Une émission télévisée trouble le procès du "gang des barbares"

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L'apparition dans une émission de télévision lundi de deux avocats du procès des 27 membres présumés du "gang des barbares", mis en cause pour l'enlèvement et l'assassinat d'Ilan Halimi en février 2006, a provoqué un nouvel incident au procès ouvert le 7 mai à Paris.

Une vingtaine d'avocats de la défense ont demandé mercredi à la justice de faire respecter le huis clos, sans public et sans presse, ordonné par la cour d'assises conformément à la loi, parce que deux accusés étaient mineurs au moment des faits.

Ils ont déploré le fait que, fait exceptionnel pour un procès en cours, Francis Szpiner, avocat de la famille d'Ilan Halimi, et Emmanuel Ludot, celui du principal accusé Youssouf Fofana, aient débattu de l'affaire lors de l'émission de France 2 "Mots croisés" diffusée lundi soir.

L'audience était alors en cours au palais de justice et Youssouf Fofana n'avait aucun avocat pour le représenter.

Cette émission et toutes les autres publications sur l'affaire depuis le début du procès "portent gravement atteinte à l'indépendance de la justice et à la présomption d'innocence", estiment les avocats des autres accusés dans un communiqué.

Ils parlent de "tentative de pression inadmissibles exercées sur l'opinion et les juges par médias interposés".

L'émission de télévision a eu une première conséquence, la présidente de la cour désignant d'office deux nouveaux avocats pour Youssouf Fofana, afin d'éviter qu'il se retrouve seul, a dit le parquet général.

Elle pourrait en avoir d'autres, la défense s'étonnant que Patrice Ribeiro, syndicaliste policier également invité dans l'émission, ait évoqué l'intervention des services secrets dans l'enquête sur Youssouf Fofana, ce qui ne figure pas au dossier.

La semaine dernière, le procès avait déjà été suspendu pendant une journée en raison d'incidents provoqués par le blocage des prisons par les surveillants. Des accusés avaient été ballottés une partie de la nuit à bord de camions cellulaires, sans pouvoir ni dormir ni manger.

Ce procès est très sensible en raison des accusations d'antisémitisme soutenues par l'accusation contre Youssouf Fofana, accusé d'avoir tué Ilan Halimi après avoir organisé son rapt et sa séquestration émaillée de violents sévices.

L'accusé s'est livré à plusieurs provocations lors des premières audiences, lançant "Allah Akbar!" ("Dieu est grand!") au public, déclarant comme date de sa naissance le jour de la mort d'Ilan Halimi ou menaçant les jurés. Le procès doit en principe se prolonger jusqu'au 10 juillet.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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