Quoiqu'il arrive je ne quitterai pas la France

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Il y a quelques jours, je me suis rendu à une coutume suivie par de plus en plus de juifs : la traditionnelle « coupe de cheveux » d’un enfant de trois ans.

Elle se passe généralement au sein de la synagogue. C’est également l’occasion pour beaucoup d’enfants de se retrouver et de faire la fête.

Eux si insouciants à cet âge, se sont alors retrouvés confrontés à une image incompréhensible : des soldats armés et postés devant leur salle, décorée pour l’occasion de dessins et de ballons.

A l’intérieur de leur caverne d’Ali Baba se trouvaient également d’autres soldats qui se reposaient afin de pouvoir prendre le relais de leurs collègues.

C’est alors qu’une petite fille a questionné sa maman : « Pourquoi il y a pleins de militaires ? ».
Que lui répondre ? Qu’ils sont là pour protéger les juifs ?
« Mais pourquoi donc ? », lui aurait sans doute demandé la fillette.
Car en France, en 2015, les juifs ne sont plus en sécurité.

Cette phrase est terrible et pourtant si vraie. Mon pays est malade et souffre terriblement
Ma belle France est atteinte d’une "Antisémite Aigüe" et le premier symptôme date de 2012, lorsque Mohamed Merah a tiré, à bout portant, dans une école juive de Toulouse.

Depuis, les actes antisémites se sont multipliés jusqu’à ce fameux 9 janvier où un supermarché cacher s’est transformé en terrain de guerre.

Je vois alors de nombreuses personnes, la peur au ventre, s’interdisant désormais de porter une étoile de David autour du cou et de sortir avec une kippa sur la tête, ou faisant profil bas lorsqu’ils quittent la synagogue le samedi soir.

D’autres quittent le pays. La tentation du départ a augmenté et beaucoup d’entre nous ont déjà franchi le pas. Eliette Abecassis a d’ailleurs écrit un très beau livre sur le sujet, l’Alyah.

Alors, devons nous tous partir en Israël, la terre promise, la terre sainte, celle de nos ancêtres ?
Je ne le crois pas.
Quoiqu’il arrive, je resterai en France.

La France est ma mère, celle qui m’a enfanté, celle qui m’a éduqué. Elle m’a inculqué des valeurs et m’a répété ces quelques mots : Liberté, Egalité, Fraternité.

La France a accueilli mes parents à bras ouvert lorsqu’ils ont fui la Tunisie. Elle leur a donné du travail et apporté la sécurité. La France m’a appris à respecter les autres religions, elle m’a appris le "vivre ensemble".

A l’école, je m’amusais avec mes amis catholiques et musulmans. Certains me souhaitaient un bon Kippour tandis que d’autres m’apportaient les gâteaux qu’avaient faits leurs parents pour le Ramadan.

La laïcité était la garantie d’une réelle communion entre les religions et je trouvais ce principe formidable. Tout cela faisait partie de ma France et c’est pour tout cela que j’ai décidé de combattre à ses côtés.

Combattre le fanatisme, celui qui tue au nom d’un Dieu qu’il, visiblement, ne connait pas.

Celui qui interprète des versets du Coran pour assouvir ses envies de meurtre. Combattre la parole antisémite qui s’est libérée et qui salit la République.

Mais combattre aussi l’amalgame et les préjugés, car l’Islam est une belle et grande religion. Aujourd’hui, les terroristes se sont autoproclamés porte-parole de l’Islam. Ce sont de terribles attachés de presse.

Je combattrai jusqu’à ce que la France soit guérie et pour cela il n’y a qu’un seul remède : la pédagogie et l’éducation. Une responsabilité qui incombe aux parents et à l’école de la République.

 

Philippe Rossi

Vos réactions

  1. campagnes770@gmail.com'Patrick

    J’ai grandi a Sarcelles, j’y ai vécu, sur place ou dans les environs, mes 45 premières années. J’ai aime cette ville. J’avais des amis de toutes les couleurs, de toutes les religions. C’était MA ville, j’en connaissais les moindres recoins. J’y ai rencontre mon épouse. J’y ai été très heureux.
    J’ai appris en avançant dans la vie que tout a une fin, les bonnes et les mauvaises choses. Les enfants grandissent et partent de la maison dans la joie. Les parents s’en vont. On change de travail, de maison. On fait fortune ou on fait faillite, puis on refait fortune. Tout, tout, absolument tout finit par passer. Même si soi-même on ne veut pas voir que le monde change autour de nous, si on ne veut pas voir que l’on change soi-même, çà n’y fait rien, les choses changent malgré nous, et il faut s’adapter.
    Sarcelles, la France, ne sont plus ce qu’elles étaient, c’est tout. Il nous faut avancer. Perso, j’ai fais mon Alya, et malgré les petites difficultés, je vis pleinement ma vie.
    Je me suis adapte.
    Vous connaissez certainement le proverbe français au sujet de ceux qui ne changent pas d’avis, ce sont des ….
    Patrick

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  2. cmelloul@gmail.com'Cindy

    Heureusement qje mes grands parents n’ont pas eu ce raisonnement il y a 40 ans au moment de quitter la Tunisie.

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  3. henri_charles@yahoo.fr'Henri DAHAN

    Comme l’a très bien dit Patrick, qui a fait son alya, la France a changé. Et l’antisémitisme nouveau ne date pas du massacre de Toulouse. Il remonte au 30 septembre 2000, avec la sinistre fiction crapuleuse de « fange2 » , sur la pseudo mort de l’apprenti terroriste al dura.

    Et encore, cette fiction ne fut que le prétexte choisi par CHIRAC, pdt de la république, pour autoriser l’antisémitisme dans tous les média français. Depuis, il n’y a plus d’information sur Israël, en France, mais de la propagande antijuive. Mais n’oublions pas la sinistre conférence de presse de de GAULLE au printemps 1967. C’est la véritable relance officielle de l’antisémitisme en France, après la seconde guerre mondiale.

    Alors, chacun fera ce qu’il voudra. Après tout, une petite minorité d’Hébreux (entre 1/5 et 1/3) ont quitté l’Egypte avec Moché Rabénou. Les autres ont sans doute survécu. Mais plus en tant que Juifs.

    Le moment du « kibbouts galouyote » (rassemblement des exilés) est là. Ceux qui ne monteront pas au pays disparaitront. Ils ne seront plus Juifs. Même s’ils survivent comme individu.

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  4. philippe.brunner@gmail.com'brunner

    Et mes grand-parents ont quitté l’allemange et la pologne en 1926, ils n’ont pas écouté ceux qui leur disaient que ca ne pourrait pas arriver…et ont survécu. Tout le monde connait la suite….
    C’est bien ce qui semble se profiler en France, alors le choix est simple : mourir dans la dignité ou vire libre en Israel.

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