L'antisémitisme en France : Mélenchon ne croit pas à ce qu'il dit il croit en ce qui lui rapporte

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Jean-Luc Mélenchon, la conviction s’efface devant le profit politique

 

Tribune libre — Politique & Identité

Antisémitisme · LFI · Israël · Ce que personne n'ose dire

Analyse sans complaisance de Claudine Douillet fondatrice du premier magazine juif sur le net 

LFI a normalisé l'antisémitisme. Le temps du silence est révolu.

Derrière le vernis militant se cache une réalité crue : un parti qui a méthodiquement rendu acceptable ce que la loi française qualifie de délit. Pas une opinion. Un délit. Retour sur une dérive calculée et sur ce qu'elle dit de la France d'aujourd'hui.

La France Insoumise, sous la direction de Jean-Luc Mélenchon, a accompli quelque chose que peu auraient cru possible il y a encore dix ans : rendre l'antisémitisme politiquement fréquentable. Non pas en le proclamant, mais en le déplaçant. En lui offrant un masque.
Ce masque s'appelle Israël.

Rappelons le droit, car l'essentiel se perd dans le bruit : l'antisémitisme n'est pas une opinion, c'est un délit pénal. Il est sanctionné par la loi.
Pourtant, en substituant « Israël » à « les Juifs », LFI a trouvé la faille juridique et morale par laquelle toute une rhétorique de haine peut s'engouffrer impunément.
Un tour de passe-passe sémantique qui a trompé suffisamment longtemps.

Rappel juridique

En droit français, l'antisémitisme relève de la loi du 29 juillet 1972 sur la lutte contre le racisme. Il constitue un délit passible de prison et d'amendes.

Critiquer la politique d'un État est un droit. Désigner systématiquement un seul État le seul État juif au mondecomme incarnation du mal absolu, en utilisant les mêmes codes rhétoriques que la propagande antisémite historique, est une autre affaire.

La lâcheté comme stratégie électorale

Ce qui frappe, au-delà de l'idéologie, c'est la lâcheté calculée des meneurs. Mélenchon ne croit pas à ce qu'il dit il croit aux suffrages que cela lui rapporte.

Sa prétendue conversion à l'islam ne trompe personne de bonne foi : c'est un appel du pied à une base électorale captive, une communauté que son parti a méthodiquement instrumentalisée sans jamais réellement servir.

Car regardons cette base de plus près, sans amalgame mais sans aveuglement : une large part de son électorat est composée de personnes issues de l'immigration, vivant pour beaucoup des aides sociales d'un État qu'on leur apprend à mépriser.
Le RSA, la CAF, les services publics tout ce que Mélenchon dénonce comme le fruit de l'exploitation capitaliste sont précisément ce qui fait vivre ceux à qui il prêche la révolte.
La contradiction est totale. L'exploitation, elle, est réelle.

« Celui qui te verse ton RSA et ta CAF, c'est exactement le "riche" que tu es invité à haïr. »

Et pendant ce temps, Jean-Luc Mélenchon dont le patrimoine est évalué à plus d'un million d'euros bénéficiait jusqu'à récemment de la suspension de l'ISF par le gouvernement Macron... ce même Macron qu'il combat avec une hargne de façade. Cherchez la cohérence.

Ce que le 7 octobre a changé pour toujours

Israël n'a que faire de vos condamnations du bout des lèvres ni de vos indignations sélectives. Un État souverain n'a pas à quémander la permission d'exister. Pendant des décennies, Israël a cru possible une paix négociée, un compromis acceptable, une coexistence fondée sur la bonne foi. Nous en avons payé le prix un matin d'octobre 2023.

Le 7 octobre 2023 n'est pas une parenthèse. C'est une ligne de fracture.
Ce jour-là, pendant que des familles israéliennes étaient massacrées, violées, brûlées vives, des foules en Europe dont certaines menées par des figures proches de LFI célébraient. Pas discrètement. Publiquement. Dans les rues de Paris.

Alors oui, cette tribune dit ce que la bienséance interdit de dire : il n'y aura pas de paix avec ceux qui espèrent notre éradication. Ce n'est pas du bellicisme c'est de la lucidité acquise au prix du sang. La leçon a été apprise. Elle ne sera pas oubliée.

Israël n'est pas la communauté juive de 1942

Il y a une différence fondamentale que les antisémites de 2026 qu'ils s'avouent ou se déguisent semblent ne pas avoir intégrée : le Juif d'aujourd'hui a un pays. Un État. Une armée. Des renseignements parmi les plus efficaces du monde. Des capacités de frappe vérifiées au Liban, en Iran, à Gaza.

Israël n'attendra pas l'autorisation du Conseil de sécurité pour protéger ses citoyens. Il ne l'a jamais fait. I
l ne commencera pas maintenant. Et contrairement à l'Europe, qui s'épuise en résolutions vides, Israël convertit ses décisions en actes. C'est précisément ce que ses ennemis ne lui pardonnent pas.

Perspective stratégique

Tous les Juifs du monde ne vivront pas en Israël  et c'est une chance pour la diaspora comme pour l'État hébreu. Mais Israël demeure le garant ultime : une force de dissuasion, un recours, une patrie de droit pour chaque Juif où qu'il soit.

Cette réalité change structurellement l'équation géopolitique. La haine ne rencontre plus le silence et l'impuissance  elle rencontre un État qui répond.

La France nourrit la bête — et s'en mordra les doigts

Voici la vérité que la France doit entendre : LFI n'est pas un danger pour les Juifs. Ils ont Israël. LFI est un danger pour les Français ceux qui n'ont pas d'autre pays que la France.

Le scénario est lisible : LFI peut battre le RN. Ce n'est pas une victoire de la gauche, c'est la victoire du chaos organisé. Mélenchon ne construit rien il détruit. Son projet n'est pas un programme politique, c'est une mécanique d'incendie. Il le sait. Ses lieutenants le savent. Et une partie de leur électorat, instrumentalisée, ne le saura que trop tard.

La haine des Juifs, des riches, de l'État, des institutions c'est le même combustible utilisé pour brûler le même édifice. Quand les flammes montent, elles ne vérifient pas les cartes d'identité.

« La France nourrit la bête en son sein. Cette bête n'est pas dangereuse pour ceux qui ont un ailleurs elle est mortelle pour ceux dont la France est l'unique demeure. »

L'heure du choix

Il n'y a plus de demi-mesure possible. Le temps des pétitions, des tribunes indignées et des hashtags est révolu. Soit vous étouffez ce parti dans les urnes, soit vous le regardez dévorer la République.

Nous, Israéliens, nous nous battons pour Israël. Chaque jour. Sans nous excuser d'exister. C'est notre combat, et nous l'assumons pleinement.

Vous, Français  et particulièrement vous, Français juifs encore hésitants, encore tentés par la neutralité confortable vous avez le vôtre. Il se joue maintenant. Pas dans dix ans. Maintenant.

Convertissez votre peur en action.
Israël l'a fait. La France peut encore le faire.
Mais la fenêtre se ferme.

Tribune rédigée depuis Israël par une Parisienne d naissance.

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