Prison de Gilboa : des gardiennes de prison prostituées pour un terroriste, l’accord de la honte

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Prison de Gilboa : des gardiennes de prison prostituées pour un terroriste, l’accord de la honte

Accord à l’amiable dans l’affaire de proxénétisme à la prison de Gilboa

Un règlement civil inédit

Un accord à l’amiable a été conclu fin décembre 2025 entre l’État d’Israël et cinq anciennes gardiennes de la prison de Gilboa qui avaient engagé une action civile contre l’État après avoir été victimes, selon elles, d’agressions sexuelles et d’exploitation par un détenu. Les plaignantes recevront des millions de shekels de la part de l’État dans le cadre de ce règlement financier, conclu après plus d’une décennie de procédures. 

L’avocate qui représentait les gardiennes, Keren Barak, a refusé de divulguer les détails monétaires de l’accord, soulignant la confidentialité :

« En raison de la confidentialité et afin de préserver la vie privée des gardiennes, je ne commenterai pas les accords financiers conclus entre elles et l’État. »

Rappel des faits

Cette affaire trouve son origine dans des allégations graves visant le prisonnier de sécurité palestinien Mahmoud Atallah, condamné pour terrorisme, qui est accusé d’avoir violé et agressé sexuellement plusieurs gardiennes et soldates servant comme gardiennes dans la prison de Gilboa. Son procès pénal est toujours en cours devant le tribunal de Nazareth au moment du règlement civil. 

Les premières accusations contre Atallah ont été déposées entre 2014 et 2017, et les agressions auraient duré plus de trois ans, au cours desquelles il aurait, selon les plaignantes, abusé de leurs fonctions et de leur corps alors qu’elles exerçaient leur service en tant que gardiennes. 

La situation a été révélée au public lorsqu’une enquête journalistique a mis en lumière les plaintes des gardiennes en 2018, après quoi une enquête policière et des démarches judiciaires plus poussées ont été engagées. 

Plainte et procédure judiciaire

Les cinq gardiennes ont déposé chacune une plainte distincte, quatre devant le tribunal de première instance et une au tribunal régional de Haïfa, la dernière portant sur quatre accusations de viol. La première plainte avait été déposée dès 2021. 

Parallèlement à la procédure pénale contre Atallah, des actions en justice ont été intentées contre des responsables de la prison, notamment pour manquement à leurs devoirs et couverture ou ignorance des plaintes.

Les gardiennes ont accusé leurs supérieurs d’avoir ignoré leurs signalements et permis à Atallah d’abuser d’elles, voire d’avoir « prostitué » des gardiennes en les plaçant auprès de détenus à leur demande pour obtenir des concessions — une accusation corroborée par des témoignages de l’époque selon lesquels les autorités pénitentiaires auraient sciemment permis que ces abus se produisent. 

Des enquêtes antérieures avaient déjà soulevé des critiques sévères contre le Service pénitentiaire israélien et d’autres autorités, y compris des allégations selon lesquelles des informations concernant les agressions auraient été connues de services de sécurité comme le Shin Bet, mais n’auraient pas été traitées avec la diligence requise. 

Contexte et implications judiciaires

Le dossier civil qui a abouti à l’accord comprend notamment des accusations d’atteintes sexuelles graves, déposées auprès de la police dès novembre 2017, suivies d’une enquête approfondie menée par une unité spéciale. Ces démarches ont conduit à des décisions judiciaires différées, des enquêtes réouvertes, et finalement à des actes d’accusation contre Atallah pour viol et actes indécents, ainsi que des poursuites envisagées contre plusieurs responsables de la prison pour manquement à leurs obligations professionnelles. 

L’accord civil intervient alors que ces procédures pénales et disciplinaires sont toujours en cours, sans jugement définitif dans l’affaire principale contre Atallah.

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