USA : le choix difficile des Juifs républicains

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Pour quel candidat républicain les Juifs dont le coeur penche à droite voteront-ils lors des primaires américaines ? Pour Donald Trump ? Sans doute pas.

Le milliardaire populiste, fidèle à son habitude, s'est laissé aller à des propos flirtant avec des préjugés inacceptables. Devant une assemblée juive, il a fait allusion ironiquement aux fortes sommes d'argent que les Juifs pourraient lui donner, tout en louant les qualités supposées de l'assistance dans l'art de la « négociation ».

Donald Trump

Donald Trump

Ces déclarations ambiguës ont déplu à Jérusalem, et on sait que le voyage de Donald Trump en Israël a été déprogrammé. Le rabbin Bernard Rosenberg, qui militait pour le magnat de l'immobilier (sa campagne sur Internet était intitulée : « Un rabbin pour Trump »), lui a d'ailleurs retiré son soutien fin janvier, expliquant que le directeur de campagne du sulfureux candidat lui avait confié « ne plus se soucier du vote juif ».

En outre, Bernard Rosenberg et ses amis espéraient que Trump « apporte son appui total à Israël ». Il n'en a rien été, même s'il a indiqué qu'il était favorable au déménagement de l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem - avant de se rétracter.

Au demeurant, Bernard Rosenberg a déclaré en décembre à un journal juif régional, le New Jersey Jewish News, qu’il militait pour Trump « car il est favori ». Une façon d'être du côté du manche... Mais son champion d'alors a été distancé, contre toute attente, lors des primaires de l'Iowa.

Ce qui motive surtout les Juifs conservateurs est le discours anti-immigration du milliardaire. Beaucoup sont excédés par la comparaison fréquente entre les Juifs de l'époque nazie et les réfugiés musulmans d'aujourd'hui. « Nous n'avions nulle part où aller, commente un responsable communautaire. L’Europe peut certainement recevoir les Syriens et les pays arabes aussi. Une telle comparaison déprécie donc les survivants de la Shoah ».

Cela dit, tous les candidats républicains sont opposés à une immigration massive en provenance du Moyen-Orient, même s'ils évitent les outrances dont Trump est coutumier. On se souvient qu'il a carrément suggéré d'« interdire l'entrée du pays à tout individu de confession musulmane ».

Reste, dans la course à l'investiture, Jeff Bush. Mais il est fortement distancé dans les sondages. Ami sincère d'Israël, il bénéficie du soutien de grands donateurs juifs comme Fred Zeidman du Texas, Mel Sembler de Floride ou Sam Fox du Missouri.

A eux 3, ils ont levé plus de 100 millions de dollars pour l'héritier de la prestigieuse famille de présidents... en pure perte, car il n'a aucune chance de l'emporter.

En revanche, le très conservateur Ted Cruz, qui est arrivé en tête de la primaire de l'Iowa et ne cesse de grimper dans les enquêtes d'opinion, pourrait être un cheval gagnant.
Or, c'est le candidat qui cite Israël le plus souvent dans ses discours. « Si vous voulez un homme qui se tienne sans s'excuser aux côtés de l'Etat juif, a-t-il lancé récemment, alors votez pour moi, pour un candidat qui mène le combat en faveur d'Israël ».

On vient d'apprendre, d'ailleurs, que le milliardaire juif Sheldon Adelson, ami de Benjamin Netanyahou et « ambassadeur » du Likoud dans les milieux d'affaires américains, soutenait Ted Cruz.

En même temps, ce dernier a multiplié les attaques contre « l'élite new-yorkaise et ses valeurs ». C'est aussi un évangéliste qui fréquente assidûment les églises. Il n'est pas sûr que cela séduise tous les Juifs classés à droite.

Quant à Marco Rubio, c'est un catholique d'origine cubaine qui ne s'est pas distingué par un soutien sans faille à Israël. Il est forcément proche de la grande communauté juive de Floride, dont il est l'élu. Mais ses positions « centristes » et pondérées sur le conflit du Proche-Orient ne plaisent pas à une frange non négligeable des Juifs républicains, dont le soutien à la droite israélienne est total et souvent crucial dans leur vote final.

Le choix est cornélien...

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