Israël: des inspecteurs civils nommés pour expulser les migrants

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L'Autorité de la Population et de l'Immigration du ministère de l'Intérieur a annoncé dimanche qu'elle recruterait 100 "inspecteurs civils" avec une promesse de près de 9.000 dollars de primes chacun pour expulser les demandeurs d'asile africains vers un pays tiers non spécifié.

Selon l'Autorité, à partir du mois de Mars - un mois avant l'expulsion massive - et pendant les deux prochaines années, les inspecteurs travailleront exclusivement à identifier et expulser les quelque 38 000 demandeurs d'asile érythréens et soudanais résidant actuellement en Israël.

Bien que les détails de l'initiative restent flous, l'Autorité a déclaré que les inspecteurs recevraient un salaire non spécifié, plus une prime de 20 000 NIS au bout d’un an, et 30 000 NIS au bout de deux ans.

Les exigences du travail comprennent une formation de niveau secondaire et, de préférence, une expérience de combat militaire ou de sécurité, a déclaré l'Autorité.

La plupart des recrues concentreraient leur travail dans le sud de Tel-Aviv, où vivent la grande majorité des demandeurs d'asile africains, dans des ghettos pauvres.

Parmi les 100 inspecteurs, plus de deux douzaines concentreraient leurs activités sur un soi-disant programme de rapatriement volontaire, où les demandeurs d'asile accepteraient 3500 $ pour quitter volontairement le pays.

La majorité travaillera dans l'Unité de Détermination du Statut de Réfugié du Ministère de l'Intérieur, où elle examinera les demandes d'asile afin de déterminer si le degré de risque auquel chaque demandeur est confronté depuis son pays d'origine lui donne droit à l'asile.

D'autres seront payés pour localiser et verbaliser les entreprises locales qui emploient illégalement des migrants africains, et coordonner les plans de voyage pour les personnes expulsées.

Les expulsions forcées du mois d'Avril, ou l'emprisonnement à durée indéterminée, des demandeurs d'asile soudanais et érythréens ont entraîné de nombreuses campagnes menées par des organisations de défense des droits humains pour contrecarrer l'opération.

Alors que le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur Aryeh Deri et la ministre de la Culture Miri Regev ont fustigé les demandeurs d'asile, les qualifiant «d’infiltrés» et de «criminels», un mouvement grandissant s'oppose aux déportations considérées comme inhumaines et antithétiques aux valeurs juives.

Le tweet de l'ambassadeur du Rwanda en Israël

Le tweet de l'ambassadeur du Rwanda en Israël

La semaine dernière, plusieurs pilotes d'El Al ont déclaré qu'ils refusaient d’embarquer les demandeurs d'asile vers n'importe quel pays tiers contre leur volonté, et des dizaines de survivants de l'Holocauste ont déclaré qu'ils les protégeraient chez eux si nécessaire.

De plus, d'éminents dirigeants de la communauté juive nord-américaine ont envoyé une lettre ouverte au Premier ministre Benjamin Netanyahu pour lui demander de permettre aux Juifs de la diaspora de résoudre le problème controversé de manière humaine.

Dimanche, le directeur général de l'Autorité, Shlomo Mor-Yosef, a déclaré que seuls les hommes soudanais et érythréens considérés comme des "migrants économiques" seraient expulsés, tandis que les femmes et les enfants seraient autorisés à rester dans le pays, a rapporté Haaretz.

De plus, Mor-Yosef a prétendu que les comparaisons entre les demandeurs d'asile africains et les Juifs cherchant asile pendant l'Holocauste sont «stupides et manipulatrices», tout en insistant sur le fait que les déportés ne sont pas des réfugiés et ne seront pas expulsés.

Même si aucune mesure ne sera prise à l'encontre des demandeurs d'asile tant que leur demande d'asile n'aura pas été examinée, l'Autorité doit encore examiner plus de 13 000 demandes et n'a accordé l'asile qu'à 11 Érythréens et Soudanais depuis 2013.

La semaine dernière, l'ambassadeur du Rwanda en Israël, Olivier Nduhungirehe, a publié sur Twitter un démenti formulé à propos de rapports selon lesquels son gouvernement aurait conclu un accord secret avec Israël pour accepter des demandeurs d'asile expulsés avec force à 5 000 dollars par tête.

"Soyons clairs: le Rwanda ne recevra JAMAIS un migrant africain déporté contre son gré", écrit-il. "Notre politique de la porte ouverte ne s'applique qu'à ceux qui viennent volontairement au Rwanda, sans aucune forme de contrainte. Toute manipulation de femmes, d'hommes et d'enfants en détresse est effroyable. "

Source : Jpost

Copyright: Alliance

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