Interview d'Olivier nakache et Eric Toledano pour

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naktoled11.jpgVoir article sur le film avec Vincent Elbaz et François-Xavier Demaison, sortie prévue le 17 juin 2009

Après une belle leçon sur l'amitié avec Je Préfère qu'on Reste Amis, et des souvenirs de colo. avec Nos Jours Heureux, cette comédie surprise de l'année 2006, le duo incontournable Eric Toledano et Olivier Nakache nous présente leur troisième film drôle, cynique, émouvant accompagné comme d'habitude d'un casting explosif.
 
Laurent Bartoleschi: Expliquez nous qui sont les différents personnages de votre nouveau telle.jpgfilm, Tellement Proches, et notamment le rôle de Vincent Elbaz?

Eric Toledano: L'histoire serait celle d'un ancien animateur du club méd', Alain Marciano, alias Pipo, qui a été une vedette locale dans certains villages connus, et qui est rentré par amour pour Nathalie, interprétée par Isabelle Carré. Tout ceci est supposé, puisque le film démarre sur sa vie de couple accompagné de ses deux enfants. En épousant cette femme, il ne savait pas qu'il allait en même temps hériter de tout un système familial. Lui, qui venait d'une famille plutôt fracturée, avec un père un peu immature et d'une absence totale de la  mère. Comment, avec ses petites armes, peut-il s'intégrer dans ce genre de famille? Tout ceci va se redéfinir…

Olivier Nakache: On commence le film par un diner où l'on présente cette famille et surtout où le spectateur y est convié, comme un invité surprise. Cette soirée aura une issue dont on ne dévoilera rien et permettra de développer ainsi des destins croisés de ses trois couples différents mais finalement liés: Isabelle Carré et Vincent Elbaz, Audrey Dana (Welcome) et François Xavier Demaison (Coluche, l'Histoire d'un Mec), Isabelle de Meaux et Omar Sy (Nos Jours Heureux).

E.T.: Ils sont liés par des liens de frères et sœurs, le socle commun serait les "pièces rapportées".

L.B.: Votre troisième film traite avant tout de la famille, que pensez-vous de cette citation "une famille qui crie est une famille unie"?

E.T.: La famille est un lieu paradoxal où il se passe plein de choses. Dans la famille, la notion de conflit est intense.

O.N.: Tout conflit au sein d'une famille ne donne pas lieu à ce que cela donnerait dans la vie: c'est-à-dire qu'un conflit en général, peut s'augmenter, dégénérer, il peut même y avoir des rancunes. Alors que dans une famille, le conflit peut s'effacer dès le lendemain: par exemple, on peut se quereller avec sa sœur, son frère, sa mère, son père…, sans qu'il y ait d'incidence; cela ne va pas briser le lien très fort. C'est aussi une des raisons pour lesquelles on peut se le permettre.

tell3.jpgE.T.: Pour revenir à cette citation juste, je crois que crier ne veut pas forcement dire que l'on est hystérique, mais plutôt exprimer les choses telles qu'on les pense. Toutes verbalisations des choses, libère; alors que toute absence de dialogue peut créer de la violence, et la famille est l'endroit où l'on peut gérer ses névroses. En tout cas chez moi ça criait pas mal, pourtant aujourd'hui on est toujours unis.

O.N.: Dans les familles juives, on exprime des choses directes et donc qui font mal: pour cela, on a le don d'attendre le vendredi soir pour se réunir et ramener chacun ses problèmes  et s'insulter. (Rires)

L.B.: Dans votre film, la comédie féroce est à l'honneur. Cela proviendrait de votre affection pour la comédie italienne?

O.N.: Ca peut venir effectivement de films comme le Fanfaron, Affreux, Sales et Méchants ou encore la Vengeance aux Deux Visages. C'est vrai que les italiens avaient cette façon d'être très "métal" dans leur sujet et d'avoir aucune barrière sur l'humour.

E.T.: Nous en tout cas, on se met dans le même panier: on peut parler aussi bien de religion, de racisme…, on n'a pas de tabou (cf., la séquence avec A.Dana qui se convertit au judaïsme). Par contre, chez nous, il y a toujours un "retour" dans l'humour méchant, c'est-à-dire que ça n'est pas toujours celui qui croit être drôle qu'il l'est.

L.B.: C'est un film sur la famille et ses contrariétés, mais aussi sur les difficultés de la tell4.jpgcommunication entre les gens, n'est ce pas?

O.N.: Effectivement, au début du film, on a mis une scène où des parents apprennent à déceler les sons de leur bébé à travers des bruits et gestes très incompréhensibles; du coup, ils deviennent à leur tour surprenant aux yeux de l'enfant.

E.T.: Tout le monde parait étrange vis-à-vis de l'autre: je pense que dans la tête de V.Elbaz, F.X.Demaison est bizarre, à vouloir lui montrer les différents exploits de sa fille et vice versa V.E lbaz est étrange pour F.X.D. puisqu'il ne veut pas se décider à se ranger socialement.

tel2.jpgO.N.: On a décidé de créer un dialogue entre plusieurs communautés (des pakistanais, des juifs orthodoxes, des petites frappes de banlieue…), qui pourtant sont très éloignées, les unes des autres. Le film ne s'appelle pas Tellement Proches pour rien: c'est certes un peu fantasmé mais en le fantasmant cela donne un écho à une forme de réalité.

L.B.: Vous ouvrez votre film avec un véritable hommage au sketch de Gad Elmaleh sur IKEA, racontez nous?

O.N.: Oui, on a fait lire la scène à Gad (qui est l'un des premiers acteurs à avoir joué dans leur premier court métrage, les petits souliers, NDLR), il était mort de rire!

E.T.: En fait, on avait été voir son spectacle et on lui avait proposé de faire un film sur Le Blond. Il nous avait répondu de manière directe:" Faîtes le!"  IKEA, c'est vrai, Gad l'a dit avant nous, c'est compliqué, on en sort tout nerveux, on part acheter une petite chose, on en ressort un caddie entier, il y a du vécu, je le reconnais.

O.N.: Soyez attentif d'ailleurs durant cette scène en arrière plan, un blond fermera son coffre avec aisance, contrairement au couple Carré/Elbaz.

L.B.: Enfin, qu'es ce qui vous met en forme durant toutes ces tournées?

E.T.: Lorsque l'on va présenter le film en province, on se planque dans les salles et on écoute les rires; et ces rires là, sont comme des petites décharges positives, bref des petits encouragements que l'on reçoit, et cela n'a pas de prix.

O.N.: Vous savez le rire ne se force pas, si les gens rient, ils rient!

Laurent Bartoleschi

Vos réactions

  1. elianebittoun@yahoo.fr'bittoun

    je viens d’aller voir le film, j’ai adoré , du coup j’ai lu l’interview des réalisateurs , il est très intéressant

    Répondre

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