Le fondateur de Google, Sergey Brin, accuse l’ONU d’antisémitisme après un rapport explosif sur Israël

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Le fondateur de Google, Sergey Brin, accuse l’ONU d’antisémitisme après un rapport explosif sur Israël

Sergey Brin dénonce « l’antisémitisme manifeste » de l’ONU après un rapport accusant Google de complicité de génocide à Gaza

Le cofondateur de Google rompt le silence : « Je ne ferais pas confiance à une organisation ouvertement antisémite comme l’ONU »

Sergey Brin, l’un des fondateurs historiques de Google et figure emblématique de la Silicon Valley, s’est exprimé avec une rare vigueur dans un forum interne de l’entreprise, qualifiant les Nations Unies d’« organisation manifestement antisémite ».
Ce commentaire inhabituel, relayé par le Washington Post et confirmé par un membre actif du forum, a été provoqué par la publication d’un rapport de l’ONU accusant Google d’avoir contribué à un prétendu génocide à Gaza en fournissant ses services technologiques à l’armée israélienne.

« L’utilisation du terme génocide dans le contexte de Gaza est très offensante pour les Juifs », a écrit Brin dans une discussion interne à Google DeepMind, la branche intelligence artificielle du géant californien. « Je ne ferais pas confiance à une organisation ouvertement antisémite comme les Nations Unies », a-t-il insisté, suscitant un mélange de surprise et de trouble parmi les quelque 2 500 membres du forum, principalement des chercheurs en IA.

Un rapport polémique signé par une juriste très contestée

Le rapport incriminé a été rédigé par Francesca Albanese, juriste italienne et Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés.
Depuis l’attaque du 7 octobre, Albanese s’est signalée par des prises de position violemment critiques à l’égard d’Israël, publiées notamment sur son compte X (ex-Twitter). L’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU a même réclamé sa destitution, dénonçant son antisémitisme notoire et ses préjugés persistants contre l’État hébreu.

Dans ce document, Albanese affirme que Google, Amazon et d’autres entreprises technologiques américaines ont tiré profit du “génocide israélien” en fournissant des infrastructures numériques, notamment via le projet Nimbus, un contrat de 1,2 milliard de dollars signé en 2021 entre l’État d’Israël et les deux géants du cloud.
Ce partenariat prévoyait le soutien aux agences gouvernementales israéliennes grâce à des solutions d’hébergement cloud et des outils d’intelligence artificielle, en particulier après l’effondrement du système interne de Tsahal à la suite d’une attaque du Hamas.

Des accusations jugées biaisées et diffamatoires

Face à cette dénonciation sans nuance, Sergey Brin a tenu à replacer le débat dans une perspective historique et morale. « Avec tout le respect que je vous dois, utiliser le terme ‘génocide’ dans ce contexte est profondément offensant pour de nombreux Juifs qui ont vécu un véritable génocide », a-t-il souligné dans son message, ajoutant que l’ONU n’était
« pas une source fiable sur ces sujets ».

Dans une déclaration transmise par son porte-parole, Brin a précisé : « Mes commentaires ont été formulés en réponse à une discussion interne fondée sur un rapport clairement biaisé et trompeur ». Jusqu’à présent, ni Google ni les Nations Unies n’ont officiellement réagi à l’article du Washington Post.

Des tensions internes déjà vives chez Google

Ce n’est pas la première fois que le lien entre Google et Israël provoque des remous au sein de l’entreprise. En 2024, plusieurs salariés avaient été licenciés après avoir protesté publiquement contre le contrat cloud signé avec l’État hébreu.
Le PDG de Google, Sundar Pichai, avait alors adressé une note interne pour rappeler que « le lieu de travail ne devait pas être un espace de confrontation politique ou de débats sur des sujets controversés ».

Autre élément de discorde : en février dernier, Google a discrètement modifié ses lignes directrices éthiques, supprimant une clause interdisant l’usage de l’intelligence artificielle à des fins militaires ou de surveillance. Ces principes avaient été édictés en 2018, en réponse à des mobilisations internes dénonçant les implications morales des contrats avec le Pentagone.

Une révélation embarrassante : l’aide directe à Tsahal

Malgré des tentatives publiques de distanciation, un précédent rapport du Washington Post avait révélé en janvier que des documents internes montraient que des employés de la division cloud de Google avaient collaboré directement avec le ministère israélien de la Défense. Leur mission : fournir un appui technologique immédiat après l’attaque du 10 juillet, en mobilisant des outils d’intelligence artificielle sophistiqués.

Un échange tendu entre ingénieurs IA

C’est dans ce contexte explosif qu’est apparue la réponse de Brin, publiée sur le forum interne surnommé « GDM Hot Goss », dans une discussion où un ingénieur de recherche s’était montré indigné par le rapport de l’ONU. Il avait conclu avec amertume : « Le seul point positif ici, c’est que nous investissons tout notre temps et notre argent dans Gemini, et non dans quelque chose de plus utile pour le génocide. »

Ce commentaire acerbe n’est qu’un reflet de la fracture morale et politique qui traverse la communauté technologique depuis le début de la guerre. En prenant la parole, Sergey Brin – lui-même Juif, né en Union soviétique – vient rappeler que certains seuils éthiques et historiques ne peuvent être franchis sans conséquences.
Son intervention marque un tournant dans la posture de la haute direction de Google face aux accusations de collusion avec Israël, et plus largement face à l’hostilité grandissante de certaines institutions internationales à l’égard de l’État juif.

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