John Demjanjuk rentre chez lui, quelques heures à peine après son interpellation

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Quelques heures après son interpellation à son domicile, en vue de son extradition vers l'Allemagne, John Demjanjuk, accusé d'avoir été gardien du camp de concentration nazi de Sobibor et visé par un mandat d'arrêt de la justice allemande, est sorti de prison mardi soir, a déclaré son fils, John Demjanjuk Jr, par téléphone.
Il a été placé en garde à vue et porte un bracelet électronique, a expliqué l’Agence américaine de l'Immigration et des douanes (ICE). Plus tôt dans la journée, la cour d'appel fédérale de Cincinatti (Ohio, nord-est des Etats-Unis) avait prononcé un sursis concernant son extradition.

John Demjanjuk, sorti de la prison de Cleveland où il avait été emmené, est en train de rentrer chez lui, a précisé son ex-gendre et porte-parole Ed Nishnic. Il vit aujourd'hui à Seven Hills, dans la banlieue de Cleveland (Ohio).

L'arrêt est intervenu dans l'attente de l'examen des requêtes déposées auparavant dans la journée par les avocats de John Demjanjuk. Ils ont fait valoir que l'extradition de leur client, âgé de 89 ans et en mauvaise santé, équivaudrait à de la torture.

Interpellé par des agents des services américains de l'immigration, John Demjanjuk est sorti de chez lui sur une chaise roulante, accompagné d'un médecin et d'une infirmière. "Je vous aime", a-t-il déclaré en ukrainien à son épouse et aux autres membres de sa famille en pleurs, qui l'ont regardé partir à bord d'une voiture blanche.

Vendredi, une commission d'appel des services de l'immigration aux Etats-Unis avait validé son extradition vers l'Allemagne. Natif d'Ukraine, il affirme avoir servi dans l'armée soviétique et avoir été prisonnier de guerre, après sa capture par l'Allemagne en 1942. Il avait émigré aux Etats-Unis en 1952 et obtenu la nationalité américaine en 1958.

Le Centre Simon Wiesenthal ne se décourage pas. "Nous restons convaincus que John Demjanjuk sera extradé et devra finalement faire face à la justice pour les crimes abominables qu'il a commis pendant la Seconde guerre mondiale, alors qu'il était le gardien du camp de concentration nazi de Sobibor," a déclaré Rabbi Marvin Hier, le fondateur du Centre de défense des droits de l'Homme.

"Son travail dans le camp de la mort de Sobibor était de faire rentrer les hommes, les femmes et les enfants dans la chambre à gaz. Il n'a eu aucune pitié, aucune compassion et aucun remords pour les familles dont il a détruit la vie pour toujours," a ajouté Rabbi Marvin Hier.

Arrivé aux Etats-Unis après la Seconde guerre mondiale, John Demjanjuk est visé par un mandat d'arrêt allemand. Inculpé en Allemagne de 29.000 chefs de complicité de meurtre, il soutient n'être pour rien dans la mort des milliers de Juifs exterminés à Sobibor (Pologne), où il aurait travaillé entre mars et septembre 1943.

John Demjanjuk avait été jugé en Israël, accusé d'avoir été "Ivan le Terrible", le tristement célèbre gardien du camp de la mort de Treblinka, en Pologne. Il a été reconnu coupable de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité en 1988, avant que la Cour suprême israélienne n'annule sa condamnation.

En 2002, un juge américain révoque sa citoyenneté, le ministère de la Justice se basant sur des preuves montrant qu'il a dissimulé ses activités à Sobibor et dans d'autres camps de concentration nazis. Et en 2005, un juge de l'immigration juge son extradition vers l'Allemagne, la Pologne ou l'Ukraine possible

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