Politique israéliennes : Bennet -Lapid « l’alliance des frères » l’énième résurgence

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Politique israéliennes : Bennet -Lapid « l’alliance des frères » l’énième résurgence

Ce dimanche 26 avril marque le début de la campagne électorale pour les élections législatives israéliennes, avec l’annonce d’une nouvelle formation politique baptisée Beyahad.
À sa tête se trouvent les deux anciens Premiers ministres Naftali Bennett et Yaïr Lapid, deux hommes qui ont l’habitude de travailler ensemble bien qu’à première vue tout les oppose.

« L’ère de la division est finie », c’est par cette phrase que Naftali Bennett présente sa nouvelle alliance avec son « ami » Yaïr Lapid, chef de file de Yesh Atid et leader de l’opposition.

L'histoire politique d'Israël est souvent faite de cycles, de trahisons et de réconciliations inattendues. Mais l'annonce de la création de ce nouveau mouvement politique unifié par Naftali Bennett et Yaïr Lapid marque un tournant qui pourrait bien redessiner la carte électorale pour la décennie à venir. En ressuscitant leur fameuse « alliance des frères », les deux leaders ne cherchent pas seulement à gagner une élection, ils tentent de soigner les fractures d'une nation en quête de stabilité.

Une Genèse entre Pragmatisme et Fraternité

L'expression « l'alliance des frères » n'est pas nouvelle. Elle trouve ses racines en 2013, lorsque le novice Bennett, tout jeune député et leader du parti Bayit Hayehudi, et l'ex-journaliste Lapid avaient surpris tout le monde en conditionnant leur entrée au gouvernement à la présence de l'autre. Aujourd'hui, cette alliance renaît sous une forme plus institutionnalisée : un parti unique, ou du moins une liste commune indissociable.

Cette union est profondément paradoxale au premier abord. On y voit la fusion de deux trajectoires que tout semble opposer. D'un côté, la droite décomplexée, au moins sur les questions sécuritaires ; de l'autre, le centre libéral. Pourtant, leur complicité personnelle et leur expérience commune au sein du « gouvernement du changement » en 2021 ont prouvé que, malgré les divergences, un terrain d'entente pragmatique était possible.

Deux Électorats, Deux Mondes, Un Seul Bulletin

Le défi majeur de cette nouvelle formation est de faire cohabiter des bases sociologiques qui, historiquement, se regardent avec méfiance. L'électorat de Naftali Bennett est issu du sionisme religieux de droite et du nationalisme. Ce sont des électeurs attachés à la souveraineté d'Israël, souvent favorables aux implantations. Il faut noter qu'après son mandat de Premier ministre, une partie de ses électeurs s'était sentie trahie.

L'électorat de Yaïr Lapid est ancré dans le centre-gauche laïc et libéral. Il représente la classe moyenne urbaine, les acteurs de la High-Tech et les défenseurs des droits civils. Le pari audacieux des deux hommes est de convaincre que ces deux visions sont complémentaires pour assurer la survie du pays. Le nom Beyahad évoque l’unité retrouvée et prend l’exemple du peuple qui sert sous le même drapeau et avec un même uniforme, notamment pendant les longues périodes de réserves (Milouïms) effectuées par tous les composants de la société durant ces trois années de guerre depuis le 7 octobre.

L'Objectif Prioritaire : Sortir de l'Ère Netanyahou

Il serait naïf d'ignorer que le moteur le plus puissant de cette alliance est leur volonté commune de renverser Benyamin Netanyahou. Le fameux « Tous sauf Bibi » semble de retour. Après des années de domination du Likoud, Bennett et Lapid estiment que le système politique actuel est arrivé à bout de souffle, dévoré par les intérêts personnels du Premier ministre et les exigences des partis ultra-orthodoxes.

Ils accusent l'actuel gouvernement de nourrir une polarisation extrême pour régner, divisant les Israéliens entre « patriotes » et « traîtres ». En se présentant unis, ils espèrent offrir un refuge aux « orphelins politiques » : ces électeurs de droite modérée qui ne se reconnaissent plus dans la dérive populiste du Likoud mais qui craignent de donner leur voix à une gauche jugée trop idéaliste.

Un Programme de Reconstruction Nationale

Au-delà de l'opposition à un homme, le nouveau parti doit proposer une vision. Leur programme se concentre sur la sécurité sans compromis, prônant une ligne de fermeté absolue face aux menaces régionales tout en réformant l'armée. Ils promettent également une réforme de l'État visant à protéger l'indépendance de la justice, ce qui implique de suspendre la réforme judiciaire engagée par l'actuel ministre Yariv Levin.

Enfin, sur la question de l'équilibre entre religion et État, ils cherchent un statu quo moderne, notamment sur le dossier brûlant de la conscription des Haredims. Le succès de cette entreprise reste risqué puisque le gouvernement de 2021 fut perçu comme un échec par certains.

Les ministres Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir accusent déjà Bennett de trahison. Malgré l'épuisement de la société, la journaliste Myriam Shemer fait remarquer qu’au niveau des sondages « rien ne semble bouger » pour l'instant et qu'il faudra attendre les prochaines échéances pour voir si ce changement porte ses fruits.

 

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