Escalade Iran-USA : l'Iran met en garde la Bulgarie contre toute participation aux frappes

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Escalade Iran-USA : l'Iran met en garde la Bulgarie contre toute participation aux frappes

 

L'Iran a lancé mardi une mise en garde inédite à la Bulgarie, l'avertissant qu'accepter le stationnement d'avions militaires américains sur son sol la transformerait en complice d'un "crime d'agression". La menace intervient alors que Washington vient de mener sa onzième vague de frappes contre le territoire iranien, et que Donald Trump promet d'aller plus loin en visant des cibles nucléaires stratégiques.

Onzième nuit de frappes américaines et menace de Trump

L'armée américaine a achevé dans la nuit de mardi à mercredi une onzième vague de frappes contre l'Iran dans le cadre de l'escalade militaire en cours, et la région reste en état d'alerte face à un possible élargissement du conflit. La veille au soir, Donald Trump avait averti qu'il pourrait durcir encore l'offensive et frapper des installations nucléaires stratégiques iraniennes. Selon une information rapportée par Bloomberg, le Royaume-Uni a autorisé les forces américaines à utiliser ses bases pour mener des opérations contre l'Iran, un signal supplémentaire de l'implication croissante des alliés occidentaux dans cette confrontation.

Téhéran cible directement la Bulgarie

C'est dans ce contexte tendu que Téhéran a choisi de s'en prendre publiquement à un pays européen jusqu'ici resté en marge du conflit. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a averti la Bulgarie, par l'intermédiaire de l'agence de presse officielle IRNA, de ne pas autoriser les États-Unis à utiliser son territoire pour des opérations militaires contre l'Iran. Cette sortie diplomatique, rare envers un État membre de l'Union européenne, vise un pays qui partage, comme l'Iran, une frontière avec la Turquie et qui reste une destination touristique appréciée d'une partie non négligeable des voyageurs israéliens.

L'avertissement fait suite à des informations selon lesquelles le gouvernement bulgare examinerait une demande américaine visant à déployer des avions militaires sur la base aérienne de Bezmer, dans le but de soutenir les opérations menées contre l'Iran.

"Complice du crime d'agression", l'accusation iranienne

"Toute participation ou coopération à la préparation ou à l'exécution de ces attaques illégales sera considérée comme une complicité dans le crime d'agression et dans des crimes de guerre", a déclaré Baghaei. Le porte-parole a affirmé que la Bulgarie était consciente que les frappes militaires américaines contre l'Iran, qu'il a qualifiées de "prolongement de l'agression militaire américano-israélienne entamée le 28 février", constituent "un acte d'agression flagrant" et une violation grave de la Charte des Nations unies et du droit international.

Le président bulgare pris à partie

Baghaei a également affirmé avoir été surpris par des propos attribués au président bulgare Roumen Radev concernant l'examen positif de la demande américaine. Selon lui, le seul fait d'envisager une telle assistance est incompatible avec les obligations juridiques internationales de la Bulgarie et avec le principe du respect de la souveraineté nationale.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères s'est appuyé sur la résolution 3314 de l'Assemblée générale des Nations unies, qui définit la notion d'agression. Il a rappelé que le fait de mettre le territoire d'un État à la disposition d'un autre État pour qu'il commette un acte d'agression contre un État tiers constitue en soi un acte d'agression, au sens de ce texte onusien.

Un appel direct au Parlement bulgare

Baghaei a appelé le Parlement bulgare à ne pas approuver l'utilisation du territoire national ou des installations militaires du pays par les forces américaines. Il a averti qu'une telle autorisation ferait de la Bulgarie "une complice des agresseurs et des criminels". Le responsable iranien a ajouté que Téhéran n'hésiterait pas à défendre ses intérêts nationaux et sa sécurité, et que tout acteur participant à une agression militaire contre l'Iran "devra assumer la responsabilité des conséquences".

Une escalade qui déborde désormais le théâtre du Moyen-Orient

Cette sortie iranienne marque un tournant dans la communication de Téhéran depuis le début de l'escalade actuelle. Jusqu'ici concentrées sur les États-Unis et Israël, les mises en garde iraniennes s'étendent désormais explicitement à des pays tiers, européens de surcroît, susceptibles de faciliter logistiquement les opérations américaines. En ciblant la Bulgarie, membre de l'OTAN et de l'Union européenne, l'Iran semble vouloir dissuader d'autres capitales européennes de suivre un chemin similaire, alors que le conflit avec Washington entre dans sa phase la plus intense depuis son déclenchement fin février.

La proximité géographique entre la Bulgarie et l'Iran, les deux pays partageant une frontière avec la Turquie, ajoute une dimension stratégique à cet avertissement : un déploiement américain sur la base de Bezmer rapprocherait sensiblement les capacités aériennes de Washington du territoire iranien, un facteur que Téhéran ne pouvait visiblement pas ignorer.

Reste à savoir si Sofia, sous la pression conjuguée de Washington et de Téhéran, tranchera en faveur d'une alliance atlantique déjà bien établie, ou choisira la prudence face à des menaces iraniennes désormais formulées sans détour.

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