Youssouf Fofana demande l'audition d'Alliot-Marie à son procès

Antisémitisme/Racisme - le - par .
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Youssouf Fofana, principal accusé de l'assassinat d'Ilan Halimi en 2006, demande l'audition à son procès de la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, après l'évocation d'une intervention des services secrets dans l'enquête.

Les avocats de Youssouf Fofana, Emmanuel Ludot et Isabelle Coutant-Peyre, ont saisi la cour d'assises de Paris de cette requête après une émission de télévision où un syndicaliste policier, Patrice Ribeiro, évoquait ces faits.

"Ces investigations confiées à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) ne figurent pas dans les pièces du dossier d'instruction (...) Ces investigations étaient ignorées jusqu'à ce que M. Patrice Ribeiro en fasse la révélation", écrivent les avocats dans des conclusions déposées vendredi, dont Reuters a eu connaissance.

Ils parlent d'une "atteinte aux droits de la défense" et souhaitent que Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense et autorité de tutelle de la DGSE au moment des faits, s'explique.

Patrice Ribeiro a dit sur France 2 lundi dernier que la DGSE était intervenue pour tenter de remonter jusqu'aux ravisseurs d'Ilan Halimi, pendant sa séquestration de 24 jours, en utilisant les courriers électroniques de demande de rançon.

La demande d'audition doit être plaidée lundi prochain à ce procès qui se tient à huis clos et compte 27 accusés.

Le procès est émaillé d'incidents depuis son ouverture fin avril. Il a été suspendu pendant une journée en raison d'incidents provoqués par le blocage des prisons.

L'audience est sensible en raison des accusations d'antisémitisme soutenues par l'accusation contre Youssouf Fofana, accusé d'avoir tué Ilan Halimi après avoir organisé son rapt et sa séquestration, émaillée de violents sévices.

L'accusé s'est livré à plusieurs provocations lors des premières audiences, lançant "Allah Akbar!" ("Dieu est grand!") au public, déclarant comme date de sa naissance le jour de la mort d'Ilan Halimi ou menaçant les jurés.

Le procès doit en principe se prolonger jusqu'au 10 juillet.

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