une pancarte humoristique dans une école de Gaza City, d’autres images de démolitions à Khan Younès et Rafah, ainsi que sa participation ultérieure à des opérations au Liban.

Tsahal justifie de façon constante ses démolitions dans Gaza par la destruction des infrastructures militaires du Hamas, dont le réseau de tunnels creusés sous les bâtiments civils.

Ficher chaque Israélien à la frontière

La responsable juridique de la fondation, Natasha Brack, estime que l’homme ne doit pas être autorisé à quitter le territoire britannique, au motif qu’il pourrait reprendre son service de réserve. Mais l’organisation va beaucoup plus loin : elle demande que tout Israélien adulte entrant au Royaume-Uni soit interrogé sur son service dans Tsahal, en particulier à Gaza et au Liban.

Une telle mesure reviendrait à soumettre l’ensemble d’une nationalité à un contrôle fondé sur le service militaire obligatoire, auquel la quasi-totalité des citoyens israéliens est astreinte.

Des plaintes qui n’aboutissent pas toujours

À ce stade, rien n’indique que les autorités britanniques aient ouvert une enquête. Le dépôt d’une plainte ne signifie ni l’ouverture d’une procédure pénale ni la validation des accusations. En septembre dernier, une plainte similaire de la fondation contre un réserviste israélien a été rejetée en Grèce, la justice ayant estimé n’avoir aucune base légale pour juger des faits commis hors de son territoire. La fondation a fait appel.

Un fondateur passé par le Hezbollah

La Hind Rajab Foundation porte le nom d’une fillette palestinienne de six ans tuée à Gaza. Elle est dirigée depuis Bruxelles par Diab Abu Jahjah, originaire du Sud-Liban et installé en Belgique, connu pour son activisme anti-israélien et ses liens passés avec le Hezbollah. Dans un ancien entretien au New York Times, il avait déclaré avoir suivi un entraînement militaire au sein de la milice chiite et s’en être dit fier.

Abu Jahjah est lui-même interdit d’entrée au Royaume-Uni depuis une décision des autorités britanniques dans les années 2000, et son nom a été associé à la liste américaine d’interdiction de vol. Depuis plusieurs années, sa fondation traque les soldats israéliens en voyage à l’étranger pour déposer plainte contre eux.

Source : The Jerusalem Post, Yoav Etiel, 31 octobre 2026
https://www.jpost.com/diaspora/article-913371

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