USA : Carte verte refusée pour un post pro-palestinien ou antisémite

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USA : Carte verte refusée pour un post pro-palestinien ou antisémite

Carte verte refusée pour un post pro-palestinien : l'Amérique de Trump passe au crible les opinions de ses candidats immigrants

Une nouvelle politique de l'administration Trump, révélée par le New York Times après examen de documents internes au département de la Sécurité intérieure (DHS), bouleverse les règles du jeu pour quiconque sollicite une carte verte aux États-Unis.
Désormais, les opinions politiques et en particulier toute critique d'Israël exprimée sur les réseaux sociaux peuvent suffire à faire capoter une demande de résidence permanente. Une rupture radicale avec des décennies de pratique administrative.

Des « défenseurs de la patrie » comme juges de l'opinion

Le Times a consulté des supports de formation récemment distribués aux agents du U.S. Citizenship and Immigration Services (USCIS), l'agence fédérale chargée d'examiner les demandes de résidence légale.
Ces documents, qui n'avaient pas encore été rendus publics, précisent comment mettre en œuvre une directive datant d'août dernier : scruter les candidats à la carte verte pour détecter des opinions jugées « anti-américaines » ou « antisémites ». 

Le signal envoyé ne se limite pas aux procédures. L'agence a également commencé à qualifier certains de ses agents chargés des dossiers de « homeland defenders » défenseurs de la patrie  dans ses offres d'emploi
L'une d'elles invite explicitement les candidats à « protéger votre patrie et défendre votre culture ». Une rhétorique qui marque une transformation profonde d'une institution longtemps perçue comme le bras administratif de l'immigration légale.

Des posts Facebook comme motif de rejet

Le contenu des formations est sans ambiguïté. Les agents sont instruits de considérer comme des facteurs « profondément négatifs » tout historique de promotion ou de soutien à des vues anti-américaines, des idéologies antisémites ou des groupes terroristes. 

Parmi les exemples concrets fournis aux officiers d'immigration comme illustration de l'antisémitisme figurent des publications sur les réseaux sociaux : un post intitulé « Stop Israeli Terror in Palestine » avec le drapeau israélien barré, une carte où le nom d'Israël est remplacé par le mot « Palestine », ou encore un message appelant les Israéliens à « goûter ce que les habitants de Gaza vivent ».

Brûler le drapeau américain pourtant une forme d'expression politique protégée par le Premier amendement  figure également parmi les comportements répertoriés comme négatifs. De même, afficher des idéologies qualifiées de « subversives », par exemple en « tenant une pancarte appelant au renversement du gouvernement américain ».

Les campus universitaires dans le collimateur

L'administration ne cache pas sa cible prioritaire. Les officiers sont formellement invités à porter « une attention particulière aux étrangers ayant participé à des activités anti-américaines et antisémites sur les campus universitaires ».

Les mobilisations propalestiniennes qui avaient secoué Columbia, UCLA et des dizaines d'autres universités américaines au printemps 2024, dans le sillage des attaques du 7 octobre 2023, sont clairement visées.

Tout dossier impliquant une éventuelle « conduite ou idéologie anti-américaine et/ou antisémite » doit désormais être transmis aux responsables hiérarchiques ainsi qu'au bureau du conseil juridique de l'agence.
Une procédure d'escalade qui garantit que ces cas ne passent pas entre les mailles du filet.

La défense de l'administration : sécurité nationale

Face aux critiques, l'administration Trump campe sur ses positions. Le directeur de l'USCIS, Joseph Edlow, avait déclaré devant le Congrès en février qu'il n'y a « aucune place en Amérique » pour les ressortissants étrangers qui soutiennent des idéologies anti-américaines ou des organisations terroristes. Un porte-parole de l'agence a quant à lui tranché : les gens qui « haïssent l'Amérique » ne devraient pas s'attendre à y vivre.

La politique s'inscrit dans un cadre plus large. Elle est présentée comme conforme aux décrets exécutifs de Trump sur l'antisémitisme et le terrorisme étranger, et vise notamment ceux qui
« soutiennent le terrorisme antisémite, les idéologies antisémites violentes et les organisations terroristes antisémites telles que le Hamas, le Jihad islamique palestinien, le Hezbollah ou les Houthis ». 

Des critiques qui dénoncent une dérive politique

Du côté des défenseurs des libertés civiles, la grille de lecture est radicalement différente. Des anciens responsables de l'administration Biden cités par le Times soulignent que le contrôle aux fins de l'immigration s'était traditionnellement concentré sur des déclarations liées à la violence ou à des préoccupations de sécurité nationale, et non sur de larges expressions politiques.

Le glissement opéré par Trump brouille, selon eux, la frontière entre antisémitisme et opposition à la politique du gouvernement israélien une distinction pourtant fondamentale.

Les experts en droit constitutionnel s'inquiètent également de voir des formes d'expression protégées par le Premier amendement servir de critères d'exclusion pour des candidats à l'immigration, créant ainsi un régime à deux vitesses entre citoyens et non-citoyens.

Une chute brutale des naturalisations

Les effets de cette politique se font déjà sentir dans les chiffres. Selon les données de l'agence citées par le Times, les approbations de cartes vertes ont chuté de plus de moitié au cours des derniers mois.

Un effondrement qui coïncide avec le durcissement idéologique du contrôle des dossiers, et qui s'inscrit dans une vague plus large : l'administration a également révoqué les visas de certains militants étudiants propalestiniens et envisage d'étendre la surveillance des réseaux sociaux aux touristes souhaitant entrer sur le territoire américain.

Ce qui était autrefois réservé aux membres de partis communistes ou aux partisans du renversement du gouvernement s'applique désormais à quiconque aurait, un jour, partagé une carte de la région avec le nom d'Israël effacé. Le filtre idéologique est posé. Il reste à savoir jusqu'où il ira.

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