Des centaines de millions pour les ultra-orthodoxes et la Judée-Samarie

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Des centaines de millions pour les ultra-orthodoxes et la Judée-Samarie

 

Des centaines de millions pour les ultra-orthodoxes et la Judée-Samarie : la coalition continue de se servir pendant la trêve parlementaire

Alors que la Knesset est en vacances, la commission des Finances se réunit ce mercredi en session spéciale pour valider une avalanche de transferts budgétaires vers les institutions ultra-orthodoxes et le développement de la Judée-Samarie. L'opposition dénonce un détournement de fonds publics à des fins électorales et saisit la conseillère juridique du gouvernement.

Une session de trêve, mais pas de pause pour les fonds coalitionnaires

La Knesset est officiellement en récès, mais l'appareil budgétaire, lui, ne s'arrête jamais. Le ministère des Finances a annoncé une nouvelle série de transferts financiers qui seront soumis, dès mercredi, à une session spéciale de la commission des Finances convoquée en pleine pause parlementaire. Selon les documents publiés par le ministère, un montant supplémentaire de 16,5 millions de shekels sera débloqué au titre des fonds coalitionnaires en faveur de « l'école des grandes vacances », un dispositif destiné aux établissements exemptés fréquentés par les élèves ultra-orthodoxes. Ce n'est qu'un chapitre d'un paquet budgétaire bien plus vaste, où se mêlent éducation religieuse, implantation en Judée-Samarie et défense, et qui suscite déjà une résistance frontale des élus de l'opposition.

L'opposition monte au front contre les 117 millions destinés à l'implantation en Judée-Samarie

Les députés Vladimir Beliak et Naor Shiri, tous deux issus des rangs de l'opposition, ont saisi directement la conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav-Miara, ainsi que les conseillers juridiques du ministère des Finances et de la commission des Finances elle-même. Leur demande est claire : bloquer un transfert particulièrement lourd, 117 millions de shekels, destiné au ministère de l'Implantation et des Missions nationales. Les deux élus invoquent un risque de « détournement politique des fonds en pleine période électorale ».

Beliak n'a pas mâché ses mots. Il qualifie ce transfert de « nouvelle tentative de pillage des deniers publics à des fins politiques sectorielles, en contradiction avec l'intérêt général ». Il rappelle un point institutionnel capital : ce virement interviendrait alors que le pays est dirigé par un gouvernement de transition, en pleine séquence électorale, un contexte dans lequel les arbitrages budgétaires engageant l'avenir sont censés être gelés ou, à tout le moins, examinés avec une prudence renforcée. L'élu exige donc que la conseillère juridique du gouvernement et celle du ministère des Finances procèdent à un examen approfondi de tous les transferts budgétaires à caractère politique avant qu'ils ne soient soumis au vote de la commission.

Archéologie, patrimoine et défense : le reste du paquet budgétaire

Au-delà de la ligne de front électorale que constituent les 117 millions destinés à l'implantation en Judée-Samarie, la commission doit également approuver 32,5 millions de shekels fléchés vers des projets d'archéologie dans la région, ainsi que 75 millions de shekels pour le ministère du Patrimoine, dont 11,5 millions sous forme d'autorisation d'engagement. La défense n'est pas en reste : la commission sera appelée à valider un transfert supplémentaire d'un milliard de shekels au ministère de la Défense, une enveloppe qui couvre notamment les dépenses liées à l'opération « Rugissement du Lion », le renforcement des composantes de sécurité et de défense territoriale, ainsi que le financement du jugement des terroristes de la Nukhba.

Un maquis de subventions au monde ultra-orthodoxe

C'est cependant le volet consacré au monde ultra-orthodoxe qui concentre le plus grand nombre de lignes budgétaires distinctes, révélant l'ampleur du système de financement communautaire adossé aux accords de coalition. Un programme de prévention du décrochage dans les yeshivot doit ainsi recevoir 26,2 millions de shekels, tandis que le dispositif de service national dans le système éducatif se voit attribuer 71,8 millions de shekels. La subvention des programmes périscolaires, les fameux tsaharonim, dans les établissements reconnus et exemptés du monde harédi progresse elle aussi, avec une enveloppe de 16,2 millions de shekels.

L'administration de l'éducation religieuse recevra pour sa part 30,4 millions de shekels, et un budget spécifique de 12,5 millions de shekels est réservé à la culture juive ultra-orthodoxe. Le soutien aux yeshivot hesder, ces établissements qui combinent études talmudiques et service militaire, s'élève à 8,7 millions de shekels, un montant présenté comme un encouragement à l'enrôlement dans une communauté où la question du service militaire reste hautement sensible. Les institutions toraniques, elles, bénéficient d'un élargissement de leur soutien à hauteur de 4,3 millions de shekels, complété par une enveloppe additionnelle de 15,2 millions de shekels spécifiquement destinée aux institutions toraniques de la région de Tekouma. Enfin, les organismes de coordination et de liaison toraniques recevront 3,9 millions de shekels.

Une bataille juridique et politique qui dépasse les chiffres

Le montant cumulé de ces transferts, plusieurs centaines de millions de shekels rien que pour le volet civil, sans compter le milliard supplémentaire fléché vers la défense, illustre la mécanique bien rodée des fonds coalitionnaires israéliens, ces enveloppes négociées entre partis de la coalition en échange de leur soutien parlementaire. Mais le calendrier choisi, en pleine trêve de la Knesset et à l'approche d'échéances électorales, transforme une procédure budgétaire habituellement technique en un enjeu politique de premier plan.

En interpellant directement la conseillère juridique du gouvernement, l'opposition cherche à faire reconnaître que certains de ces transferts pourraient constituer un usage abusif des prérogatives d'un gouvernement de transition, une catégorie juridique censée limiter les décisions structurantes prises par un exécutif en fin de mandat. R

este à savoir si la commission des Finances, présidée par le député Hanoch Milwidsky, procédera néanmoins au vote prévu mercredi, ou si la pression juridique de l'opposition parviendra à geler, au moins temporairement, les lignes les plus contestées, à commencer par les 117 millions de shekels destinés à l'implantation en Judée-Samarie.

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