Cachemire 1991 : comment six Israéliens ont terrassé leurs ravisseurs islamistes à mains nues

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Cachemire 1991 : Comment 6 jeunes israéliens ont combattu à mains nues leurs ravisseurs armés

Le voyage de tous les dangers : quand des routards israéliens ont maté leurs ravisseurs à mains nues

Le 26 juin 1991, sur les eaux calmes du Cachemire, dans le nord de l'Inde, huit touristes profitent d'une soirée paisible à bord de péniches-hôtels amarrées sur un lac.
Parmi eux, sept jeunes Israéliens fraîchement libérés de l'armée et une jeune femme, en plein tour du monde d'après-service militaire, ce rite de passage classique pour tant d'anciens soldats. La région traverse des mois de tension extrême, les affrontements entre groupes islamistes locaux et l'armée indienne s'intensifient, mais les voyageurs étrangers se croient à l'abri de ce conflit qui ne les concerne pas. Cette certitude va voler en éclats en quelques minutes à peine.

Une soirée qui bascule dans l'horreur

Une dizaine d'hommes armés de kalachnikovs font irruption sur les embarcations flottantes. En quelques instants, ils rassemblent huit otages, sept Israéliens (six hommes et une femme) et une touriste néerlandaise, et les font descendre dans de petites barques qui attendent déjà sur la rive. Direction une ville voisine, bastion connu des rebelles les plus radicaux, une zone où l'armée indienne elle-même n'ose pas s'aventurer.

À l'arrivée, les ravisseurs relâchent les deux femmes du groupe. Alex Kotler, l'Israélienne, et la touriste hollandaise se retrouvent ainsi séparées des hommes, perdues au cœur d'une ville hostile, mais vivantes.
Pour les six autres, Yaïr Frisch, Eli Mamane, Erez Kahana, Hagaï Kaspi, Yaïr Yitzhaki et Kobi Shemesh, le sort promet d'être tout autre. Alignés face à leurs geôliers, ils doivent répondre à une question aussi simple que terrifiante : "Es-tu juif ?"

Une question de vie ou de mort

Les ravisseurs évoquent alors la possibilité d'épargner leurs prisonniers s'ils acceptent de se convertir à l'islam. Mais rien n'indique qu'ils aient un plan clair, ni qu'une demande de rançon ou une quelconque négociation soit à l'ordre du jour. En quelques minutes à peine, l'exécution semble inévitable.

Il faut le rappeler : ces six Israéliens, pieds nus, mains liées, terrifiés, sont en réalité d'anciens combattants. Deux parachutistes, un blindé, un Golani et deux anciens de l'armée de l'air. Erez Kahana, 22 ans, originaire de Ramat Efal, commence alors, dans des chuchotements à peine audibles, à échafauder un plan de révolte. Il remarque que certains d'entre eux sont parvenus à desserrer leurs liens aux poignets, tout en gardant les mains croisées dans le dos pour ne rien laisser paraître.

"Maintenant !" : l'assaut désespéré

Alors que les ravisseurs commencent à perdre patience devant ces prisonniers qui échangent des messes basses dans une langue étrangère, Erez Kahana lance le signal convenu à ses compagnons : "Maintenant !" Ensemble, les six hommes se jettent sur leurs geôliers armés. À coups de poing, à coups de pied, à mains nues, ils se ruent sur les combattants et transforment la pièce close en un chaos de cris et de violence. Très vite, une kalachnikov change de mains et tombe du côté israélien. Quand la fumée se dissipe, trois ravisseurs sont morts, les autres ont pris la fuite. Mais Erez Kahana, lui, a été tué pendant l'assaut.

Quatre des cinq survivants sont également blessés, à des degrés divers, par des balles ou des éclats. Ensanglantés et bouleversés, ils se retrouvent livrés à eux-mêmes dans les rues d'une ville qui leur est totalement hostile. C'est seulement à ce moment qu'ils réalisent l'absence de Yaïr Yitzhaki, qui, après l'assaut, s'est enfui vers une destination inconnue.

Une cavale à travers une ville ennemie

Faisant preuve d'un sang-froid impressionnant, les quatre survivants trouvent refuge dans une maison locale. De là, ils parviennent à établir un contact avec les forces de sécurité indiennes, qui réussissent à les localiser et à les évacuer vers un hôpital militaire voisin. Peu après, on découvre que Yaïr Yitzhaki, durant sa fuite, est tombé entre les mains d'un autre groupe clandestin musulman de la région. Lui aussi a désormais besoin d'être secouru.

La diplomatie entre en scène

Les jours suivants sont marqués par une intense activité diplomatique. Les pressions israéliennes et américaines sur les autorités du sous-continent indien, combinées à la crainte des autorités locales de voir Israël tenter une opération de sauvetage risquée sur le sol indien, aboutissent finalement à la libération des cinq otages restants, détenus dans deux lieux distincts.

Le retour des héros

Les cinq Israéliens rentrent au pays en héros. Le ministre des Affaires étrangères de l'époque, David Levy, ainsi que son adjoint Benyamin Netanyahou, prononcent des discours empreints d'émotion. Dans le même temps, les cinq rescapés assistent aux funérailles de leur compagnon d'armes tombé au combat, Erez Kahana, dont le courage et le sang-froid ont permis à ses camarades de survivre à cette nuit d'horreur.

Trente-cinq ans après, un récit toujours vertigineux

Trois décennies et demie plus tard, cette histoire continue de fasciner. Le podcast "Itonut Hoferet" (littéralement "journalisme fouilleur"), animé par Oded Kramer et Itzik Shashu, revient sur cet épisode qui avait bouleversé Israël à l'été 1991. Un récit qui illustre, mieux que tout autre, comment des jeunes gens ordinaires, tout juste sortis de leur service militaire, peuvent, dans l'instant le plus critique, puiser dans leur formation et leur instinct de survie pour renverser un destin qui semblait déjà scellé.

Cette tragédie du Cachemire reste, à ce jour, l'un des épisodes les plus marquants de l'histoire des prises d'otages d'Israéliens à l'étranger, un mélange rare de drame absolu et d'héroïsme spontané, né du refus pur et simple de se laisser exécuter sans combattre.

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