La fille de Jesse Jackson, accusé d'antisémitisme, se convertit au judaïsme devient Myriam Yiskah

Actualités, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
ashley-jackson-fille-jesse-jackson-conversion-judaisme.jpg

Ashley Jackson, fille de Jesse Jackson accusé d'antisémitisme, s'est convertie au judaïsme. Devenue Myriam Yiskah, elle veut rapprocher Noirs et Juifs.

Jesse Jackson : sa fille Ashley se convertit au judaïsme et devient Myriam Yiskah

Par Claudine Douillet

La fille de Jesse Jackson, figure des droits civiques longtemps accusée d'antisémitisme, est désormais juive. Ashley Jackson a achevé sa conversion et porte le nom hébraïque de Myriam Yiskah. Dans une tribune publiée par le Washington Post, elle explique avoir trouvé dans le judaïsme la traduction de sa foi et se donne une mission : réconcilier Noirs et Juifs américains.

Un parcours qui bouscule un héritage

Ashley Jackson est écrivaine, actrice, productrice et fondatrice de l'organisation Push The Next Generation. Son père, le pasteur baptiste Jesse Jackson, est mort plus tôt cette année à 84 ans. Icône de la lutte pour l'égalité raciale aux États-Unis, il laisse aussi derrière lui un passif lourd envers Israël et les Juifs. C'est précisément ce contraste qui donne à la conversion de sa fille une portée qui dépasse largement le cadre familial.

Dans sa tribune, Ashley Jackson raconte une scène intime. Deux ans avant sa mort, Jesse Jackson est venu dans sa synagogue, à l'occasion d'une bar-mitsvah. Pour beaucoup de membres de la communauté, ce fut le jour où ils découvrirent qui était son père. Lui s'est assis au premier rang, a tenu la main de sa fille, a dansé sur des prières dans une langue qu'il ne parlait pas et a ramassé les bonbons lancés en l'honneur du jeune garçon.

Le chofar de Roch Hachana, un déclic

Ashley Jackson explique avoir été élevée dans l'idée que la foi doit mener à l'action. Elle dit avoir trouvé dans le judaïsme l'expression durable de cette conviction : des rites anciens, une exigence d'étude des textes et l'appel au Tikoun Olam, la réparation du monde.

Le moment décisif est survenu lors de son premier Roch Hachana. Au son du chofar, elle raconte avoir été touchée au plus profond d'elle-même, au point de fondre en larmes. Elle décrit aujourd'hui son identité de femme noire et juive comme « un double héritage, fait de chagrin et d'émerveillement ».

Jesse Jackson, Arafat et Begin

Le parcours de la fille éclaire, par contraste, celui du père. Jesse Jackson s'était fortement engagé sur le conflit israélo-palestinien. Partisan déclaré d'un État palestinien, il a rencontré Yasser Arafat à plusieurs reprises. En 1979, lors d'une tournée au Moyen-Orient, il avait qualifié de « terroriste » le Premier ministre israélien de l'époque, Menahem Begin. En 2024 encore, il s'était présenté devant le conseil municipal de Chicago pour réclamer un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas.

L'affaire « Hymietown » qui a freiné sa campagne de 1984

Orateur charismatique, Jesse Jackson a brigué à deux reprises l'investiture démocrate pour la présidentielle. En 1984, il obtient 3,3 millions de voix aux primaires, soit 18 % des suffrages, et termine troisième. Sa campagne perd pourtant son élan après la révélation d'une conversation privée dans laquelle il désignait les Juifs par le terme injurieux de « Hymies » et surnommait New York « Hymietown ». Les accusations d'antisémitisme ne l'ont plus quitté.

Quatre ans plus tard, en 1988, il fait nettement mieux avec 6,8 millions de voix, soit 29 %, et se classe deuxième. Il ne deviendra jamais le candidat du parti. En 2008, il est apparu en larmes lors de la victoire de Barack Obama, premier président afro-américain de l'histoire des États-Unis.

Noirs et Juifs américains, une alliance brisée depuis le 7 octobre

Pour Ynet, cette conversion intervient à un moment sensible. Depuis le 7 octobre 2023, une fracture profonde s'est ouverte entre une partie des communautés noire et juive aux États-Unis. Le quotidien israélien rappelle pourtant que les deux minorités ont longtemps combattu côte à côte. En 1964, deux jeunes Juifs, Michael Schwerner et Andrew Goodman, ont été assassinés dans le Mississippi alors qu'ils militaient contre la ségrégation. Martin Luther King et Rosa Parks se sont, eux, élevés à de nombreuses reprises contre l'antisémitisme et ont soutenu la création de l'État d'Israël.

Ashley Jackson fait le même constat. Selon elle, le lien entre Afro-Américains et Juifs américains est né dans le combat pour les droits civiques, et cette histoire commune est aujourd'hui attaquée. Dans certains milieux, dénoncer l'antisémitisme est perçu comme une manière de détourner l'attention du racisme anti-Noirs. Dans d'autres, parler du racisme envers les Noirs est vécu comme une menace pour l'identité juive.

Une passerelle entre deux communautés

La nouvelle Myriam Yiskah rappelle qu'environ 1 % des Juifs américains se définissent comme noirs. Leur expérience, et désormais la sienne, prouve à ses yeux que cette défiance peut être surmontée. Elle affirme en avoir fait sa mission.

Le symbole est fort. La fille de l'homme qui traitait Begin de terroriste et parlait de « Hymietown » se tient aujourd'hui dans une synagogue, émue aux larmes par le chofar. Reste à savoir si sa voix portera au-delà du geste personnel, dans une Amérique où l'antisémitisme progresse et où les anciennes alliances se défont.

Source : Ynet, https://www.ynet.co.il/judaism/article/bkuc7rmafl

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi