Mariage en Israël ou l'excès no limit : vos invités viennent voir le spectacle — pas vous

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Mariage en Israël ou l'excès no limit : vos invités viennent voir le spectacle — pas vous

«Autrefois, mon nom faisait peur. Aujourd'hui ? L'excès n'est plus un gros mot»

Shon Blaish weding planner israel

Shon Blaish wedding planner israel

La saison des mariages 2026 s'annonce déjà comme l'une des plus somptueuses jamais vues en Israël. Ni la guerre, ni la conjoncture économique difficile, ni la fatigue collective ne semblent capables de lever le pied de l'accélérateur bien au contraire.
Pour Shon Blaish, organisateur de mariages de luxe parmi les plus réputés du pays, le niveau d'exigence ne cesse de grimper, les jeunes couples arrivent avec des rêves toujours plus grands, des budgets toujours plus gonflés, et surtout une dose massive d'inspiration puisée sur les réseaux sociaux.

«Il y a une intensification extraordinaire autour des mariages», explique-t-il.
«Malgré les guerres, le Covid et tout ce qui se passe ici, les gens comprennent qu'il faut vivre dans le présent. Ils veulent que leur mariage soit le plus beau, le plus soigné. Autrefois, le nom Shon Blaish faisait peur. Aujourd'hui, je suis bien plus accessible. L'excès n'est plus quelque chose de honteux.»

Un spectacle, pas seulement une fête

Le mariage israélien contemporain n'est plus depuis longtemps une simple soirée pour célébrer l'amour. Les changements de robe, les séances photo en couple organisées un autre jour  maquillage et coiffure inclus, en double bien sûr les productions de contenu pour les réseaux sociaux, les décors XXL, la musique live et les espaces thématiques sont désormais devenus presque la norme.

«Il y a des couples qui arrivent après avoir vu les mariages du top du top, et je dois leur dire de se calmer», rit Blaish.
«Mais je ne vais pas briser la fantaisie de la mariée, je vais simplement l'adapter à son budget. Chaque semaine, j'ai des mariées qui veulent des baldaquins de cérémonie à 40 000 shekels et je dois leur expliquer que ça ne rentre pas dans l'enveloppe. Il y a toujours une dissonance. La mariée arrive les yeux pleins de rêves, et je dois être le méchant qui annonce les vrais tarifs.

Les gens voient une story éblouissante et ne comprennent pas ce qui se passe en coulisses. Une seule rose peut coûter dix shekels imaginez alors le prix d'un événement avec des dizaines de milliers de fleurs.»

Pour autant, s'il y a bien une chose que Blaish ne fait pas, c'est penser en petit. Pour lui, chaque mariage doit ressembler à un spectacle qu'on n'a jamais vu. «J'ai eu un mariage où la mariée voulait quelque chose d'inédit. Nous avons créé une entrée depuis l'amphithéâtre : elle a descendu cent marches dans l'obscurité totale, entourée de centaines de torches, avec un seul spot braqué sur elle. Les invités ne savaient pas d'où elle allait surgir. Ça a atteint des centaines de milliers de vues sur les réseaux. Aujourd'hui, on ne se contente plus d'une seule robe ou d'une entrée ordinaire. La simplicité a presque disparu.»

«La mariée veut un dais couronné et des tables en peau de serpent»

Si autrefois le mariage était une soirée qui restait dans les mémoires, il doit aujourd'hui aussi performer sur les réseaux sociaux. «Soyons honnêtes : tout est fait pour les réseaux. J'ai un couple de France dont tout l'événement sera en couleurs, avec des traînées colorées qui descendront des collines en arrière-plan pour se fondre dans le coucher de soleil. J'ai eu aussi une mariée qui voulait des centaines de cactus. Tout est calculé avec précision. Il y a un concept qui commence au menu et au pli de la serviette, et qui va jusqu'aux tenues des demoiselles d'honneur. Si le menu est beige, les robes et les costumes seront assortis.»

Les prix, explique-t-il, montent en proportion directe des exigences démesurées.
«Pour organiser aujourd'hui un mariage moyen et convenable, il faut au minimum un quart de million de shekels, et c'est juste pour commencer. Les mariées disent toujours "fais-toi plaisir, lâche-toi"  jusqu'à ce qu'elles entendent les chiffres. À la fin, les gens blêmissent et transigent», dit-il en riant.

Ces compromis, d'ailleurs, mènent souvent à des disputes entre futurs époux. «Ça arrive très fréquemment qu'il y ait des désaccords entre l'homme et la femme. La mariée veut un dais couronné et des tables recouvertes de peau de serpent, et le marié lui dit : "Madame, on s'arrête là." Ça génère des tensions, et parfois j'ai envie de me lever et de partir, mais à la fin l'amour l'emporte.» Dans ces histoires d'amour, admet-il avec franchise, c'est souvent la voix de la raison qui tente de ramener la mariée sur terre et de lui faire penser à l'après-fête.

«Pas de plastique  c'est pour moi un big no no absolu»

Au milieu de tout ce faste, Blaish affirme qu'il existe des lignes qu'il ne franchira jamais. «Je ne ferai pas des choses en lesquelles je ne crois pas. Si je sais qu'un couple fait une erreur, je le leur dis. Certains préfèrent investir dans un artiste plutôt que dans ce qui compte vraiment, et parfois ce n'est tout simplement pas juste.»

Alors, qu'est-ce qui compte vraiment ? Avant tout, la qualité. «J'ai une pyramide très claire de l'allocation du budget. Des couples qui préfèrent dépenser dans des gadgets à l'entrée plutôt que dans la décoration, c'est une erreur à mes yeux. Les gens me disent que personne ne se souvient de la décoration, toutes sortes de phrases qui tentent d'en minimiser l'importance — je ne suis pas d'accord.»
Et d'insister : «Et surtout, pas de plastique lors d'un événement ni fleurs en plastique, ni vaisselle en plastique. Pour moi, c'est un big no no absolu. J'ai été stupéfait de découvrir que des salles vendaient des assiettes en plastique aux invités au lieu de verre. Les propriétaires prétendent que c'est une question d'usure, mais pour moi c'est catastrophique. S'il n'y a pas un organisateur qui vérifie, personne ne le saura jamais.»

Un quart de million pour commencer

L'un des phénomènes les plus marquants de ces dernières années est l'explosion de la demande pour les organisateurs professionnels. «Autrefois, avoir un organisateur était considéré comme un luxe réservé aux riches. Aujourd'hui, c'est clairement indispensable. Les gens comprennent qu'un organisateur peut en réalité leur faire économiser de l'argent, s'assurer qu'on ne les arnaquer pas, et leur offrir une tranquillité d'esprit.»

«La pression d'être "différent" ne fait que croître», poursuit-il. «Des mariées arrivent à moi après avoir assisté au mariage d'une amie et me disent : "Je veux tout autrement, plus excessif, plus investi." J'ai une mariée qui a vu l'entrée avec l'amphithéâtre et les torches et s'est présentée chez moi directement : "Je veux plus que ça." "Plus que ça ?" je lui ai demandé. "Qu'est-ce que tu veux, qu'on te descende d'un hélicoptère ?" Et elle m'a répondu : "Sois créatif."»

«Si tu viens pour économiser, l'événement sera à l'avenant»

Si autrefois les mariages grandioses étaient l'apanage des célébrités, aujourd'hui presque chaque couple veut se sentir comme une grande production pour une nuit. «L'excès est devenu une tendance. Les gens comprennent que si tu viens pour économiser, l'événement sera à l'avenant  il finira tôt et sera ennuyeux. Si tu veux un événement à ton image, il faut investir.»

Les invités eux-mêmes, semble-t-il, ont intégré la hausse du niveau d'exigence. «Le minimum à mettre en tant qu'invité a fortement augmenté. J'ai eu un couple qui avait organisé un dîner à 1 200 shekels par couvert, et qui a découvert après coup que les gens n'avaient tout simplement pas mis d'enveloppes. Peut-être qu'ils avaient le sentiment de ne pas pouvoir être à la hauteur des attentes.»

Pourtant, malgré les tarifs et les critiques sur cette culture du faste, Blaish ne pense pas que cette tendance soit près de s'essouffler. Bien au contraire. «Les gens veulent aller à des mariages soignés. Ils veulent vivre une expérience. C'est comme aller au restaurant — aujourd'hui, un couple ne sort pas pour moins de mille shekels.»

Alors, quel est son conseil pour les couples qui planifient leur mariage pour la saison à venir ? Ne pas renoncer au rêve, mais garder le sens des proportions. «Je suis pour ne pas faire de compromis et faire ce qu'on aime. Je connais des couples qui ont cédé et qui le regrettent encore aujourd'hui. Ce n'est pas nécessaire de dépenser des millions, mais si on le fait, autant que ce soit le mieux possible dans les limites de ses moyens. Une femme heureuse  une maison heureuse.»

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