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Israël : Hanoch Milvitsky soupçonné de viol nommé à la tête de la commission des finances

Un député soupçonné de viol prend la tête de la commission des finances : la Knesset sous le choc

Malgré des accusations graves, Hanoch Milvitsky (Likoud) a été nommé président de la commission des finances. Une décision votée dans une atmosphère explosive à la Knesset, en dépit de protestations véhémentes, de dénonciations publiques, et d’une enquête pénale en cours pour viol et subornation de témoin.

Un vote sous tension

Mardi à la mi-journée, neuf députés contre six ont approuvé la nomination de Hanoch Milvitsky, député du Likoud, à la tête de la prestigieuse commission des finances de la Knesset, en remplacement de Moshe Gafni, du parti Yahadout HaTorah, qui a quitté la coalition. Ce vote intervient quatre jours seulement après que Milvitsky a été interrogé par la police pour viol, actes indécents et tentative de manipulation de témoin.

Malgré cette situation explosive, la majorité de coalition a maintenu son soutien indéfectible.
En direct sur Ynet, le débat parlementaire a rapidement viré à l’empoignade verbale, avec échanges d’insultes, lectures publiques de la plainte de la victime présumée, et invectives telles que « stupide » ou « zéro des zéros ». L’opposition a crié à la collusion honteuse. « Nommer une personne soupçonnée de viol à ce poste est un acte de trahison morale », a dénoncé une députée en séance.

Une défense acharnée du Likoud

Face à la lecture du témoignage de la plaignante et aux appels à suspendre la nomination jusqu’à clarification, la majorité a contre-attaqué. Le député Ofir Katz, président de la coalition, a ironisé :

« Si c’est si grave, pourquoi la plaignante ne l’a-t-elle pas dénoncé immédiatement, plutôt qu’attendre deux ans ? Cela ne vous gêne pas ? »

Quant à la députée Tali Gottlieb, elle a assumé un soutien frontal à Milvitsky :

« Je soutiens Hanoch. Il est impossible que le parquet n’ait cité personne à comparaître pendant un an. Sa plaignante a séjourné longtemps en Israël avant de partir. Ce qu’on sait de sa déclaration aujourd’hui, c’est qu’elle ne prévoit même pas de citation. Ils ne comprennent rien à la présomption d’innocence. »

Elle a exhorté ses collègues à voter pour lui : « Nous avons une majorité : votez pour Hanoch. »

Des propos violents et des insultes à la Knesset

Le climat s’est tendu au point d’effleurer l’incident physique. Vladimir Belyak (Yesh Atid) et Nissim Vaturi (Likoud) se sont invectivés en se traitant mutuellement de « zéro des zéros ». Vaturi est allé plus loin, qualifiant l’assistante parlementaire de Naama Lazimi de « stupide, criminelle, idiote ».

Le député Oded Forer (Yisrael Beiteinu) a dénoncé l’absurdité du débat :

« Si un soldat à Gaza ou un otage savait à quoi la Knesset s’occupe, il aurait honte. Ce vote est né du péché. Il est là pour faire avancer une loi d’évasion, pas pour servir l’État. »

L’opposition dénonce une déchéance morale

La réaction du chef de l’opposition, Yair Lapid, a été cinglante :

« Cette nomination franchit une ligne rouge. Elle banalise les violences sexuelles. Cette coalition misogyne détruit ce qu’il reste du tissu social israélien. »

Avant le vote, les présidentes de factions Yesh Atid, Bleu et Blanc et Démocrates – Meirav Ben Ari, Pnina Tamano-Shata et Efrat Reitan – ont dénoncé la nomination dans un communiqué commun.

Selon Pnina Tamano-Shata :

« Cela porte atteinte à la lutte contre les violences sexuelles. Le message envoyé aux victimes est dangereux. »

Ben Ari a enfoncé le clou :

« Cette unité automatique autour d’un suspect de viol – menée par le Likoud – est honteuse. Ils ne sont pas seuls. Les partis Haredi, Otzma Yehudit et le Sionisme religieux les soutiennent aussi. Quiconque vote pour cela devient complice. »

Efrat Reitan a conclu :

« C’est un moment grave. Cette coalition commence avec “tous les cigares” et finit avec “les délits sexuels sont absurdes”. La morale est bannie, la criminalité est de mise. »

L’enquête : viol, faux témoignage et tentatives d’étouffement

Vendredi dernier, Milvitsky a été interrogé pendant cinq heures par l’unité Lahav 433, spécialisée dans les affaires sensibles. Il est accusé d’avoir violé une femme dans une chambre d’hôtel et d’avoir tenté de la pousser à fournir un faux témoignage, alors qu’il était conseiller juridique de l’organisation Kabbala Le’am.

Il nie en bloc :

« Elle ment. Cette enquête est motivée par des persécutions politiques. »

Par ailleurs, la police envisage désormais de citer à comparaître une autre femme, qui ne s’était jamais plainte mais a affirmé que Milvitsky avait tenté de l’agresser sexuellement à son domicile il y a plus de dix ans. Elle travaillait également pour l’organisation Kabbala Le’am.

Deux autres personnalités sont également soupçonnées : l’avocat Zvi Gelman et le Dr Eli Vinokur. Le premier aurait signé une fausse déclaration sous serment déposée par la plaignante. Le second est suspecté d’avoir incité la victime à mentir devant le tribunal.

Le Likoud riposte en attaquant la justice

Dans un communiqué publié peu après le vote, le Likoud a accusé la procureure générale d’avoir lancé une enquête pour nuire politiquement à la coalition :

« Il est clair pour tous que cette enquête a été déclenchée pour des raisons étrangères. La procureure générale mène une croisade politique. »

Et d’ajouter :

« Depuis que le gouvernement a annoncé son intention de la révoquer, elle sabote son action, lance des enquêtes inconsidérées contre ses membres, et sape la démocratie israélienne. »

Pressions sur Netanyahou, mais silence à la tête de l’exécutif

Malgré les appels pressants de plusieurs ONG et élus, Benjamin Netanyahou est resté silencieux. Aucun mot, aucun geste. Une omerta politique que dénonce Meirav Ben Ari :

« Si le directeur de l’école de votre fille était suspecté de viol, souhaiteriez-vous qu’il reste en poste ? Attendre les conclusions avant de nommer, ce n’est pas renier la présomption d’innocence, c’est faire preuve de décence. »

Benny Gantz, président du parti Bleu Blanc, s’est exclamé :

« Sommes-nous devenus fous ? Aucun juste au Likoud pour dire “ça suffit” ? Aucun homme, aucune femme capable de penser à sa fille plutôt qu’à son agenda politique ? »

Une nomination qui fait date

En dépit des voix dissidentes, la coalition a maintenu sa position, sacralisant la solidarité politique au mépris des principes moraux. La Knesset a voté. Milvitsky est désormais à la tête d’un des postes les plus influents du parlement israélien. Mais cette décision pourrait marquer une rupture dans la conscience collective : le jour où l’impunité a pris le pas sur l’intégrité.

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