La révélation d'Avinatan Or ex-otage du Hamas :« Ainsi on élève une génération de meurtriers »

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La révélation d'Avinatan Or ex-otage du Hamas :« Ainsi on élève une génération de meurtriers »

Un enfant de trois ans, soulevé à hauteur du visage d'un otage ensanglanté, sommé de lui cracher dessus sous les applaudissements de la foule. Le général Dado Bar Kalifa, chef de la direction du personnel de Tsahal, a livré mardi soir dans le Néguev ce récit confié par Avinatan Or, enlevé au festival Nova et libéré après plus de 700 jours de captivité à Gaza.

Par Claudine Douillet I 14 octobre 2026

Ils étaient plusieurs milliers de soldats réunis mardi soir dans le Néguev, sous l'égide du Commandement Sud, pour une soirée consacrée à l'héritage des combats et à la mémoire des soldats tombés. À la tribune, le général Dado Bar Kalifa, chef de la direction du personnel de Tsahal. Le 7 octobre 2023, il commandait la 36e division et a combattu ce jour-là aux abords de la bande de Gaza. Son discours, rapporté par le journaliste militaire Amir Bohbot sur le site israélien Walla, a frappé l'assistance par un récit d'une brutalité rare, celui de l'otage Avinatan Or.

Une soirée de mémoire face aux soldats du Sud

Le général a d'abord dit l'importance qu'il accordait à cette prise de parole devant les combattants, les commandants, les soldates et les soldats du Sud. Il a confié sa crainte de voir la mémoire du 7 octobre s'émousser avec le temps. Israël, a‑t‑il reconnu, est un peuple complexe, un peuple qui n'est pas simple, mais un peuple de héros. Pour lui, le 7 octobre n'est pas une date de plus dans le calendrier : c'est un long voyage entre l'effondrement et l'espoir, entre la défaite et le relèvement.

Autour de lui sur scène se tenaient des témoins de ce jour. Avinatan Or, revenu de la captivité du Hamas après plus de 700 jours. Roï Binyamin Rocco, commandant de compagnie qui s'est précipité de chez lui vers les combats. Mazi Ilon, veuve d'un responsable de la sécurité d'une localité tombé en héros. Et le rabbin Shmouel Slotki, dont les deux fils ont couru au contact de l'ennemi le 7 octobre et se sont battus jusqu'à leur dernière goutte de sang.

Frappé, ensanglanté, emmené vivant à Gaza

C'est de cette rencontre que le général a tiré ce qu'il a appelé une petite histoire, apprise de la bouche d'Avinatan Or. Le 7 octobre, au festival Nova près de Réïm, le jeune homme est capturé avec sa compagne Noa Argamani, dont les images de l'enlèvement à moto ont fait le tour du monde. Avant qu'elle ne soit emmenée, les terroristes le frappent à la tête à coups de matraque et de pierres.

Le général a décrit la scène telle qu'Or la lui a racontée : le jeune homme ruisselant de sang, son maillot imbibé, le sang coagulé mêlé à la boue sur son visage. Il est conduit dans la bande de Gaza où il ne reste que quelques minutes à l'air libre avant de descendre pour deux ans dans l'obscurité des tunnels.

« Crache encore » : la scène racontée par l'otage

Durant ces quelques minutes, Avinatan Or est persuadé qu'il va être lynché par la foule. Lorsqu'un terroriste s'approche armé d'un grand couteau de cuisine, il croit que son heure est venue. Mais l'homme soulève un enfant de trois ans par la taille, l'amène à hauteur du visage de l'otage et lui ordonne de cracher sur lui.

L'enfant crache, trop faiblement au goût de ceux qui l'entourent. On lui demande de recommencer. Le petit crache à nouveau, cette fois avec ardeur. La foule applaudit et le félicite : « bon garçon, bon garçon ».

« Ainsi on élève une génération de meurtriers »

Pour le général Bar Kalifa, cette scène répond à une question qu'il a posée aux soldats : où commence la différence entre Israël et ceux qui, de l'autre côté de la clôture, sont venus tuer le 7 octobre ? Sa réponse : probablement à l'école maternelle. « Voilà les gens que nous avons combattus », a‑t‑il conclu, ajoutant qu'Israël ne reculerait pas avant d'en avoir fini avec eux. « C'est ainsi qu'on éduque et qu'on élève une génération de meurtriers. »

Avinatan Or, l'un des derniers otages libérés vivants

Noa Argamani a été libérée en juin 2024 lors d'une opération des forces spéciales israéliennes à Nousseirat. Avinatan Or, lui, est resté détenu jusqu'au 13 octobre 2025, date de la libération des vingt derniers otages vivants dans le cadre de l'accord de cessez‑le‑feu. Son retour dans sa famille à Shilo avait été l'un des moments les plus attendus de ces deux années de guerre.

Que ce témoignage soit porté publiquement par le chef de la direction du personnel de Tsahal, devant des milliers de jeunes soldats, n'a rien d'anodin. Trois ans après le massacre, l'armée israélienne entend inscrire le 7 octobre dans la transmission entre générations de combattants. Et le récit d'Avinatan Or pose, au‑delà de la souffrance d'un otage, une question qui dépasse le champ militaire : celle de l'endoctrinement des enfants à Gaza, désignés dès le plus jeune âge pour participer à la haine.

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