Mémoire juive, génération Z : Trois jeunes Français ont réinventé la transmission et conquis Israël -videos-

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Mémoire juive, génération Z : Trois jeunes Français ont réinventé la transmission et conquis Israël -videos-

Mémoire en mouvement

Ils ont entre 8 et 15 ans. Ils habitent Toulouse, Neuilly-sur-Seine, Paris. Et pour la première fois de l'histoire du programme international "Mon Histoire Familiale", trois jeunes Français ont porté leurs racines jusqu'au cœur du Musée ANU, à Tel Aviv — et l'un d'eux en est reparti lauréat mondial.

C'est une victoire discrète, sans tribune ni médailles retransmises en mondiovision. Pas de stades bondés, pas de commentateurs survoltés.
Et pourtant, quelque chose d'essentiel vient de se jouer cette année dans les couloirs du Musée ANU, le Musée du Peuple Juif installé sur le campus de l'Université de Tel Aviv.
Quelque chose qui touche à ce que nous sommes, à ce que nous transmettons, à la manière dont une génération prend le relais de la précédente.

Un programme né de la conviction que la mémoire est vivante

Depuis plus de trente ans, le Musée ANU coordonne chaque année un concours pas tout à fait comme les autres. "Mon Histoire Familiale" invite des élèves d'écoles juives du monde entier à plonger dans leurs propres archives, à interroger grands-parents et oncles, à fouiller les tiroirs de la mémoire familiale, puis à transformer ce matériau intime en une création originale.

Livre, film, arbre généalogique, maquette, peinture, jeu, composition musicale. Toutes les formes sont permises, pourvu qu'elles soient habitées.

Des milliers de jeunes participent chaque année, venus d'une dizaine de pays. L'ambition du programme est à la fois modeste et vertigineuse : redonner à chaque enfant le goût d'appartenir à une histoire plus grande que lui, sans jamais l'y enfermer.

Cette année marque un tournant. Pour la toute première fois, des écoles françaises ont rejoint l'aventure. Et la France, à sa première participation, a frappé fort.

Aaron, Yael, Rose : trois noms, trois œuvres, une même urgence

Parmi les centaines de projets évalués par le jury international, trois créations francophones se sont hissées en finale mondiale. Trois projets qui n'ont rien de scolaire, rien de convenu, et qui portent chacun la marque d'une sensibilité singulière.

Aaron Levy, élève du Collège Marianne Picard à Neuilly-sur-Seine, a remporté le titre de lauréat international.
Son projet : un jeu de société familial, aussi ludique que profond. Au fil du plateau, les joueurs traversent l'histoire de sa famille à travers des questions, des anecdotes, des photographies et des recherches historiques d'une rigueur remarquable.

Ce qui a séduit le jury, c'est précisément cela : la transmission n'est pas ici un devoir solennel, elle devient un moment de jeu partagé, de rires et de curiosité. Aaron sera prochainement invité en Israël pour présenter son œuvre au sein du musée même.

Yael Attias, 8 ans, élève du Talmud Torah de Toulouse, a imaginé une toupie musicale intergénérationnelle de Hanoukah.
Chaque face de l'objet est associée à un membre de sa famille.
Lorsque la toupie s'arrête sur l'une d'elles, Yael interprète au violon un morceau choisi pour incarner cette personne, son caractère, les souvenirs qu'elles partagent.
Ce projet-là est d'une beauté rare. Une enfant de 8 ans qui traduit en musique ce que les mots ne peuvent pas toujours dire, qui fait de la toupie de Hanoukah un vecteur de transmission intime et universel à la fois.

Rose Asseraf, elle aussi élève du Collège Marianne Picard, a choisi un tout autre registre.
Sa famille entretient depuis plusieurs générations un rapport profond à la mode.
Rose en a fait un magazine, au sens plein et littéraire du terme : archives familiales, photographies, récits personnels, le tout rassemblé dans une publication qui montre comment un héritage peut circuler à travers le goût, le vêtement, le style.

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Un programme qui s'étend, une aventure qui commence

Ce que l'on découvre en creusant, c'est l'ampleur d'un dispositif pédagogique qui dépasse largement le cadre d'un simple concours.
"Mon Histoire Familiale" se déploie aujourd'hui dans plus de trente pays, en partenariat avec des écoles et des communautés du monde entier.
Le programme s'articule autour de neuf sessions réparties sur l'année scolaire, pensées pour accompagner les élèves, notamment autour de l'âge de la Bar ou Bat Mitsvah, dans une véritable enquête sur leurs origines familiales.

Interviews de proches, collecte de photographies, d'objets, de recettes, de musiques et de témoignages, construction d'un arbre généalogique, puis création d'une œuvre personnelle entièrement libre : vidéo, maquette, dessin, composition musicale.
La démarche est rigoureuse sans être contraignante. Elle invite chaque jeune à relier son histoire intime à l'histoire collective du peuple juif, tout en développant des compétences concrètes de recherche, d'analyse et de créativité.

Ce qui distingue ce programme des initiatives pédagogiques classiques, c'est la trace qu'il laisse. Chaque projet intègre les archives du Musée ANU, contribuant à constituer un patrimoine vivant, fait de milliers d'histoires familiales venues des quatre coins du monde. Une mémoire collective construite projet par projet, enfant par enfant.

Les inscriptions pour la session 2026-2027 viennent d'ouvrir.
Les écoles et communautés francophones qui souhaiteraient rejoindre l'aventure peuvent consulter l'ensemble des lauréats 2026 sur le site du programme : mfs.anumuseum.org.il/fr/les-laureats

Ce que ce concours dit de nous

On pourrait ne voir dans "Mon Histoire Familiale" qu'un concours parmi d'autres, une initiative pédagogique bien intentionnée. Ce serait passer à côté de l'essentiel.
Ce programme repose sur une conviction profonde : l'identité juive ne se transmet pas par décret. Elle se construit, se raconte, se réinvente à chaque génération.

Elle vit dans les détails d'un album photo, dans le prénom d'un arrière-grand-père, dans la recette transmise sans jamais être écrite, dans la mélodie qu'on fredonne sans savoir d'où elle vient.

Ce que font ces jeunes, c'est exactement cela. Ils ne répètent pas une leçon. Ils s'approprient une histoire, la retravaillent avec leurs propres outils de leur époque, et la rendent à la communauté sous une forme nouvelle. Aaron avec son jeu de plateau, Yael avec son violon, Rose avec ses pages de magazine, disent tous trois la même chose : je suis le fils ou la fille de quelqu'un, et je choisis de le savoir.

Dans un moment où les questions d'appartenance et d'identité juive traversent la communauté française avec une intensité particulière, la participation de la France à ce programme international n'est pas anodine. Elle dit que la mémoire peut être joyeuse. Que la transmission peut être créatrice. Que nos enfants, quand on leur donne les outils et la liberté, sont capables de faire de leur histoire une œuvre.

Le Musée ANU a su créer les conditions de cette rencontre. La France vient d'en saisir l'invitation. Il serait dommage que ce soit la dernière fois.
Pour en savoir plus contacter Sarah TUBIANA Tel: +972 55 773 2378
Coordinator of French & Spanish Education
The Koret International School for Jewish Peoplehood

ANU - Museum of the Jewish People

sarah@anumuseum.org.il

 

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