L'évangile selon Pilate de Eric Emmanuel Schmitt : pour être un bon chrétien faut-il être un bon Juif ?

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L'évangile selon Pilate de Eric Emmanuel Schmitt : pour être un bon chrétien faut-il être un bon Juif ?

Rien de transgressif dans le titre quelque peu provoc, je l'assume et qui résume plutôt bien un livre de Eric Emmanuel Schmitt, L'évangile selon Pilate.

Vous connaissez ,certainement, cet auteur, dramaturge, à travers son oeuvre tel que Le Visiteur, d'ailleurs jouée, il y a peu de temps, à Tel-Aviv.

Profondément ancré dans un athéisme* de bon aloi, on devine pourtant, à travers on oeuvre,  sa quête du divin. Ainsi, il écrira en 2001 L'évangile selon Pilate qui sera aussi joué au théâtre.

L'auteur s'attache à l'homme qu'a pu être Yéochoua dit Jésus, à son parcours, à sa mort puis à sa résurrection, "Sans cette dernière il n'y aurait pas eu de Jésus"précise-t-il.

Cette résurrection fait l'objet d'une enquête policière, ordonnée, rationnelle, on approche de la Vérité; d'un dénouement on ne peut plus logique.
"Mais bon sang, mais c'est bien sûr ! "S'entend on nous dire, au moment où l'on pense détenir enfin la clé de l'énigme tout comme dans le livre de Gérald Messadié "L'homme qui devint Dieu." :"il n'y a pas eu de résurrection car yehochoua n'est pas mort sur la croix."

C'est un instant rassurant, où tout semble rentrer dans l'ordre, car même si la question est plus importante que la réponse, l'intranquillité n'est pas confortable.

Ce n'est qu'une pause accordée au lecteur .Et le voilà reparti, séance tenante à la poursuite d'un cadavre, non pardon, d'un "survivant" qui se cache et panse ses blessures quelque part en Galilée.
Pilate, aussi, part.  Il ne sait pas où le pousse ses pas. Il suit un mouvement, il est le mouvement de cette enquête. Mais, acceptera-t-il la question en guise de réponse ?

Épaissir le mystère est organique. On peut répondre à une question, résoudre un problème par des solutions mais le mystère ne se résout pas, il est accepté ou nié.

Le premier manuscrit de ce livre a été volé, avant même qu'il ne soit envoyé à son éditeur. Ce livre qu'il est espérait comme le "messie" ne vient décidément pas.

Eric Emmanuel Schmitt, se remet à la tâche, ne lâche pas, une nouvelle version est née et il en profite pour ajouter un chapitre, "journal d'un roman volé".

Il tétanise son lecteur quand il parle soudainement de Judas le mal aimé.
Judas qui dans la vision chrétienne est le Juif qui a trahi Jésus, omettant de dire que Jésus était lui même Juif.

Il rappelle qu'il était le disciple préféré de son maître.
"Judas réduit au rôle de traite cupide, est une trahison de l'histoire de Jésus."
Mais pourquoi l'aurait il fait d'ailleurs ? " Pour 30 deniers ! ".
C'est là que se fige le fondement de l'antisémitisme chrétien.
Non, Judas n'était pas cupide, il était le trésorier des disciples de Jésus. "Et de plus si Judas était si cupide pourquoi se serait il pendu le lendemain ? Son suicide contredit sa prétendue trahison. L'intervention de Judas était nécessaire à l'accomplissement de Jésus." analyse l'auteur.

Mais alors qui a tué Jésus ? Les Juifs. Mais alors nous sommes tous Juifs. Si Jésus est l'histoire d'un Juif dans un pays juif, c'est un homme victime de ses compatriotes.

"Lorsqu'il est recherché puis condamné par le Sanhédrin, il est rattrapé comme tous les mystiques et les êtres libres, par l'institution qui ne souhaite pas qu'on entende une autre parole que la sienne. Chaque Église, chrétienne ou musulmane en son temps, a chassé le franc-tireur, dénoncé l'hérésie, refusé d'entendre une voix différente, surtout lorsqu'elle devient populaire ."

La majorité des premiers chrétiens étaient des Juifs pieux, yehochoua était un érudit.
Il a interprété les textes, sans s'enfermer dans les interprétations.
Un électron libre érudit ? Il  y a de quoi séduire.
Le schisme entre la chrétienté et le Judaïsme est irréversible, à mon sens.

Chacun attend son Messie, de son côté. Nous les Juifs nous savons qu'il est de la lignée de David, et les chrétiens attendent le retour de  Jésus descendant de la lignée de David.
Contrairement à Sabbataï Tsevi, Jésus n'était pas un faux messie, il ne s'est jamais autoproclamé ainsi. Il ne s'est pas converti pour éviter la mort. Il n'était pas le fils de Dieu.
Dieu n'a pas besoin de fils puisqu'il est le créateur du monde. Il utilise des prophètes, des ponts entre les hommes et sa parole.
Claudine Douillet 

L'Évangile selon Pilate est le deuxième roman écrit par l'auteur lyonnais Éric-Emmanuel Schmitt. Il est paru en 2000. Une adaptation de ses deux parties pour le théâtre est publiée sous le titre Mes évangiles.

Il raconte les événements de la fin de la vie de Jésus et des semaines suivantes à travers le regard de Jésus, puis celui du préfet Ponce Pilate.

 

* Eric Emmanuel Schmitt est également l'auteur La nuit de feux , où il raconte sa rencontre avec Dieu. Un témoignage alors qu'il était perdu dans le désert du Sahara. Cet événement bouleversera l'auteur et toute l'oeuvre qui s'ensuit.

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