The Bibi Files : quand les cigares et le champagne mènent à la tragédie du 7 octobre

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
The Bibi Files : quand les cigares et le champagne mènent à la tragédie du 7 octobre

The Bibi Files : quand les cigares et le champagne mènent à la tragédie du 7 octobre

Des accusations dérisoires pour un chef d’État en guerre

Le documentaire The Bibi Files dévoile les dessous des enquêtes contre Benjamin Netanyahu : des cigares de luxe, des caisses de champagne, des bijoux et, surtout, le contrôle discret d’un média secondaire, Walla !. Des chefs d’accusation qui, pris isolément, paraissent presque grotesques lorsqu’on les confronte à la stature d’un Premier ministre d’Israël, confronté quotidiennement à la menace existentielle du Hamas, du Hezbollah et de l’Iran.

Mais le grotesque a pris un visage sérieux : les témoignages de milliardaires proches du couple Netanyahu, qui se mettent à table avec une facilité déconcertante, détaillant les cadeaux offerts et les « arrangements » entretenus pendant des années.
L’un d’eux n’hésite pas à affirmer que « Sara, l’épouse du Premier ministre, réclamait des bouteilles comme une dépendante ».
L’image est dégradante, mais surtout révélatrice d’un climat où les alliances de pouvoir se retournent brutalement, comme si l’homme qui incarnait Israël pouvait être sacrifié sur l’autel de ses goûts luxueux.

La peur panique de Bibi et la guerre contre les juges

Ce qui ressort du documentaire, au-delà du ridicule des cadeaux, c’est la panique qu’ils ont engendrée. Netanyahu, conscient que la loi israélienne interdit aux dirigeants de recevoir de tels avantages, se voit menacé par la prison. De là naît une stratégie de survie : affaiblir les juges, neutraliser la Cour suprême, et remodeler l’appareil judiciaire pour éviter la chute.

C’est cette tentative de mise au pas de la justice qui met le feu aux poudres : pendant 39 semaines, Israël est traversé par des manifestations d’ampleur historique. Les fractures entre droite et gauche deviennent béantes. L’opinion publique se radicalise. Et c’est précisément dans cette faille que l’ennemi s’engouffre.

Le chaos intérieur, une brèche pour le Hamas

Alors que Netanyahu entretient l’illusion d’une paix relative en transférant via le Qatar des millions de dollars au Hamas pour maintenir un « feu maîtrisé », le mouvement islamiste se renforce. Le plan de Jéricho, minutieusement préparé, se met en marche. Israël, obsédé par ses guerres internes et ses manifestations massives, baisse la garde.

Le 7 octobre, le pays s’effondre dans l’horreur : Tsahal n’intervient pas immédiatement, le Premier ministre n’est pas alerté en temps réel à 6h29, et l’attaque se déploie dans toute son ampleur. Le pogrom du 7 octobre, le plus meurtrier depuis la Shoah pour le peuple juif sur sa terre, devient une tragédie nationale qui dépasse de loin les « cigares et le champagne ».

La gauche israélienne et l’obsession de la chute

The Bibi Files ne raconte pas seulement une affaire judiciaire ; il dévoile aussi un combat politique total. Une partie de l’élite israélienne — riche, puissante, connectée aux institutions et aux médias — ne veut plus du Likoud ni de Netanyahu. Elle est prête à tout pour provoquer sa chute, quitte à fracturer le pays.

Les accusations de corruption deviennent alors l’arme parfaite : elles visent moins les faits que l’image, moins la légalité que la légitimité. La société se déchire, et l’État, pris dans ses convulsions internes, se retrouve incapable de protéger ses citoyens lorsque le Hamas frappe.

La responsabilité de la gauche israélienne

Il serait illusoire de penser que ce chaos est né spontanément. La gauche israélienne a méthodiquement alimenté la contestation contre Netanyahu, orchestrant un discours qui assimilait toute réforme judiciaire à une dérive autoritaire.
Forte de son pouvoir médiatique et de ses relais financiers, elle a transformé des manifestations civiles en un mouvement insurrectionnel de longue durée.
Au nom de la démocratie, elle a plongé Israël dans une crise institutionnelle majeure.
Cette stratégie de harcèlement politique a fragilisé l’État au point de détourner ses forces vives des menaces extérieures. Et pendant que l’opinion publique se consumait en querelles internes, le Hamas perfectionnait son plan d’attaque.

Un documentaire qui révèle le danger de l’obsession

Au fond, The Bibi Files ne dit pas seulement que Netanyahu a reçu des cadeaux illégaux. Il raconte comment une démocratie peut être déstabilisée par une volonté obsessionnelle de faire tomber un homme, et comment cette obsession, en ouvrant des fractures, peut mettre en danger l’État tout entier.

Le documentaire devient ainsi un miroir cruel : d’un côté, un dirigeant prisonnier de ses propres excès ; de l’autre, une opposition prête à provoquer le chaos pour le destituer. Entre les deux, un peuple juif qui paie le prix le plus lourd, le 7 octobre.

La responsabilité de la gauche israélienne : structures, financements et fractures

Le documentaire ne parle pas qu’en termes de symboles : derrière le mouvement anti-Netanyahu, on trouve une machine structurée soutenue par des réseaux médiatiques, financiers, et associatifs très puissants.

Blue White Future (BWF), l’un des principaux moteurs de la mobilisation anti-réforme judiciaire, a bénéficié en 2023 de plus de 120 millions de shekels (environ 33,8 M $) pour financer campagnes médiatiques, communication et organisations de terrain  .

