Le panneau au nom du chef terroriste Yasser Arafat arraché d’un arrêt de bus arabe en Israël

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Le panneau au nom du chef terroriste Yasser Arafat arraché d’un arrêt de bus arabe en Israël

Le nom de Yasser Arafat a disparu de l'arrêt de bus de Jat. Trois semaines après la révélation de Channel 14, les panneaux qui honoraient le fondateur du Fatah dans cette localité arabe du Sharon ont été retirés. Le député Yitzhak Kroizer, président de la commission de l'Intérieur de la Knesset, s'est rendu sur place ce mercredi 14 octobre pour le constater.

Par Claudine Douillet I 14 octobre

Une révélation de Channel 14 à l'origine de l'affaire

Tout est parti d'un reportage diffusé le 24 septembre 2026 dans l'émission de la mi-journée de Channel 14. La chaîne israélienne y révélait qu'un arrêt de bus, installé au cœur du conseil local de Jat, dans le Sharon, avait été aménagé en hommage à Yasser Arafat. Le nom de l'ancien chef de l'OLP figurait en toutes lettres sur la signalétique, à la vue des usagers et des automobilistes.

La découverte a immédiatement provoqué une vague d'indignation en Israël. Selon Channel 14, cet hommage contrevenait non seulement aux registres officiels de la localité, mais aussi à une directive explicite de l'État datant de 2017, qui interdit de commémorer Yasser Arafat dans l'espace public israélien.

L'ultimatum du président de la commission de l'Intérieur

Dès la publication de l'information, le député Yitzhak Kroizer, élu du parti Otzma Yehudit et président de la commission de l'Intérieur et de la Protection de l'environnement de la Knesset, s'est saisi du dossier. Il a adressé un ultimatum aux autorités locales et s'est engagé publiquement à obtenir le retrait des panneaux sans aucun compromis.

Le délai accordé expiré, l'élu a effectué ce mercredi matin une visite de contrôle sur le terrain. Il a pu vérifier que les panneaux litigieux avaient bien été démontés et que toute référence au dirigeant palestinien avait été effacée de l'arrêt de bus.

« Aucun recoin de l'État d'Israël »

Sur place, Yitzhak Kroizer a tenu à fixer une ligne claire. « Nous ne permettrons la commémoration de terroristes et de meurtriers de masse dans aucun recoin de l'État d'Israël », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés par Channel 14. Pour la chaîne, le retrait du panneau referme une affaire qui avait suscité une colère profonde dans l'opinion israélienne.

Pourquoi le nom d'Arafat reste inacceptable en Israël

Pour comprendre la portée de cette affaire, il faut rappeler ce que représente Yasser Arafat aux yeux des Israéliens. Fondateur du Fatah, chef de l'Organisation de libération de la Palestine pendant plus de trois décennies, il a dirigé un mouvement responsable de nombreux attentats contre des civils israéliens, dont le massacre de la route côtière en 1978, qui avait coûté la vie à plus de trente personnes, parmi lesquelles des enfants.

Le prix Nobel de la paix qu'il a partagé en 1994 avec Yitzhak Rabin et Shimon Peres, après les accords d'Oslo, n'a pas effacé cette mémoire. La seconde Intifada, déclenchée en 2000 alors qu'il présidait l'Autorité palestinienne, a fait plus d'un millier de morts côté israélien, victimes d'attentats-suicides dans des bus, des restaurants et des centres commerciaux. Le symbole d'un arrêt de bus portant son nom avait donc, pour beaucoup de familles endeuillées, quelque chose de profondément blessant.

Yasser Arafat est mort en novembre 2004 à l'hôpital militaire Percy de Clamart, en région parisienne. Vingt-deux ans plus tard, son héritage continue de diviser, et la question de sa commémoration reste explosive des deux côtés de la Ligne verte.

L'espace public, terrain sensible pour les localités arabes d'Israël

L'affaire de Jat illustre un débat récurrent en Israël sur la mémoire et l'espace public. Les citoyens arabes représentent environ un cinquième de la population du pays, et leurs municipalités gèrent elles-mêmes une grande partie de la toponymie locale. Mais les règles nationales encadrent strictement les hommages rendus à des figures liées au terrorisme, et l'État entend les faire respecter partout sur son territoire.

L'intervention rapide d'une commission parlementaire montre que ce sujet dépasse le cadre municipal. En exigeant le retrait des panneaux et en se déplaçant personnellement pour s'en assurer, Yitzhak Kroizer a voulu faire de Jat un précédent : aucune collectivité locale ne pourra, selon lui, contourner la directive de 2017.

Un signal adressé aux victimes du terrorisme

Au-delà de la polémique politique, l'épisode touche directement les familles des victimes d'attentats, pour qui chaque hommage public rendu à un responsable de violences contre des civils est vécu comme une offense. Le retrait du panneau de Jat est perçu par une large partie de l'opinion israélienne comme un geste de respect envers leur mémoire.

L'affaire rappelle aussi le rôle que peut jouer la presse dans ce type de dossier. Sans la révélation de Channel 14, l'arrêt de bus aurait pu continuer à porter le nom de Yasser Arafat, en violation d'une règle pourtant en vigueur depuis près de dix ans.

Source : Channel 14 (C14), 14 octobre 2026.

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