Israël est un pays stressant, il est où le bonheur ?

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Israël est un pays stressant, il est où le bonheur ?

Israël est un pays stressant.
Régulièrement je me plonge dans son actualité pour en sortir quelques informations insolites, mais je suis face à un océan de drames et je ne parle même pas de la chronique dédiée aux criminels de l'état d'Israël, considérés, ici,  pour beaucoup, comme des dieux qui échappent régulièrement aux mailles des filets pourtant si serrées pour les gens ordinaires.

Israël est un pays de paradoxes, turbulent, plein de vie, d'énergie qui nous donne l'illusion que nous sommes bien vivants.

Je ne crois pas que ce soit nécessaire de vivre dans cette précarité émotionnelle pour ressentir le bonheur d'être vivant.
Echappé à la mort n'est pas le bonheur, c'est juste un coup d'adrénaline. Et c'est exactement ça, Israël. Israël est un défi et in facto nous le sommes aussi.

Israël, est un pays où l'adrénaline est sollicitée à toute heure de la journée.
Vous vous estimez heureux parce que tout s'est relativement bien passé dans votre journée.

C'est un bonheur facile, parce qu'il ne demande pas grands efforts, sauf celui d'éviter tous conflits, toutes réflexions et accepter l'inacceptable celle d'une injustice sociale de plus en plus hurlante et que l'on entend frapper,à présent, jusqu'à nos portes.

Prenons le cas de Julie, de la semaine dernière :
Julie vit en location avec ses trois enfants, elle a aménagé son petit trois pièces en salon de coiffures. Julie est divorcée.

Par crainte d'une retraite insuffisante, elle souscrit à une assurance privée, Midgal.
Chaque mois elle paie son échéance tout comme celle de la Betouah Leumi, la toute puissante assurance maladie nationale.

Mais voilà, Julie, tombe malade, un cancer. L'assurance Midgal lui verse donc une indemnité pour compenser sa perte de revenus, ainsi que la Betouah Leumi et ceci en toute transparence. Aucune tentative de fraude.

Alors qu'elle se remet de 10 mois de chimio, elle reçoit un courrier de la Betouah Leumi, l'informant qu'elle doit rembourser 30 000 NIS soit prés de 10 000 euros.
Pourquoi ? C'est la question.

Selon les premiers éléments récoltés, l'assurance maladie nationale estime qu'elle n'a pas le droit de percevoir des revenus complémentaires.
Alors pourquoi ces assurances existent ? Comment vivre avec 3 enfants avec 4000 NIS et un loyer à payer ?
S'enchaîne un véritable bras de fer entre les lois du pays et les lois internes et obscures de la Betouah Leumi.

Les conséquences pour elle, ne se font pas attendre, le chèque de son loyer est rejeté par la banque, puisque l'assurance maladie a suspendu ses versements, sans la prévenir.

Seule avec 3 enfants, Julie est une jeune femme très forte certes. Mais pourquoi dépenser tant d'énergie pour vivre dans de telles conditions ? Et à cette sempiternelle question,  presque toujours la même réponse :

" j'aime Israël et non je ne retournerai pas en France"

Cette réponse résume assez bien l'amour que l'on a pour la terre d'Israël , à cette promesse non encore tenue mais à venir, certainement...
À ce lien indéfectible avec Dieu, irrationnel,, certes mais tellement puissant.
Et d'ailleurs, qui peut rivaliser avec ? Même pas l'euro qui s'écroule face à un shekel devenu trop fort en un rien de temps.

Il ne faut pas confondre la terre d'Israël et l'état d'Israël.
La première a été donnée aux Hébreux, c'est notre héritage et le second est un état riche, très riche et qui laisse un tiers de sa population crever de faim.

