Ramat Gan bannit Eyal Golan : pas de concert dans le stade municipal

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Ramat Gan bannit Eyal Golan : pas de concert dans le stade municipal

𝙍𝙖𝙢𝙖𝙩 𝙂𝙖𝙣 𝙗𝙖𝙧𝙧𝙚 𝙡𝙖 𝙧𝙤𝙪𝙩𝙚 𝙖̀ 𝙀𝙮𝙖𝙡 𝙂𝙤𝙡𝙖𝙣 : 𝙡𝙖 𝙢𝙪𝙣𝙞𝙘𝙞𝙥𝙖𝙡𝙞𝙩𝙚́ 𝙧𝙚𝙛𝙪𝙨𝙚 𝙦𝙪’𝙞𝙡 𝙘𝙝𝙖𝙣𝙩𝙚 𝙙𝙖𝙣𝙨 𝙨𝙖 𝙫𝙞𝙡𝙡𝙚

Un concert prévu, un passé qui dérange et une levée de boucliers municipale : la ville de Ramat Gan dit non à Eyal Golan.

La polémique couvait depuis plusieurs jours, elle est désormais officielle. La municipalité de Ramat Gan a annoncé dimanche soir qu’elle n’autoriserait pas Eyal Golan à se produire dans le stade municipal. Dans une lettre adressée directement à la Fédération israélienne de football, gestionnaire actuelle du lieu, les autorités locales ont exprimé leur refus catégorique, soulignant que l’organisation d’un concert ne pouvait se faire sans l’aval explicite de la ville.

Cette décision prend racine dans un accord récemment établi entre le chanteur Eyal Golan et la Fédération, qui envisageait de programmer six soirées de concert au stade.
Une opération de grande envergure qui, selon la mairie, risquait de causer
« des nuisances sonores pour les riverains et des complications majeures de circulation sur les principaux axes de la ville ».

Mais au-delà des considérations logistiques, c’est l’image du chanteur qui semble poser problème. Bien que Golan n’ait jamais été condamné, son nom reste associé à une affaire d’exploitation sexuelle de mineures révélée en 2013, dans laquelle son père fut inculpé. Eyal Golan avait alors été entendu par la police dans le cadre de cette enquête, ce qui avait fortement entaché sa réputation malgré un non-lieu.

La guerre contre l’Iran avait conduit à l’annulation d’une première série de concerts de Golan au stade Bloomfield. Cherchant une nouvelle scène pour renouer avec son public, il avait trouvé refuge dans l’enceinte de Ramat Gan. C’était sans compter sur la résistance politique locale.

Roy Barzilai, avocat et maire adjoint de Ramat Gan, a publié un message sans équivoque sur sa page Facebook :

« Eyal Golan ne doit pas apparaître à Ramat Gan. Le stade appartient actuellement à la Fédération de football, et je pense que nous, les propriétaires, devrions également faire une déclaration claire. J’ai contacté la Fédération aujourd’hui pour lui demander de ne pas louer le stade à Eyal Golan. »

Dans un second message, Barzilai a enfoncé le clou :

« Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’expliquer pourquoi de tels comportements inacceptables ne devraient pas être normalisés. Les institutions publiques doivent intégrer des valeurs dans leurs décisions. Un organisme qui lutte contre la violence sur les terrains de football ne peut pas prendre à la légère la violence et l’humiliation envers les femmes. J’espère sincèrement que cela n’arrivera pas. »

Face à cette prise de position, la municipalité a tenu à rappeler l’ordre institutionnel :

« La seule position qui représente la municipalité est celle de l’administration municipale, par l’intermédiaire de la porte-parole municipale ou du maire. »

Interrogé par la chaîne N12, un haut responsable de la Fédération de football a tenté de calmer le jeu :

« Le contrat avec Eyal Golan n’a pas encore été signé, nous examinerons favorablement toute prestation de chanteur. » Il a par ailleurs laissé entendre que la question pourrait désormais être tranchée devant les tribunaux, tant le désaccord entre la Fédération et la municipalité semble profond.

Enfin, la ville précise qu’elle avait accepté, à titre exceptionnel et rétroactif, de valider des concerts précédemment approuvés par l’association, notamment celui du chanteur Omer Adam. Mais elle refuse que le stade se transforme en salle de spectacle à répétition, notamment durant les mois d’été, au nom de la tranquillité des habitants.

Un bras de fer se dessine à Ramat Gan, entre liberté artistique, exigence morale et droit municipal. Eyal Golan, figure controversée de la scène musicale israélienne, en fait une nouvelle fois les frais.

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