Sur le plan international, des chaînes de financement américaines ont contribué des montants considérables :

Le Rockefeller Brothers Fund (RBF) a injecté plus de 370 000 $ dans des organisations participantes.

Jewish Communal Fund (JCF) a reversé plus de 42 millions de dollars à divers groupes, dont Blue White Future, entre 2021 et 2024.

PEF Israel Endowment Funds a canalysé également des sommes massives vers BWF.

Middle East Peace Dialogue Network (MEPDN) est un autre acteur-clé dans ce flux de financements  .

Movement for Quality Government, figure de la société civile israélienne, a reçu environ 42 000 $ du Département d’État américain entre 2020 et 2022 pour des programmes de formation civique, ce qui a été critiqué comme ingérence dans les affaires politiques internes  .

New Israel Fund (NIF), gigantesque ONG américaine pour la démocratie en Israël, a distribué plus de 300 millions de dollars à plus de 900 organisations telles que B’Tselem, Breaking the Silence, Adalah… depuis sa création, fournissant une base idéologique et financière à la gauche israélienne  .

Ces financements ont permis de structurer une campagne de protestation longue et organisée : au pic des mobilisations, plus de 260 000 personnes manifestaient chaque semaine, notamment à Tel Aviv en mars‑avril 2023  .

Cette mobilisation n’est pas spontanée : elle est orchestrée.
Cette élite couplée aux médias progressistes, soutenue par un puissant réseau de financement extérieur, a transformé la contestation sociale en crise politique. Résultat : une fracture profonde dans le corps national, qui a détourné l’attention des vraies menaces — à commencer par le Hamas — et affaibli l’appareil de l’État au moment où la guerre menaçait.

Les financements et soutiens étrangers

Les financements sont bien étrangers, principalement américains, mais transitent vers des ONG israéliennes :

Movement for Quality Government (MQG) : ONG israélienne qui a joué un rôle central dans la contestation judiciaire. Elle a reçu des financements du Département d’État américain (environ 42 000 $ entre 2020 et 2022).

Blue White Future (BWF) : ONG israélienne financée par des fonds américains (Jewish Communal Fund, Rockefeller Brothers Fund, etc.), moteur du discours « deux États pour deux peuples ».

New Israel Fund (NIF) : basé aux États-Unis mais injectant des centaines de millions dans des ONG israéliennes de gauche (B’Tselem, Breaking the Silence, etc.).

 Les figures et mouvements israéliens

Shikma Bressler : physicienne, chercheuse au Weizmann Institute, devenue l’une des principales figures du mouvement de protestation contre la réforme judiciaire en 2023. Elle a mené la contestation sous la bannière Kaplan Force (manifestations de masse à Tel Aviv).

Mouvement “Crime Minister” : organisation de gauche radicale fondée en 2017, qui a fait de la démission de Netanyahu son objectif politique central. Elle organise des manifestations récurrentes et des campagnes de communication virulentes.

Black Flag Protest : né en 2020, ce mouvement a commencé comme contestation du « coup d’État judiciaire » attribué à Netanyahu. On y retrouve des militants de gauche, des anciens militaires et des personnalités médiatiques.

Brothers in Arms (אחים לנשק) : mouvement d’anciens combattants de Tsahal qui a mené en 2023 la fronde de réservistes contre Netanyahu. Ils menaçaient de ne plus se présenter aux entraînements militaires pour protester contre la réforme judiciaire.

Women Building an Alternative : collectif féministe de gauche, intégré aux protestations de Kaplan, très actif dans le discours médiatique contre Netanyahu.

Israël : un pays de droite politiquement, mais de gauche médiatiquement

En réalité, la majorité électorale israélienne penche à droite depuis plus de vingt ans : le Likoud et ses alliés (Shas, Judaïsme unifié de la Torah, partis religieux sionistes) dominent la Knesset et forment régulièrement des coalitions stables. Les élections de 2022 ont confirmé cette tendance, avec 64 sièges sur 120 pour le bloc de droite.

Mais le paysage médiatique et institutionnel, lui, est largement dominé par la gauche.

Les grands quotidiens comme Haaretz, Yedioth Ahronoth (et son site Ynet), Maariv et même Channel 12 News adoptent une ligne critique de Netanyahu et plus globalement de la droite israélienne.

Le seul média traditionnellement perçu comme favorable au Likoud a été Israel Hayom, financé par le milliardaire Sheldon Adelson. Mais depuis la mort de ce dernier (2021) et le changement de direction, même ce journal a perdu son rôle de « bouclier médiatique » pro-Bibi.

Quant à Walla !, cœur de l’affaire des Bibi Files, il a toujours été classé au centre-gauche, ce qui explique pourquoi le simple fait qu’il ait été « instrumentalisé » par Netanyahu a été perçu comme une entorse majeure.

C’est ce que dénonce régulièrement Yair Netanyahu, le fils du Premier ministre : selon lui, « pour une fois qu’un média était de notre côté, cela a fait scandale ». Ce constat révèle bien le déséquilibre : en Israël, le pouvoir électoral est à droite, mais le pouvoir culturel, médiatique et judiciaire demeure à gauche.

Une opposition enracinée dans les élites

Ce déséquilibre explique pourquoi Netanyahu se perçoit comme assiégé : il gagne les urnes, mais il se heurte à une élite médiatique, judiciaire et universitaire qui conteste sa légitimité. Cette fracture entre « Israël qui vote » et « Israël qui commente » est l’un des éléments centraux qui nourrissent la crise actuelle.

 

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi