« Hyper caché » le drôle de livre d'un ex-otage de l’Hyper Cacher 

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Un an après le massacre de l'hyper Cacher, à Vincennes, où quatre victimes Juives ont été tuées,Yohann Dorai, un des otages d'Amedy Coulibaly qui se cachait dans la chambre froide du magasin, se confie, dans un livre, racontant les heures d'angoisses passées, préférant l'humour au désespoir.

Ce chauffagiste francilien de 39 ans pensait que sa mort était certaine. Il était l'un des sept otages enfermés dans la chambre froide de l'Hyper Cacher.

Voulant combattre le désespoir, c'est avec humour et d'une façon peu banale que ce père de quatre enfants, raconte ces heures d'angoisse, ce jour-là.

Ce jour là, il s’apprêtait à partir au ski avec des amis. Alors que c'est la première fois qu'il met les pieds dans cette supérette. C'est au moment de faire son choix au rayon vins, qu'il entend tout à coup des tirs en rafale, il n'a alors, à ce moment là aucune visibilité sur l'entrée et donc aucun moyen de savoir ce qui se passe. Au bout de trois ou quatre secondes, son ami Rudy court vers lui en criant « kalach, kalach ! » Cette fois, il comprend.

Par chance, Rudy avait travaillé à l'Hyper Cacher il y a une dizaine d'années. Il l'emmène en courant vers la sortie de secours, accompagné d'une quinzaine d'autres clients. La sortie est fermée. Les tirs se poursuivent. Ils pensent rapidement que la chambre froide peut être une cachette acceptable, mais certains clients choisissent alors de remonter, car Coulibaly se doute que des personnes se cachent. Ils restent à sept, dont un bébé de 11 mois et sa maman.

La chambre froide fait 6 ou 7 m², avec une hauteur qui ne permet pas de rester debout. Pendant quatre heures, il essaie de faire rire la galerie, alors qu'au fond de lui, il est persuadé de mourir. "Je fais des selfies en grimaçant pour faire sourire le bébé. Je lui donne mes clés et mon téléphone pour qu'il joue avec. Je raconte aux autres otages qu'une fois sortis, nous irons manger le couscous et les boulettes que ma femme va préparer pour le dîner". C'est aussi sa façon à lui d'extérioriser la peur qui le dévore.

Caché dans la chambre froide avec six autres clients, malgré ses peurs, Yohann Dorai fait un selfie pour tenter de faire rire.


Un livre écrit pour rendre hommage aux policiers et aux victimes décédées. Pour l'aider, lui aussi  à se reconstruire : "je dors deux heures par nuit en moyenne, et chaque bruit inhabituel de la rue me fait sursauter. J'aimerais aussi que mon témoignage soit un exemple pour d'autres. Dans le chaos le plus total, le rire et la bonne humeur peuvent être un rempart contre le désespoir." souligne Yohann Dorai.

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