L'efficacité contestée des éliminations ciblées d'Israël contre le Hamas

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L'efficacité contestée des éliminations ciblées d'Israël contre le Hamas

Netanyahou et la stratégie des éliminations ciblés : Israel est-il plus sûr ? 

Il y a vingt ans, Benjamin Netanyahou, alors ministre des Finances, affirmait que l’élimination de dirigeants du Hamas, comme le cheikh Ahmed Yassine, dissuaderait le mouvement islamiste de continuer à combattre Israël.

« Même si, à court terme, la réponse du Hamas est dure, à long terme, cela aura pour effet de freiner le Hamas et les autres organisations terroristes, car leurs dirigeants sauront qu’ils seront détruits », avait-il déclaré.

Aujourd’hui, Netanyahou, désormais Premier ministre, continue de défendre cette stratégie, insistant sur la nécessité de traquer les leaders du Hamas dès le début de la guerre à Gaza.

Les autorités israéliennes voient dans ces éliminations un moyen de créer un climat de peur chez leurs ennemis, surtout après l’échec sécuritaire qui a permis au Hamas de mener l’attaque meurtrière du 7 octobre, causant la mort de 1 200 Israéliens.

Depuis le début de la guerre à Gaza, Israël affirme avoir éliminé plusieurs hauts dirigeants du Hamas, dont le chef militaire du mouvement.

Cependant, le Hamas montre une capacité de résilience impressionnante, en remplaçant systématiquement ses leaders disparus par d'autres figures, parfois encore plus déterminées à poursuivre la lutte contre Israël.

Cette semaine encore, après la mort supposée d’Ismaïl Haniyeh à Téhéran, le Hamas a nommé Yahya Sinwar, un vétéran du mouvement ayant des liens étroits avec l’Iran, pour le remplacer.

« Les trente dernières années ont prouvé que les éliminations ne font qu’enhardir le mouvement », a déclaré Azzam Tamimi, auteur d’un livre sur le Hamas. « Ils le rendent plus fort et plus populaire. »

L'extension des éliminations ciblés au-delà des frontières de Gaza augmente le risque d'une escalade régionale.

Vendredi dernier, une frappe israélienne à Sidon, au Liban, a tué un commandant local du Hamas, suspecté d’avoir lancé des missiles sur Israël.

Cette attaque est la septième en son genre sur le sol libanais depuis le début de la guerre à Gaza.

Par ailleurs, la mort d’Ismaïl Haniyeh à Téhéran, survenue peu après l’élimination d’un haut commandant du Hezbollah à Beyrouth, fait craindre une riposte de l’Iran et du Hezbollah.

Cette situation rappelle celle du mois d’avril, lorsque l'assassinat présumé de dirigeants iraniens à Damas a entraîné une attaque massive contre Israël, surprenant par son ampleur les responsables israéliens.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, Israël a mené plus de 2 700 assassinats ciblés, un nombre record pour un pays occidental.

Ces actions visaient à dissuader les attaques, affaiblir les capacités militaires ennemies, ou envoyer un message clair : Israël éliminera quiconque cherche à lui nuire.

Toutefois, l'efficacité de cette stratégie est contestée.

L’histoire récente montre que les éliminations ciblées, même si elles perturbent temporairement les opérations ennemies, ne suffisent pas à mettre fin à la menace.

Depuis l’élimination de Yassine, le Hamas a survécu à plusieurs cycles de violence, adaptant ses stratégies et se renforçant à chaque nouvelle confrontation.

En 1997, une tentative d’assassinat de Khaled Meshaal, un autre leader du Hamas, a mal tourné, menant à une crise diplomatique avec la Jordanie.

Cet incident, ainsi que d’autres échecs, ont montré les dangers de cette politique pour Israël, tout en mettant en lumière la résilience des organisations ciblées.Chaque élimination alimentant un peu plus la haine et la volonté de vengeance de l’autre côté.

Comme l’a dit l’ancien chef du Mossad, Efraim Halevy : « Tondre la pelouse » ne suffit pas à éradiquer la menace, car elle repousse toujours.

Cette stratégie peut-elle vraiment mettre fin au conflit ou ne fait-elle que prolonger une guerre sans fin ?

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