Nous sommes tous envahis par la puissance de sentiments contradictoires, celui d'avoir le mérite de vivre en Israël et celui de ne pas pouvoir y vivre correctement.
Le désir d'aller voir ailleurs et ce sentiment, étrange, de culpabilité qui nous fait repousser l'échéance, encore un peu.
Car Israël est un symbole. Le symbole du pays des Juifs, des Juifs de retour sur leur terre.
On ne combat pas un symbole. On l'assume.

600 000 enfants ont fait leur entrée scolaire avec le ventre vide. Près de 2 millions d'Israéliens vivent en grande précarité. Ce sont les faits. 

 "Ils dénigrèrent devant les Israélites le pays qu'ils avaient exploré. Ils dirent: «Le pays que nous avons parcouru pour l'explorer est un pays qui dévore ses habitants. Tous ceux que nous y avons vus sont des hommes de haute taille. " Nous y avons vu les géants, les descendants d'Anak qui sont issus des géants. " Nombre 13-14.

C'est une terre qui ne dément pas sa réputation. Elle dévore ses habitants et seuls les riches, les grands donc, peuvent vivre ici.

C'est dans ce verset qui est également l'origine du mal dont souffre les Juifs, ne pas dénigrer la terre d'Israël. Mais, encore une fois ne confondons pas la terre d'Israël et l'état d'Israël.

Si nous ne dénonçons pas le mal fait à son peuple, nous sommes, alors complices de ce mal
Ne rien dire, ne rien faire, c'est faire le mal.
L'injustice sociale, les lois arbitraires sont les prémices d'une république bananière.

Ne serait ce que pour la journée d'aujourd'hui, je lis dans les médias israéliens :
Un jeune soldat meurt dans un accident de la route, à cause d'une ambulance qui a grillé un feu rouge, ses deux amis qui l'accompagnait son également dans un état critique, mais lui, Oded Hagar est mort !
Une fillette de deux ans fait les courses dans un supermarché à Eilat et se fait électrocuter en posant ses mains sur un congélateur.
Un véhicule perd le contrôle de sa voiture et s'encastre dans une baie vitrée de la gare Hashalom.
Un adolescent de 16 ans sur son vélo électrique renverse une fillette de 4 ans et s'enfuit.
A jérualem , un motocycliste est heurté par le tramway est en soins intensifs. Inutile de continuer.

La violence, la négligence, sont partout.
Certes, c'est un pays jeune, remplie de promesses et nous fermons les yeux sur ses erreurs de jeunesse. C'est pour cette raison que notre adrénaline est tant sollicitée et notre bonheur si fragile. Il ne résulte en rien d'un bonheur profond lié à la sérénité ou à la joie de vivre, il est juste une parenthèse à un danger imminent.

Il y a quelques années encore, lorsque je publiais les faits des médias israéliens, (des traductions pas même des analyses), je recevais une volée de bois vert.
Peu de lecteurs, à cette époque, n'accepter le fait que l'état d'Israël n'était pas parfait, (c'est un euphémisme).

Aujourd'hui, face à l'euro qui s'affaiblit, à un pouvoir d'achat de plus en plus restreint, la majorité a compris que la terre promise est une illusion.
C'est nous la promesse pour cette terre. C'est l'homme, la femme qui sanctifient le lieu.  

Beaucoup vont retourner à la case départ , la France de leur enfance, avec un sentiment d'échec, celui d'avoir été rejeté par la terre d'Israël. C'est faux.

Ce n'est pas la terre d'Israël qui vous a rejeté mais un pouvoir, un abus de pouvoir dirais-je, qui ne cesse de laminer les plus fragiles d'entre nous.

Effectivement, le commandement dit que nous ne devons retarder d'aucune manière notre installation sur notre terre, ne pas prolonger l'exil.
Mais, il est également dit que pour subvenir aux besoins de sa famille , vous avez le droit d'aller vivre là où vous avez un travail.
Le véritable échec est de persister dans une voie qui nous fait du mal.

Se sentir vivant n'est pas suffisant, se sentir vivre c'est la vie et Tu choisiras la vie est le commandement.

Claudine Douillet

 

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