Qui après Ali Larijani ? La « diplomatie du prophète » de Saeed Jalili prête à frapper

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Qui après Ali Larijani ? La « diplomatie du prophète » de Saeed Jalili prête à frapper

Après l’élimination de Larijani, un dur du régime en embuscade pour diriger l’Iran

Un vide brutal au sommet du pouvoir iranien

L’élimination d’Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et considéré comme le véritable homme fort du régime, a plongé l’Iran dans une nouvelle phase d’incertitude politique. Selon plusieurs sources relayées dans les médias arabes, son successeur potentiel serait déjà identifié, sans qu’aucune nomination officielle n’ait encore été annoncée. 

Saïd Jalili, le profil le plus radical du système

Le nom qui circule avec insistance est celui de Saïd Jalili.
Figure connue pour ses positions intransigeantes, il est considéré comme l’un des éléments les plus idéologiques du régime.

Ancien représentant du guide suprême Ali Khamenei au Conseil suprême de sécurité nationale, Jalili s’inscrit dans une ligne dure, hostile à toute ouverture envers l’Occident et opposée à toute concession sur le dossier nucléaire. 

Dans une déclaration après les éliminations récentes, il a affirmé que ces pertes ne feraient que renforcer la détermination du régime, promettant une accélération de la défaite des ennemis de l’Iran.

Un parcours au cœur des négociations nucléaires

Saïd Jalili a commencé sa carrière diplomatique à la fin des années 1980 au ministère iranien des Affaires étrangères. Il a ensuite occupé plusieurs postes stratégiques, avant d’être nommé en 2007 secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et chef de la délégation iranienne dans les négociations nucléaires avec les puissances occidentales. 

Après l’élection de Hassan Rohani en 2013, il a été remplacé mais est resté influent au sein des organes stratégiques du régime, notamment au Conseil de discernement.

Un candidat malheureux mais influent

Jalili s’est présenté à plusieurs reprises à l’élection présidentielle : en 2013 (troisième place), en 2021 (il s’est retiré en faveur d’Ebrahim Raïssi), puis en 2024 après la mort de ce dernier, sans succès. 

Malgré ces échecs électoraux, son influence idéologique reste intacte, notamment auprès des cercles les plus conservateurs du pouvoir.

Un produit pur de la guerre, pas un diplomate classique

Jalili n’est pas un technocrate. Il est d’abord un homme de guerre.

Engagé très jeune dans les milices Bassidj pendant la guerre Iran-Irak, il combat en première ligne et perd une partie de sa jambe droite en 1986. Cette blessure lui vaut le statut de « martyr vivant », extrêmement valorisé dans le régime. 

Ce point est central : toute sa vision du monde découle de cette guerre. Pour lui, l’Occident — en particulier les États-Unis — est responsable du soutien à Saddam Hussein. Résultat : une vision profondément hostile, presque obsessionnelle. 

Ce n’est pas un détail biographique. C’est la clé de lecture de tout le personnage.

Un idéologue avant d’être un politique

Contrairement à d’autres figures du régime, Jalili n’est pas un pragmatique. C’est un doctrinaire.

Il est docteur en sciences politiques, avec une thèse sur la pensée islamique dans le Coran, qu’il transforme ensuite en ouvrage. Il enseigne à l’université Imam Sadeq une matière révélatrice : « la diplomatie du Prophète ». 

Autrement dit : sa vision des relations internationales n’est pas moderne, elle est théologico-politique.

Il adhère totalement au principe du velayat-e faqih — la domination absolue du guide religieux sur l’État. 

Ce n’est pas un exécutant. C’est un croyant du système

Une nomination encore incertaine mais lourde de conséquences

Aucune décision officielle n’a été annoncée à ce stade. En théorie, c’est le président iranien Massoud Pezeshkian qui doit désigner le successeur, comme ce fut le cas pour Larijani nommé en août 2025. 

Mais une chose est déjà claire : si Saïd Jalili accède au poste, l’Iran pourrait basculer vers une ligne encore plus rigide, marquant un durcissement supplémentaire face aux États-Unis et à Israël.

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