Combien faut-il vraiment épargner pour vieillir dignement en Israël ?

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Combien faut-il vraiment épargner pour vieillir dignement en Israël ?

 

Combien faut-il vraiment épargner pour vieillir dignement en Israël ?

« Je travaille parce que je suis contraint de travailler. Si j'avais le choix, je profiterais de ces années. » Yaïr Kaplan, 70 ans, veuf et conseiller fiscal à Herzliya, résume le sort de centaines de milliers de retraités israéliens obligés de continuer à travailler faute de revenus suffisants.

Une réforme arrivée trop tard

Le décret sur la retraite obligatoire n'est entré en vigueur qu'en janvier 2008, concernant alors un million de salariés jusque-là privés de toute pension. Les personnes aujourd'hui âgées de 67 ans et plus ont donc accumulé des décennies de travail sans cotisation retraite. Le système reposant sur l'épargne cumulée, ceux qui ont connu de faibles revenus, du chômage, ou n'ont pas cotisé avant 2008 arrivent à la retraite avec une épargne maigre, voire inexistante.

S'y ajoute l'allocation vieillesse de l'Assurance nationale, versée dès l'âge légal selon les revenus, ou sans condition dès 70 ans. En 2026, son montant minimal est de 1 838 shekels à partir de 70 ans, et grimpe à 1 941 shekels à partir de 80 ans.

« Je ne veux pas que mes enfants soient obligé de m'aider »

Rona Hadida, 74 ans, vit à Hadera avec son mari de 76 ans, invalide à 100 %.
Bibliothécaire à l'institut Ruppin jusqu'à ses 67 ans, elle perçoit aujourd'hui environ 5 000 shekels de pension, 4 000 shekels de l'Assurance nationale, et son mari 3 500 shekels. Un total qui reste insuffisant : « Rien que les médicaments et les dépenses courantes se chiffrent en milliers de shekels. »
Elle a donc repris un mi-temps en bibliothèque pour 3 500 shekels supplémentaires. « Nous n'avons aucune épargne. J'ai peur du jour où je ne pourrai plus travailler. Je ne veux pas que mes enfants doivent m'aider, c'est censé être l'inverse. »
Le couple, refusé par les banques pour un crédit immobilier à cause du handicap du mari, n'a jamais pu acheter son logement et verse encore 5 000 shekels de loyer chaque mois.

Combien faut-il vraiment épargner ?

« Il n'existe pas de chiffre unique », explique Avi Gassner, spécialiste en planification de la retraite. La règle empirique du secteur financier fixe le besoin à 60-70 % du dernier salaire pour maintenir son niveau de vie. « Certaines dépenses diminuent à la retraite, d'autres augmentent avec l'âge, comme la santé. L'Assurance nationale seule ne suffit pas à garantir une vie correcte. » Il recommande de mettre de côté 20 % du salaire net dès le début de la carrière, sans y toucher, en plus des cotisations obligatoires, ainsi qu'une assurance santé privée couvrant les médicaments. « Il faut profiter de la vieillesse au lieu de se réveiller chaque matin rongé par les soucis financiers. »

« Je ramasse des bouteilles pour elle »

Goldie Roth Saban, 69 ans, divorcée et locataire à Ramat Gan, n'a jamais eu d'emploi stable. Elle perçoit 2 500 shekels de l'Assurance nationale et loue un appartement à Beer-Sheva 2 500 shekels par mois, mais dépense la même somme pour se loger près de ses enfants. Un poste de responsable de bureau lui rapporte 5 000 shekels supplémentaires. « Je m'en sors avec 10 000 shekels mensuels, mais l'avenir m'inquiète. Il m'arrive de fondre en larmes en apercevant une femme âgée qui ramasse des bouteilles pour quelques shekels. Je le fais pour elle, et je me demande si je finirai comme ça. »

Une réforme réclamée

Pour Yekutiel Machshi, de l'association 121, l'État doit instaurer une allocation vieillesse différenciée, relevée pour ceux dont la pension est inférieure à 5 700 shekels, et l'indexer sur le salaire moyen. « Près de la moitié des retraités israéliens n'ont aucune pension ou une pension extrêmement faible. L'objectif est de transformer la décision de continuer à travailler en un vrai choix, et non plus en une contrainte. »

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