Israël: elle se sépare de la poupée qui l'a aidé à survivre pendant la Shoah

Actualités, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

Tzipi Cohen n'était alors qu'une petite fille lorsqu'elle fut accueillie par la Croix-Rouge de Budapest pendant la Shoah.

Elle n'appréciait pas les lieux. Sur "conseils de sa poupée" dit-elle, elle fugua du refuge et passa de longues années à errer dans les rues.

Les enfants juifs restés las bas ont tous été jetés dans le Danube. Cette semaine, elle décida de faire conserver sa poupée à l'institut israélienne "Nom mondiale" dans le but que son histoire "soit racontée aux générations futures."

"Partout où j'allais, ma poupée me suivait" raconte la survivante de la Shoah Tzipi Cohen, qui s'est séparé de sa poupée cette semaine pour la première fois en 70 ans.

"Mon récit ainsi que ma poupée seront conversé et transmis même après ma mort" dit-elle aux membres de l'institut "Nom mondiale" après leur avoir décrit la manière dont cette poupée l'aida à survivre aux épreuves terribles de la Shoah, comparés à ses camarades de chambre, qui eux trouvèrent la mort dans les eaux du Danube.

Tzipi et sa famille vécurent à Budapest, la capitale de la Hongrie, lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata. Sa poupée, Tzipi l'a reçu comme cadeau lors de son anniversaire il y a 72 ans, peu avant que la guerre atteigne la Hongrie.

Son père fut envoyé dans des bataillons de travail et sa mère et son frère ainsi que ses grands-parents s'enferment à l'intérieur de leur maison.

"En ces jours très difficiles durant lesquels on ressentait beaucoup de tension, je me suis consolé en parlant avec ma poupée, à qui je n'avais pas donné de nom" raconte Tzipi, qui prétend ne pas avoir seulement parlé avec sa poupée mais aussi être resté en vie grâce à elle.

Quand les juifs d'Hongrie commencèrent à être envoyés vers les camps de la mort, la Croix-Rouge ouvrit ses portes aux enfants juifs.

La mère de Tzipi l'envoya là-bas avec sa poupée afin d'y trouver refuge. Tzipi n'appréciait pas cet endroit et après avoir "consulté" sa poupée, elle décida de s'enfuir afin de retrouver sa maison.

Elle se perdit dans l'obscurité et s'est ainsi endormi sur un trottoir. Au petit matin, quelqu'un la porta jusqu'à sa maison.

Cette nuit là, tous les enfants juifs du refuge de la Croix-Rouge furent emmenés par les soldats hongrois et jetés dans le fleuve du Danube où ils y périrent.

Les membres de sa famille proche survécurent à l'Holocauste mais pas les frères et sœurs de ses parents.

Tzipi vit aujourd'hui à Kfar Haroeh, un village situé au nord d'Israël, elle a deux enfants et une douzaine de petits-enfants. Elle exerça le métier d'infirmière et a travaillé également dans l'enseignement à l'école d'infirmières.

"J'ai eu beaucoup de difficultés à me séparer de ma poupée" dit-elle cette semaine "j'ai cette poupée depuis toujours, elle m'a accompagné partout où j'allais.

Elle ne sera jamais "qu'une simple poupée" elle est le monument commémoratif qui raconte le récit de ma survie, et de celle de ma famille déportée parce que juive en Europe, tombé entre les mains de l'ennemi nazi."

Pourquoi Tzipi n'a-t-elle pas transmis sa poupée à ses enfants?

"Je sais qu'à l'institut, ma poupée ne pourra pas être mieux conservé, et elle sera ainsi racontée aux générations futures".

Un livre qui raconte son histoire ainsi que celle de sa poupée sortira d'ailleurs bientôt dans une édition spéciale dédiée à l'enseignement pédagogique des écoliers en classe du primaire.

Source Ynet

Traduit par Yaelle Krief


Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi